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Les Franco-Ontariens accueillent le premier budget Ford avec prudence

TORONTO – Bien qu’il comporte son lot d’incertitudes, le budget provincial présenté, jeudi, par le gouvernement progressiste-conservateur est accueilli avec un mélange de prudence et d’optimisme par les organismes franco-ontariens.

Dans la communauté franco-ontarienne, c’est sans doute l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui résume le mieux le sentiment général.

«L’AFO constate que le gouvernement de l’Ontario a écouté ses recommandations de ne pas toucher aux acquis de la communauté franco-ontarienne», indique le porte-parole des Franco-Ontariens, citant l’engagement du gouvernement à respecter «l’importance des établissements francophones traditionnels en protégeant le financement des principaux programmes du ministère tout en instaurant des efficiences administratives».

Et même si le budget du ministère des Affaires francophones est réduit, l’AFO semble se satisfaire que ce ne soit que de 200 000 $. M. Jolin dit toutefois que son organisme restera vigilant.

«On dit toujours que le diable est dans les détails. Reste donc à voir comment tout cela va s’implanter. Nous allons travailler avec le gouvernement», dit-il.

Satisfaction pour la SÉO

Le son de cloche est résolument optimiste du côté de la Société économique de l’Ontario (SÉO). Son directeur général, Luc Morin, ne doute pas une seconde que les entrepreneurs francophones auront leur juste part des initiatives annoncées pour stimuler l’économie de la province.

«Dans toutes les initiatives économiques qui sont citées, nous pouvons nous identifier. Il y a plusieurs projets que nous avons actuellement qui peuvent tout à fait se marier avec les initiatives annoncées dans le budget et on retrouve beaucoup d’éléments qui sont le fruit de nos discussions avec le gouvernement.»

M. Morin se réjouit notamment du dévoilement d’un nouveau programme à l’automne qui misera sur le développement économique sectoriel et régional des entreprises.

Inquiétude en éducation

En revanche, l’accueil du budget est nettement plus circonspect de la part des organismes du secteur éducatif. La directrice générale de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), Isabelle Girard, rappelle que beaucoup de mesures avaient déjà été annoncées mi-mars. Son organisme travaille désormais à faire comprendre l’impact particulier de chaque décision prise pour les écoles de langue française.

«C’est sûr que nous avions des craintes par rapport à ce budget, mais il n’y a rien de vraiment nouveau, même si nous allons devoir l’analyser de plus près. Car il y a des points qui nous interpellent, comme sur la question du recrutement des enseignants, par exemple. Il ne faudrait pas nous mettre plus de barrières, sachant qu’il y a déjà une pénurie et que nous sommes en compétition avec toutes les provinces.»

Elle cite également la volonté du gouvernement d’étudier le fonctionnement des conseils scolaires et glisse que les 1,4 milliard de dollars annoncés pour les rénovations et constructions d’écoles risquent d’être insuffisants pour répondre aux besoins de 72 conseils scolaires de la province.

Du côté de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), son président Rémi Sabourin dénonce «un manque d’engagement envers le système d’éducation et l’apprentissage des élèves».

Le président de l’AEFO, Rémi Sabourin. Crédit image: AEFO

«Ce budget démontre à quel point le gouvernement, encore une fois, fait fausse route en matière d’éducation. Il fallait protéger et investir en éducation, mais le gouvernement a préféré mettre en œuvre les coupures déjà annoncées récemment. Quelle société le gouvernement envisage-t-il pour les élèves lorsqu’ils seront devenus adultes? Il est clair que pour le gouvernement, les élèves ne sont pas une priorité. (…) Notre système d’éducation est un des meilleurs au monde. Il faut le protéger et non miner son excellence.»

La santé relativement épargnée

Dans le secteur de la santé, ciblée comme une priorité par le gouvernement, la porte-parole de l’Hôpital Montfort, Geneviève Picard se montre nuancée.

«C’est sûr que comparativement aux autres ministères, celui de la Santé va connaître une augmentation de son budget. C’est bien et nous en sommes très contents. Mais il faut noter que c’est seulement de 2 %, ce qui correspond à l’inflation.»

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