Le conseil de Casselman a rejeté la motion sur le recrutement de médecins francophones, le 8 septembre 2026. Capture d’écran : Municipalité de Casselman
Société

Casselman rejette une motion sur le recrutement de médecins francophones

Le conseil de Casselman a rejeté la motion sur le recrutement de médecins francophones, le 8 septembre 2026. Capture d’écran : Municipalité de Casselman

CASSELMAN – Recruter et retenir des médecins francophones grâce à un programme d’incitatifs : c’était l’objectif d’une motion présentée par la mairesse sortante de Casselman en pleine campagne électorale. Rejetée par trois voix contre deux lors de la récente réunion du conseil municipal, elle a néanmoins relancé le débat sur le rôle de la Municipalité et sa capacité à concurrencer les localités voisines.

« Les médecins vont à l’extérieur de Casselman parce que, lorsqu’ils choisissent des secteurs voisins comme La Nation, ils reçoivent 80 000 $ supplémentaires », a lancé Geneviève Lajoie, candidate à sa réélection à la mairie. Elle accuse la province de « traîner les pieds depuis quatre ans et de ne pas répondre aux courriels ».

Mme Lajoie affirme avoir épuisé les démarches auprès du gouvernement ontarien. Elle dit également avoir sollicité l’Association médicale de l’Ontario, travaillé avec le secteur privé et la clinique médicale locale, puis proposé, sans succès, une approche régionale avec les Comtés unis de Prescott et Russell.

« Si Casselman prend vraiment au sérieux la prestation de services en français, si ce conseil la prend vraiment au sérieux, c’est la seule façon que je vois de le faire », a-t-elle plaidé en appelant les conseillers à soutenir sa motion.

« Nous avons des aînés qui parlent uniquement français. Ils ont le droit de ne pas avoir à quitter Casselman pour recevoir des soins. »

Lajoie
Geneviève Lajoie, mairesse sortante de Casselman. Photo : Stéphane Bédard / ONFR

Anik Charron, qui sollicite un nouveau mandat de conseillère, a appuyé la motion. Elle estime nécessaire d’explorer les solutions disponibles, alors que plusieurs citoyens de Casselman sont toujours privés de médecin.

« Ce qui est intéressant, c’est de savoir s’il y a des subventions possibles et disponibles. C’est quelque chose que j’aimerais voir l’administration nous soumettre dans un rapport : est-ce que la Municipalité peut faire quelque chose? »

Elle a insisté sur le fait que son intention n’était pas d’alourdir la facture des contribuables.

« On ne demande rien aux contribuables et on ne va pas augmenter les impôts fonciers pour cela. On veut vraiment voir ce que la province offre comme ressources pour essayer de trouver une solution au problème des petites municipalités en matière de soins de santé. »

Une administration déjà surchargée

Le conseiller sortant Paul Groulx, candidat à la mairie, a voté contre la motion. Il a interrogé l’administration sur le temps nécessaire pour effectuer les recherches demandées.

Le directeur général de la Municipalité, Yves Morrissette, a estimé qu’un rapport pourrait difficilement être produit avant la fin du mandat.

« Peut-être pas dans le temps du présent conseil, mais possiblement pour le prochain conseil », a-t-il répondu, rappelant que l’administration doit pourvoir plusieurs postes clés et préparer le prochain budget.

« D’ici le budget, la fin de l’année et la fin du mandat, l’administration est quand même occupée. Ce serait difficile de livrer un produit comme celui-là avant la fin octobre. »

Geneviève Lajoie a rejeté l’idée selon laquelle l’étude proposée lierait les mains du prochain conseil. Le personnel aurait seulement exploré les options, laissant aux prochains élus le soin de trancher au moment du budget de 2027.

« La démocratie et le gouvernement ne s’arrêtent pas parce qu’un conseil change. La démocratie et nos politiques doivent se poursuivre, peu importe le conseil qui entre en fonction », a-t-elle soutenu.

Francine Leblanc, candidate à sa réélection au poste de conseillère, s’est opposée à l’utilisation de fonds municipaux pour convaincre des médecins de s’établir à Casselman.

« Personnellement, sur le plan financier, je suis contre. Si on est capable d’aller chercher des médecins volontairement, parfait. Mais si on demande à l’administration de déterminer si on peut avoir un budget pour inviter des médecins à venir s’installer ici, et pour combien de temps, il faut aussi comprendre pourquoi les médecins déjà installés s’en vont. »

Selon elle, le recours à l’argent des contribuables demeure préoccupant, que la décision revienne au conseil actuel ou au prochain.

La discussion survient en pleine campagne électorale. Geneviève Lajoie et Paul Groulx sont candidats à la mairie aux côtés de François Richard. Sylvain Cléroux, Francine Leblanc et Anik Charron briguent pour leur part un poste au conseil municipal.

Casselman mène depuis plusieurs années une bataille autour de son Indice de ruralité de l’Ontario (RIO). Avec un score de 39, la Municipalité se trouve à un point du seuil lui donnant accès aux incitatifs provinciaux destinés au recrutement de médecins dans les communautés rurales. Cette situation désavantage Casselman par rapport à des municipalités voisines comme La Nation.