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Les tests de l’OQRE toujours dans la mire de l’AEFO

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OTTAWA – Les résultats des tests de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) restent une aberration pour l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO). La réforme des tests promise par le ministère de l’Éducation de l’Ontario doit privilégier l’échantillonnage, estime le syndicat.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

S’il faudra attendre mars 2018 pour connaître les résultats de la vaste consultation provinciale, le président Rémi Sabourin a d’ores et déjà quelques doutes sur la révision. «La ministre de l’Éducation semble dire que ce ne sera pas une refonte complète, que ce ne sera pas une question d’échantillonnage. Ils veulent revoir sous une forme d’équité et de diversité, ça ne nous suffit pas.»

Des mathématiques aux compétences linguistiques, les élèves de 3e, 6e, 9e et 10e année doivent passer ces examens annuels qui servent notamment à faire un contrôle de leurs connaissances et à classifier les écoles de la province. Des examens directement sous le joug de l’OQRE, un organisme indépendant. Quelque 600 000 élèves sont concernés par ces tests débutés en 1997.

«Ça met beaucoup de pression dans le système, une pression individuelle sur les enseignantes et enseignants… L’échantillonnage dépersonnaliserait le résultat et je pense qu’on irait vers plus de solutions», soutient M. Sabourin.

Écart entre les performances des élèves et leur capacité de rédactions, coûts excessifs de ces mêmes tests: les critiques fusent souvent pour dénoncer les tests de l’OQRE.

 

Négociations

Interrogée récemment par #ONfr, la ministre de l’Éducation, Mitizie Hunter, se dit confiante. «Nous allons regarder toutes les options (…) C’est une opportunité d’écouter toutes les expertises en la matière, dont celle de l’AEFO et nous attendons cela avant de prendre une décision.»

Rémi Sabourin, président de l’AEFO. Crédit image: AEFO

Un son de cloche plus incisif du côté de l’AEFO: «On essaye de pousser à voir une réforme beaucoup plus complète, d’avoir un dialogue, de savoir qu’est ce qu’on va faire avec ces résultats. C’est ce que nous voulons amener à la table des négociations», précise M. Sabourin.

 

L’OQRE dubitative

Du côté de l’OQRE, on continue de défendre bec et ongles la méthode traditionnelle. «Si un élève a des problèmes, on peut mettre immédiatement une stratégie en place», estime sa directrice de l’évaluation, Joanne Rinella.

Et de poursuivre: «Le groupe francophone est une petite population. Avec une méthode comme l’échantillonnage, on risque de perdre les bases de données, et de ne pas connaître les besoins spécifiques en éducation.»

D’après les résultats dévoilés en août dernier, le taux de réussite des élèves franco-ontariens de 10e année au test de compétences linguistiques s’établissait à 92 %. Des données en augmentation sensible chaque année.

En mathématiques, la moyenne provinciale est de 88 % pour le cours théorique, et de 44 % pour le cours appliqué. Le 44 % constitue d’ailleurs une baisse de 7 % par rapport aux données de 2013. Un argument de plus selon l’OQRE: «Cette baisse montre l’utilité des tests et la nécessité d’un suivi personnel vis-à-vis des élèves.»

 

Article écrit avec la collaboration de Jean-François Morissette 

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.