Les élèves franco-ontariens affichent de meilleurs résultats que les anglophones
TORONTO – Les derniers résultats des tests provinciaux de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), publiés ce mercredi, révèlent une nette avance des élèves franco-ontariens sur leurs camarades anglophones. Cependant, le ministre de l’Éducation juge les résultats de la province insuffisants. Il a souligné que la moitié des élèves de 6e année et 42 % de ceux de 9e ne répondent pas à la norme provinciale en mathématique, et a mis en lumière les écarts entre les conseils scolaires. Dès 2026, il souhaite mettre en place un groupe consultatif chargé d’examiner les tests de l’OQRE et le rendement des élèves.
574 000 élèves de la province ont effectué les tests de l’OQRE 2024-2025 aux paliers élémentaire et secondaire des systèmes scolaires de langue anglaise et de langue française.
Rendus publics ce mercredi, les résultats révèlent cette année encore un meilleur niveau scolaire des élèves des écoles de langue française.
En 3e année, les élèves francophones n’ont qu’une avance de 1 % et 2 % en lecture et écriture, toutefois en mathématique, il y a un écart significatif à noter avec 75 % des élèves francophones qui ont atteint la norme provinciale, contre 64 % des anglophones.
En 6e année, les résultats anglophones sont légèrement meilleurs en écriture, avec 85 % d’élèves qui ont atteint la norme provinciale, contre 79 % chez les francophones, mais ces derniers les devancent de 3 % en lecture, et ont une avance significative en mathématiques, 63 %, contre 51 % pour les anglophones.
Autre écart à dénoter en 9e année en mathématiques avec 58 % des élèves anglophones qui atteignent la norme provinciale, contre 66 % des francophones.
Enfin, au secondaire avec le Test provincial de compétences linguistiques (TPCL), passé entre la 10e et la 12e année, qui détermine si les élèves satisfont à la norme provinciale dans toutes les matières, c’est le système de langue française qui devance.
• Côté francophone, 93 % des élèves admissibles pour la première fois ayant effectué le TPCL l’ont réussi, comparativement à 85 % côté anglophones
• 72 % des élèves francophones admissibles antérieurement ayant effectué le TPCL l’ont réussi contre 50 % des élèves anglophones.
Mea Culpa de Paul Calandra
Toutefois, à l’échelle de la province, le ministre de l’Éducation déplore une progression scolaire insuffisante pour les élèves de 3e, 6e et 9e année. Les résultats comparatifs avec les deux années précédentes indiquent en effet une légère progression, ou une stagnation, voire parfois en déclin dans certains cas, selon les matières et niveaux.
« La moitié des élèves de 6e année et 42 % des élèves de 9e année ne répondent pas à la norme provinciale en mathématiques, et plusieurs groupes d’élèves et conseils scolaires continuent de faire face à d’importants écarts en matière de réussite », signale le ministère via communiqué.
« Je l’admets, j’ai été interpellé par ces résultats. Ce n’est pas assez bon, déclare en conférence de presse le ministre Calandra. La moitié de nos élèves n’atteignent pas les objectifs fixés. On peut faire beaucoup mieux de ça. Les gens veulent des résultats et c’est ce qu’on verra ».
M. Calandra admet devant les journalistes avoir intentionnellement retenu les résultats de l’OQRE depuis septembre, pour prendre le temps de les analyser : « Je voulais être en mesure d’en prendre la responsabilité. Le problème ne se situe pas au niveau des professeurs, mais au nôtre en tant que ministère vis à vis des ressources qu’on leur donne. »
Endossant le blâme, il a poursuivi : « Ces résultats sont la marque de notre travail. J’anticipe le fait que les parents me tiendront responsable et je veux être tenu responsable. Et c’est pour ça que je vais employer des moyens au-delà du ministère. »
« Par contre, je ne devrais pas avoir à supplier les 72 conseils scolaires pour avoir des informations pour comprendre comment agir vite. Je dois littéralement les supplier pour avoir des données », s’est-il défendu.
Il a répondu aux journalistes que la taille des classes n’est pas la cause d’une baisse de niveau scolaire, soutenant que dans certaines juridictions avec de petites classes les résultats peuvent être mauvais et vice versa. Si c’est une partie de la réponse, on le déterminera, mais si on en connaissait toutes les causes, on n’aurait pas les résultats suivants ».
Un nouveau comité d’évaluation du niveau des élèves
Face à ce bilan, Paul Calandra a annoncé ce mercredi la mise en place d’un groupe consultatif afin d’examiner l’approche de la province par rapport à l’évaluation des élèves de 3e, 6e et 9e année.
Un travail qui sera en étroit lien avec l’examen du gouvernement concernant la gouvernance des conseils scolaires.
Il s’agira notamment d’évaluer les raisons pour lesquelles les résultats scolaires ne s’améliorent pas de façon significative, si le personnel enseignant est suffisamment soutenu ou encore si les tests de l’OQRE sont adéquats par rapport à ce qui est enseigné.
Questionné sur sa volonté de réformer la place et le rôle des conseillers scolaires, le ministre de l’Éducation a répondu : « Je prendrai une décision après le Nouvel An, mais rien ne m’a convaincu que les conseillers scolaires sont la meilleure option pour gérer un budget d’éducation provincial de 43 milliards de dollars. Une réforme de la gouvernance doit être envisagée ».
La composition du comité sera annoncée en début d’année prochaine.
« Après sept ans au pouvoir, la réponse du ministre est de blâmer les conseils scolaires et de nommer deux responsables non identifiés à un comité consultatif, chacun rémunéré 1500 $ par jour – soit un salaire d’un demi-million de dollars – sans aucun engagement à donner suite à ses recommandations, a taclé John Fraser, chef parlementaire du Parti libéral, à travers une déclaration.
« Les écoles ne sont pas des lieux sécuritaires pour apprendre. Il n’y a pas assez d’adultes dans les salles de classe. Les classes sont trop nombreuses. L’éducation spécialisée est sous-financée. Le soutien en santé mentale est absent », a-t-il également déploré.
La députée néo-démocrate Chandra Pasma (Ottawa West – Nepean) a elle aussi exprimé sa frustration par communiqué : « Au lieu de financer adéquatement nos écoles, la réponse de ce gouvernement est de remettre le contrôle des conseils scolaires à des proches du Parti progressiste-conservateur triés sur le volet, qui ont peu ou pas d’expérience professionnelle en éducation. »