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Les détails du monument francophone à Queen’s Park dévoilés

Le monument se veut un hommage au défunt Paul Demers. Crédit image: Gracieuseté

OTTAWA – Le gouvernement de l’Ontario a choisi de rendre hommage au défunt artiste franco-ontarien Paul Demers avec la création d’une place publique dédiée à la communauté francophone sur le terrain de Queen’s Park, l’an prochain.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Promis lors des festivités du 400e anniversaire de présence française en Ontario, le monument, qui sera érigé sur les terrains de Queen’s Park, a été dévoilé en marge de la journée des Franco-Ontariens, lundi 25 septembre, lors de la Fête Franco, à Ottawa.

Le gouvernement ontarien a souhaité faire un clin d’œil à l’artiste Paul Demers, auteur de l’hymne franco-ontarien Notre place, tout en créant un lieu de rassemblement et une place publique.

Le monument sera composé de trois éléments centraux formant un lieu de rencontre. Crédit photo: Gracieuseté

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, estime que la présentation du concept du monument dédié aux Franco-Ontariens «constitue une étape décisive et palpitante dans la réalisation de ce projet unique».

«En 2018, le monument dédié aux Franco-Ontariens et aux Franco-Ontariennes prendra sa place, Notre Place, au sein du parc de notre Assemblée législative, reconnaissant l’apport historique et l’avenir de la communauté francophone de l’Ontario», a-t-elle expliqué.

Le design du monument est appelé à évoluer au cours des prochains mois et la version finale sera dévoilée au printemps 2018.

 

Plus que symbolique, assure la ministre

En marge de la présentation des plans du nouveau monument, à Ottawa, Mme Lalonde a défendu l’importance d’avoir un tel monument à Queen’s Park.

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde. Crédit photo: Benjamin Vachet

«Avoir des espaces, des endroits où on peut se rassembler, ça veut dire que la francophonie devient majoritaire. Et pour moi, d’avoir cet édifice à Toronto, devant le parlement provincial, démontre de l’importance de notre histoire et de ce que nous avons accompli», a-t-elle expliqué à #ONfr. «Ça va aider nos anglophones, nos francophiles et nos jeunes à se souvenir et à parler de la francophonie.»

Mme Lalonde a assuré que d’autres annonces sont prévues pour la communauté franco-ontarienne.

«On va très prochainement divulguer les détails du nouveau fonds communautaire pour les Franco-Ontariens d’un million de dollars par année, sur trois ans. Il va aussi y avoir le projet de loi pour une université de langue française, on parle beaucoup aussi d’Ottawa ville bilingue, qui est un dossier très important et on va voir du côté du processus. D’ici la fin de l’année, j’espère avoir des choses un peu plus concrètes concernant Ottawa ville bilingue.»

Comme le révélait récemment #ONfr, le gouvernement libéral étudierait la possibilité de reprendre à son compte le projet de loi privé sur Ottawa bilingue de la députée Nathalie Des Rosiers pour accélérer le processus.

«Mme Des Rosiers a déposé son projet de loi privé, le maire Jim Watson a démontré une grande ouverture à ce que ce projet de loi soit adopté à titre de projet de loi privé ou gouvernemental, donc nous regardons les options.»

 

Un concept évolutif

Le monument sera composé de trois éléments centraux formant un lieu de rencontre. À l’entrée, le public pourra retrouver des colonnes, qui se veulent une référence à la forêt et à l’industrie forestière, déterminantes dans l’établissement des communautés francophones en Ontario.

Le dallage du sol sera composé de granit gris de l’Ontario dans lequel seront gravés de motifs évoquant l’occupation passée et future des colonnes. La forme en courbe du banc qui l’entoure se veut aussi un moyen de faciliter les rencontres, tout en donnant une vue sur l’édifice législatif.


Le léger corridor sinueux qui serpente le site est évocateur des nombreux voyages qui ont emmené les francophones en territoire ontarien.

«Le monument se transforme en fonction du point de vue du visiteur. Les couleurs qui habillent les arbres représentent la diversité des individus formant la communauté. La finition miroir du côté sud des colonnes reflète l’environnement immédiat, le mouvement, les saisons et les visiteurs», explique la firme d’architecte Brooke McIlroy, retenu pour aider à ce projet.

 

Une artère névralgique

En février, la ministre Lalonde a dévoilé que le monument serait érigé sur le terrain de Queen’s Park à l’intersection des rues University et College, à l’extrême sud des terrains de l’édifice législatif. Mme Lalonde se vantait à l’époque d’avoir pu sélectionner cet endroit, une artère névralgique et l’une des «plus prestigieuses de l’Ontario», indiquait-elle.

 

Le monument serait érigé sur le terrain de Queen’s Park, à l’intersection des rues University et College, à l’extrême sud des terrains de l’édifice législatif. Crédit photo: Gracieuseté

Le monument était l’un des legs prévus du 400e anniversaire de présence francophone en Ontario, célébré en 2015. Il avait d’ailleurs été mis au budget dès 2013, confirment plusieurs intervenants au fait du dossier, mais les discussions entourant le choix du lieu ont été longues et les approbations nombreuses à obtenir avant de pouvoir finalement donner vie au projet.

Le budget dédié au monument est de 900 000 $.

Le dernier monument provincial dévoilé à Queen’s Park est le monument dédié aux anciens combattants qui a été achevé en 2006.

 

Article écrit avec la collaboration de Benjamin Vachet.

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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.