À Toronto, le projet de réaménagement d'une cour d'école francophone divise les parents et le Conseil scolaire MonAvenir en raison d'un changement de dernière minute jugé opaque. Photo : gracieuseté de Yelena Nichilo
Société

Les parents de l’École Sacré-Cœur de Toronto exigent plus de transparence de MonAvenir

À Toronto, le projet de réaménagement d'une cour d'école francophone divise les parents et le Conseil scolaire MonAvenir en raison d'un changement de dernière minute jugé opaque. Photo : gracieuseté de Yelena Nichilo

TORONTO – Depuis un mois, le projet de réaménagement de la cour de l’École élémentaire catholique du Sacré-Cœur divise les parents et le Conseil scolaire catholique (CSC) MonAvenir. Après avoir convenu officiellement de l’installation d’un gazon synthétique, le conseil a fait volte-face, optant pour du gazon naturel moins onéreux, sans consultation, déplorent des parents qui dénoncent un manque de transparence dans la gestion des fonds publics alloués.

Après l’annonce du réaménagement de la cour de l’École Sacré-Cœur, la réfection du terrain de soccer et l’installation de quatre nouveaux buts, le Conseil scolaire catholique MonAvenir (CSC) avait tout d’abord opté pour du gazon synthétique, considéré plus onéreux, mais plus économique à long terme.

Deux semaines plus tard, le conseil a fait demi-tour pour finalement choisir un gazon naturel, coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars de moins à l’achat, mais impliquant une somme d’environ 50 000 $ par an pour l’entretien.

« Les parents sont frustrés et vraiment choqués », déplore Yelena Nichilo, présidente du Conseil d’école, en entrevue avec ONFR. Ce jeudi, ils sont plus d’une centaine à avoir signé une pétition, exigeant la reddition des comptes de la part du surintendant, Marc Arseneau.

Yelena Nichilo est mère de deux fils et présidente du Conseil d’école de l’École élémentaire catholique du Sacré-Cœur de Toronto. Photo : gracieuseté

Des changements apportés au budget d’un projet en développement depuis plusieurs mois, avant que les familles ne soient consultées, a rapidement soulevé un tollé.

Au préalable, un sondage d’une seule question à choix multiple avait été adressé aux familles afin de choisir parmi trois options pour le terrain : soit synthétique, naturel ou hybride. « Le sondage ne présentait aucune information équilibrée permettant de comparer les coûts, l’entretien à long terme, ni la durabilité », explique Mme Nichilo.

Une perte de confiance à la suite d’une mauvaise gestion des fonds publics?

C’est le manque de consultations qui a interpellé les parents, ces derniers remettant en question la transparence du conseil scolaire. À ce jour, les résultats du sondage envoyé aux familles n’auraient pas été rendus publics : « M. Arseneau m’a menti au téléphone en affirmant que les trois options étaient arrivées à égalité », affirme la présidente.

Dans un courriel à ONFR, MonAvenir se défend par voie de communiqué  : « La pétition affirme que la décision du CSC MonAvenir entraînerait une perte de plus de 500 000 dollars pour l’école, ce qui est faux. Aucune somme n’a été perdue et aucune réduction budgétaire n’a été effectuée  ».

MonAvenir assure également que la totalité du budget initialement prévu pour ces travaux est engagée dans ce projet. Toutefois, le conseil n’a pas fourni les détails du financement, demandés par ONFR.

Le terrain de soccer actuel nécessite une réfection. Photo : gracieuseté de Yelena Nichilo

À plusieurs reprises, les parents ont demandé à se concerter publiquement avec la direction du Conseil pour mieux comprendre le changement de dernière minute. Toutefois, aucune rencontre publique n’a encore eu lieu alors que les travaux de démolition sont amorcés.

Toujours selon Mme Nichilo, il n’y a eu aucune communication sur les tenants et aboutissants de la nouvelle direction du projet ni sur les pénalités contractuelles liées à ce changement de dernière minute, impactant une partie des fonds.

Par ailleurs, celle-ci raconte que lorsqu’elle a mentionné la somme manquante de 500 000 dollars dans la pétition, le surintendant lui aurait demandé de la retirer.

« Ils pensent que les parents ne sont pas des gens intelligents. Ils se trompent, car beaucoup d’entre nous sont des professionnels. Ça représente un manque de respect de nous refuser des explications, martèle Mme Nichilo. On leur confie des millions et des millions de dollars pour gérer nos projets ».

Une manifestation de parents organisée

Les parents continuent de réclamer la transparence dans la prise de décision en dénonçant un manque de gestion responsable des fonds publics, ainsi que l’absence d’une consultation publique légitime.

Une manifestation des familles aura lieu devant l’école au 98 rue Essex, ce vendredi 31 juillet en matinée, dès 9 h.

« Pour de nombreux enfants, l’école est la principale occasion de pratiquer une activité physique, explique Mme Nichilo. Les enfants adorent le soccer. En rentrant, ils racontent leurs parties de soccer au lieu de parler de ce qu’ils ont appris en mathématiques ou en français. Le soccer, c’est toute leur vie », ajoute-t-elle, considérant qu’une telle décision n’aurait pas dû être prise à la légère.

En effet, selon celle-ci, l’option du gazon synthétique leur permettrait une pratique du soccer à l’année, même en période hivernale, là où le gazon naturel est vulnérable aux intempéries et au climat.

La fin des travaux est prévue pour la rentrée de septembre.