Politique

Langues officielles : Kelly Burke promet d’être une commissaire avec du « mordant »

Kelly Burke attend de comparaître devant le Comité permanent des langues officielles concernant sa nomination au poste de commissaire aux langues officielles à Ottawa, le mardi 10 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld

OTTAWA — La Franco-Ontarienne Kelly Burke a franchi une étape supplémentaire vers sa nomination à titre de commissaire aux langues officielles, après avoir comparu devant les élus et les sénateurs à Ottawa, mardi soir. La juriste souhaite placer la conformité des institutions fédérales à leurs obligations linguistiques au cœur de son mandat. Elle est toutefois restée floue sur son départ du poste de commissaire aux services en français de l’Ontario en 2023.

Le fait d’être interrogée par les députés et les sénateurs fait partie du processus de nomination. Le Comité des langues officielles, devant lequel Mme Burke a témoigné, risque d’approuver sa candidature jeudi. Le Sénat et la Chambre des communes devraient par la suite sceller la confirmation par un vote des deux chambres du Parlement.

« La priorité sera la conformité », a-t-elle répondu à plus d’une reprise pendant sa comparution de près de deux heures. « [Il faut savoir] comment l’atteindre, identifier les causes et aussi l’impact d’un manque de conformité. On sait qu’il y a des problèmes systémiques qui existent depuis toujours », ajoute-t-elle.

S’assurer que les services rendus et les communications gouvernementales sont dans les deux langues officielles, tout en s’attaquant à « l’univers numérique en anglais », figurent parmi les dossiers qu’elle souhaite aborder. Celle qui affirme « amener une perspective ontarienne » dit vouloir être une commissaire à l’écoute des communautés francophones et de « leurs vulnérabilités ».

Si elle affirme que « la collaboration et la médiation » lui ont permis de faire avancer des dossiers en Ontario, elle assure qu’elle n’hésitera pas à sévir envers les institutions plus problématiques. « J’ai eu du mordant dans le passé et je souhaite bien être mordante à l’avenir », lance-t-elle en riant.

Concernant les nouveaux pouvoirs dont elle héritera, soit celui de décerner des amendes financières, elle dit les voir comme un moyen d’atteindre « une meilleure conformité ».

Un flou sur son départ de commissaire aux services en français

La Franco-Ontarienne n’a pas voulu « entrer dans les détails » sur les motifs de son départ de son poste provincial en 2023, laissant planer le mystère sur les raisons de cette démission.

Poussée par le député conservateur Joël Godin concernant cet « éléphant dans la pièce », elle a finalement soufflé qu’il s’agissait d’un commun accord avec le bureau de l’Ombudsman de l’Ontario.

« C’était une décision que nous avons prise ensemble; j’estimais avoir complété le mandat qu’on m’avait prescrit », a-t-elle dit, tout en admettant par la suite qu’il n’y avait pas de durée de mandat fixe.

En mars 2023, le Bureau de l’ombudsman de l’Ontario avait annoncé le départ de Mme Burke sans en préciser les raisons. Succédant à François Boileau, elle avait été nommée en janvier 2020 dans une période trouble, après l’abolition du commissariat indépendant par le gouvernement Ford.

« Je n’ai pas eu de réponse qui me satisfasse, mais cela ne la discrédite pas, car je crois que c’est une bonne candidature », a commenté Joël Godin, précisant que le Parti conservateur devrait se ranger derrière sa confirmation.

« J’aurais aimé savoir pourquoi, je trouve que c’est obscur », juge de son côté le député bloquiste Mario Beaulieu. Ce dernier souhaite en discuter avec son caucus, tout en soulignant avoir apprécié les réponses de la candidate sur les enjeux linguistiques.

« Je pense qu’on peut donner la chance au coureur. On a vu par la teneur de ses réponses qu’elle coche toutes les cases nécessaires pour entrer en poste », conclut la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Liane Roy.

Le bureau de l’Ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, a fait savoir à ONFR qu’il n’avait aucun commentaire à faire vis-à-vis la situation. Si elle est confirmée, la Franco-Ontarienne originaire de Cornwall succédera à Raymond Théberge qui a pris sa retraite à la fin janvier.