L’indignation face à Michael Rousseau, une preuve de la « valeur des langues officielles » selon la commissaire Burke
La controverse entourant la vidéo unilingue du PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, et le nombre record de plaintes reçues témoignent de « la valeur des langues officielles au Canada », selon la nouvelle commissaire aux langues officielles. Ce dossier lance le mandat de Kelly Burke sur les chapeaux de roues, elle qui est entrée en poste il y a peine quelques jours.
La nouvelle commissaire aux langues officielles considère qu’Air Canada doit réévaluer la façon dont elle communique avec la population, soutenant qu’une entreprise fédérale se doit de s’adresser de manière « claire, équitable et respectueuse ».
« L’ampleur des réactions et le nombre de plaintes que nous avons reçues démontrent vraiment la valeur des langues officielles au Canada. Les langues officielles sont au cœur de l’identité canadienne et nous devons les protéger », a-t-elle affirmé lors d’une entrevue.
À l’instar de son prédécesseur Raymond Théberge, elle juge essentiel que les hauts dirigeants des entreprises fédérales soient bilingues, tout en reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’une obligation inscrite dans la loi.
« Il est important que le bilinguisme soit considéré comme une compétence essentielle dans les postes de haute gestion, afin que les dirigeants soient en mesure de respecter les droits linguistiques, mais aussi pour qu’ils prêchent par l’exemple. C’est ce que l’on souhaite de la part d’une personne à la tête des principales institutions fédérales au Canada », juge-t-elle.
Elle n’a pas voulu s’étendre davantage sur le dossier de M. Rousseau, précisant que le Commissariat aux langues officielles (CLO) est toujours en train d’analyser les plaintes. En date du 8 avril, on dénombrait 2382 plaintes concernant le discours unilingue du PDG, prononcé après la tragédie ayant coûté la vie à deux pilotes de l’entreprise, dont un francophone.
Début d’un mandat de sept ans
Kelly Burke est arrivée officiellement à la tête du CLO le 30 mars dernier. La Franco-Ontarienne a obtenu ce poste avec l’approbation de la Chambre des communes et du Sénat, après avoir été nommée par le gouvernement de Mark Carney.
Elle identifie une meilleure conformité à la Loi sur les langues officielles, modernisée au cours des dernières années, comme la priorité de son mandat. Le CLO doit d’ailleurs hériter, dans les prochains mois, de nouveaux pouvoirs lui permettant d’infliger des amendes financières aux entreprises fédérales du secteur des transports. Des sanctions allant de 5000 $ à 50 000 $ par infraction pourraient être imposées en vertu d’un règlement proposé par Ottawa.
« Je veux m’assurer qu’il y ait une bonne mise en œuvre de cette loi maintenant modernisée… Tout particulièrement en ce qui concerne l’exercice des nouveaux pouvoirs qui en découlent », précise-t-elle.
L’ancienne commissaire aux services en français de l’Ontario estime qu’on pourra la juger sur « les résultats qui souligneront les avancées » qu’elle souhaite réaliser. Elle entend bien « accomplir le mandat prescrit » de sept ans. Mme Burke avait quitté son rôle provincial en Ontario de manière inattendue en 2023 et était restée floue sur ce départ lors de son audition devant les députés en février dernier. Elle considère toutefois que les deux postes « se ressemblent à plusieurs égards ».
« J’ai déposé trois rapports annuels avec des recommandations qui ont toutes été acceptées. Cette expérience va me permettre, ici au fédéral, d’exercer les mêmes compétences afin d’améliorer le sort des langues officielles partout au pays », soutient-elle.