Les Marocains de l’Ontario voient grand au Mondial de soccer
L’équipe nationale du Maroc est entrée de la bonne manière dans la Coupe du monde de soccer, décrochant ce week-end à New York un match nul contre les quintuples champions du monde brésiliens. À 700 kilomètres de là, à Toronto, passés par toutes les émotions dans le FIFA Fan Festival, les partisans des Lions de l’Atlas fondent beaucoup d’espoir pour la suite de la compétition.
Enveloppé dans un drapeau rouge XXL frappé d’une étoile verte, Hamza a vibré samedi, devant l’écran géant installé sur le site de Fort York, criant et bondissant à chaque offensive menée par l’équipe nationale marocaine. Tension garantie… jusqu’à la libération : le premier but marocain dans la compétition, qui plus est contre la redoutable Seleção.
Autour de lui, des dizaines de Marocains de l’Ontario ont exulté sur le but d’Ismael Saibari, avant de se prendre la tête dans les mains sur l’égalisation brésilienne, signée Vinicius Júnior dix minutes plus tard. Bref, un condensé de 90 minutes de frayeur, de joie, de passion et surtout de communion.
« Je suis fière de notre équipe qui a porté haut nos couleurs. Ça a été dur, mais on l’a fait », réagit, comme libérée, Olaya Sabri, qui a retenu son souffle jusqu’au coup de sifflet final. Autour d’elle, ses amis dansent, chantent, agitent avec fierté les drapeaux du royaume du couchant, entourés d’une marée jaune de partisans brésiliens, extrêmement nombreux à Toronto.

Il faut dire que les Lions de l’Atlas auraient pu à plusieurs reprises creuser l’écart, mais les Brésiliens auraient pu tout autant aggraver le score. Les deux équipes ont pratiquement fait jeu égal, se procurant des occasions et temps forts à tour de rôle dans une rencontre au rythme soutenu.
Toute la communauté pense maintenant à la suite. « On ira loin, même si avoir le Brésil dans notre groupe ne rend pas les choses faciles. Ils sont redoutables », estime Hiba Alami qui envisage une demi-finale à portée de main, comme lors de la dernière coupe du monde.
En 2022, au Qatar, les coéquipiers d’Achraf Hakimi, qui évoluent pour la plupart dans de grands clubs européens, s’étaient en effet débarrassés successivement de l’Espagne et du Portugal pour s’ouvrir les portes du dernier carré, du jamais-vu pour une sélection africaine.

Plus récemment, les Lions de l’Atlas ont atteint la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, dans une confrontation contre le Sénégal au résultat toujours contesté, cinq mois plus tard.
Ce parcours et la cohésion du groupe emmené par Mohamed Ouahbi font donc naturellement pousser des ailes à la communauté marocaine de l’Ontario, après le nul obtenu samedi.
« On est une grande nation de foot et on ne veut plus se contenter d’une demi-finale comme en 2022. On est capable de passer ce cap pour aller en finale et pourquoi pas soulever la coupe », ambitionne même Ismail El Idrissi, séduit par le talent des milieux de terrain Azzedine Ounahi et Ayyoub Bouaddi.

« Depuis plusieurs années, il nous manque un numéro 9 capable de finaliser les actions et marquer des buts mais, cette année, ça va être différent », est convaincu celui qui suit aussi le parcours du Canada.
« Ça fait plaisir de voir autant de Marocains ici, ajoute Hiba Alami qui affectionne le site du FIFA Fan Festival. J’adore l’ambiance, c’est magnifique, agréable, aérée, multiculturelle… J’aimerais voir plus de festivals ici à l’avenir. Et de confier : « On n’entend pas beaucoup de français, mais beaucoup d’espagnol et de portugais. »
« En entrant dans la Fan Zone, j’ai tout de suite senti qu’on était une minorité par rapport aux supporters brésiliens, très nombreux, mais on est très sonore, on a aussi le sens de la fête. On sait se faire entendre et soutenir notre équipe. Ça crée des liens et une fierté dans la communauté. »

La plupart des partisans croisés au micro d’ONFR se sont dits assez déçus des prix des billets pour aller au stade voir le peu de matchs à l’affiche au Toronto Stadium. « C’est exorbitant, c’est clairement un obstacle, considère Ismail El Idrissi. Heureusement qu’il y a des zones comme celles-ci accessibles aux gens qui ne peuvent pas se payer de ticket. On peut participer à la fête en communauté. C’est le plus important. »
« Là où il y a des Marocains, il y a de la bonne ambiance. On représente la francophonie partout où on va, résume avec entrain Olaya Sabri, qui attend avec impatience le prochain match face à l’Écosse le 19 juin (à Boston), avant une confrontation 100 % francophone face à Haïti le 24 juin (à Atlanta).
Cet ultime match du Maroc en phase de groupe sera non seulement diffusé dans la Fan Zone, mais aussi sur le campus torontois du Collège Boréal, dans le quartier historique de la Distillerie.