Les festivals francophones se multiplient aux quatre coins de l’Ontario
De Toronto à Thunder Bay, en passant par Hamilton et Kapuskasing, quatre grands rendez-vous francophones se déroulent presque simultanément cette fin de semaine. Entre musique, humour, cinéma et activités familiales, les organisateurs multiplient les initiatives pour attirer les festivaliers.
La Franco-Fête de Toronto, le FrancoFEST de Hamilton, le Festival Bonjour de Thunder Bay et la St-Jean de Kapuskasing animeront les communautés francophones de la province du 18 au 21 juin.
Bien que chaque événement possède sa propre identité, tous partagent un même objectif : célébrer la francophonie sous toutes ses formes et rassembler des communautés de plus en plus diversifiées.
Hamilton : franchir le cap des 6000 participants
À Hamilton, le 45e FrancoFEST se déroulera du 19 au 21 juin au parc Gage. Son directeur général, Lanciné Koulibaly, souligne que la programmation évolue au rythme des changements démographiques de la région.
« D’année en année, nous adaptons notre programmation à la nouvelle réalité démographique de Hamilton. Autrefois, les principales communautés francophones provenaient notamment de la République démocratique du Congo, d’Haïti et de la France. Aujourd’hui, nous constatons aussi l’arrivée croissante de communautés maghrébines et camerounaises », explique-t-il.

Le festival proposera notamment les prestations d’Ariko, de Makhena Rankin Guerin, une artiste anishinaabe spécialisée dans la danse de cerceau, du chanteur franco-ontarien Mehdi Cayenne ainsi que du DJ canadien SMPTY.
Des activités familiales, un nouveau volet sportif destiné aux jeunes et une programmation spécialement conçue pour les aînés sont également prévus.
Doté d’un budget d’environ 260 000 $, le festival avait accueilli près de 5700 visiteurs l’an dernier et espère faire mieux cette année.
Plusieurs francophonies à l’honneur
Parmi les artistes attendus aussi bien à Hamilton qu’à Toronto figure le chanteur sénégalais Zale Seck.
« C’est un grand plaisir pour moi de participer à ces festivals. En tant que francophone, il est important de partager mes messages et de faire entendre ma contribution artistique, celle du Sénégal en particulier, mais aussi de l’Afrique en général », affirme-t-il.
L’artiste promet un spectacle à l’image de son parcours, mêlant français, anglais, wolof et même quelques chansons en japonais.
« La musique est universelle. Mon groupe reflète lui aussi cette diversité : mon bassiste est congolais, tandis que mon batteur et mon pianiste sont originaires de Guadeloupe. »

Partenariat avec Radio-Canada à Toronto
La Franco-Fête de Toronto, présentée les 19 et 20 juin, se déroulera cette année dans l’atrium de Radio-Canada.
Le directeur général de l’événement, José Bertrand, explique que le site habituellement utilisé, Sankofa Square (anciennement Dundas Square), était indisponible en raison des activités entourant la Coupe du monde de la FIFA.
« Nous avons conclu un partenariat avec Radio-Canada afin d’intégrer notre événement à sa journée portes ouvertes. Cela nous permet d’offrir une programmation de qualité dans un environnement intérieur, à l’abri des intempéries. »
Autrefois fréquentée par des dizaines de milliers de visiteurs à Sankofa Square, où de nombreux passants se mêlaient aux festivaliers, la Franco-Fête vise cette année quelque 3000 participants sur son nouveau site aménagé à Radio-Canada.
La programmation mettra notamment en vedette le groupe congolais Jupiter & Okwess, la chanteuse ottavienne Noémi Madeleine, ou encore Emmanuelle Querry, qui a récemment lancé son premier album Au 10e étage.
Thunder Bay réinvente son festival
À Thunder Bay, le Franco-Festival a changé de visage l’an dernier en devenant le Festival Bonjour.
Sa directrice, Paula Haapanen, explique que cette transformation découle d’une vaste réflexion menée auprès de la communauté.
« Nous avons constaté que plusieurs adolescents trouvaient le festival un peu fade et que certains anglophones ne se sentaient pas à l’aise d’y participer parce qu’ils ne parlaient pas français », raconte-t-elle.
L’organisation a revu plusieurs aspects de l’événement qui se tenait auparavant en septembre : nouveau nom, nouveau site et nouvelles dates à la fin de l’année scolaire afin de favoriser la participation des jeunes.
« Tout le monde sait dire « bonjour ». Nous voulions quelque chose de plus accueillant et moins intimidant, notamment pour les anglophones », explique-t-elle.
Le festival, qui se tient du 18 au 20 juin, dispose d’un budget d’environ 100 000 $. L’objectif est d’attirer quelque 3000 participants.
Les festivités s’ouvriront avec une soirée cinéma. Le film d’animation Linda veut du poulet! sera projeté dans le parc Waverley, suivi de la comédie française En fanfare au Théâtre Magnus.
Côté musique, les festivaliers pourront notamment assister aux prestations du groupe franco-ontarien LGS ainsi que de Flora Luna, nom de scène de l’artiste manitobaine Geneviève Freynet.
« J’espère surtout que les gens découvriront qu’il n’existe pas une seule culture francophone, mais une multitude de cultures qui ont le français en partage », souligne Paula Haapanen.
L’humour s’invite à Kapuskasing
À Kapuskasing, la Saint-Jean demeure un rendez-vous incontournable du Nord de l’Ontario.
Depuis quatre ans, le Festival Saint-Jean Caisse Alliance de Kapuskasing se déroule sous un grand chapiteau extérieur et propose une formule élargie comprenant une soirée d’humour le vendredi et une soirée musicale le samedi.
« Auparavant, la programmation comprenait uniquement deux soirées musicales. Depuis quatre ans, nous avons ajouté une soirée d’humour », explique l’organisateur Andy Deschamps.
L’événement, qui en est à sa 26e édition, s’amorcera avec un gala mettant en vedette Louis-José Houde, précédé d’Alphé Gagné. La soirée se poursuivra avec le groupe franco-ontarien Bilinguish Boys.

Le samedi, les festivaliers retrouveront notamment les chanteuses Mélissa Ouimet et Roxane Bruneau.
Environ 3000 personnes sont attendues pendant les deux jours de festivités.
« Le festival représente bien la communauté francophone de la région. Des gens viennent de Hearst, Timmins, Sudbury, Ottawa et même de l’Abitibi », souligne Andy Deschamps.
Malgré leurs différences, ces quatre événements témoignent d’une même volonté : innover et rester à l’écoute de leurs communautés pour faire rayonner une francophonie ontarienne plurielle.