Basketball : des débuts encourageants pour le Tempo, malgré la blessure de Julie Allemand
Malgré les défis inévitables d’un début de saison pour une franchise d’expansion, le Tempo de Toronto montre déjà des bases prometteuses après ses quatre premiers matchs en WNBA. Touchée par plusieurs blessures affectant des joueuses importantes du secteur intérieur, en plus de sa meneuse belge Julie Allemand sortie lors de son troisième match, la formation torontoise présente néanmoins un bilan équilibré de deux victoires et deux défaites après quatre rencontres.
Les débuts du Tempo en WNBA ont rappelé toute la difficulté pour une franchise d’expansion de rapidement créer des automatismes. Pour son match inaugural face aux Mystics de Washington, Toronto a manqué de rythme offensivement, mais a déjà montré des signes positifs en défense ne s’inclinant que de trois points (68-65).
Première joueuse de l’histoire du Tempo sélectionnée lors du repêchage d’expansion 2026, Julie Allemand est arrivée à Toronto après une saison européenne couronnée par un titre en EuroLeague avec Fenerbahçe Opet, où elle a également été élue meilleure joueuse du Final Six. En manque de rythme, la meneuse belge, à l’image du collectif torontois, a connu une soirée offensive compliquée.
« Lors du premier match, notre espacement était terrible, a-t-elle reconnu. Lors du deuxième match, on a beaucoup mieux bougé le ballon et trouvé les espaces. »
La réaction immédiate contre Seattle
Le Tempo a rapidement montré sa capacité à corriger le tir, dès le deuxième match. Face au Storm de Seattle, devant une nouvelle fois une salle comble à domicile, Toronto a signé la première victoire de son histoire, avec un succès convaincant de 86-73.
Cette fois, l’attaque torontoise semblait beaucoup plus fluide. Les joueuses ont trouvé davantage d’espaces en transition, le ballon a circulé rapidement et plusieurs options offensives ont participé à l’effort collectif. Marina Mabrey a notamment inscrit 26 points, tandis que Brittney Sykes a ajouté 18 points, huit rebonds et six passes décisives.

Julie Allemand, elle, s’est surtout distinguée par son activité défensive (3 interceptions) et sa lecture du jeu (6 passes décisives). Très présente sur les lignes de passe et précieuse dans les aides défensives, elle a contribué à établir l’identité défensive que tente déjà d’installer le Tempo.
« On commence à comprendre où chacune aime recevoir le ballon et comment créer des avantages pour les autres », expliquait la Belge après cette victoire encourageante.
L’entraîneuse-chef Sandy Brondello insistait également sur cette progression collective.
« Je leur demande simplement de se faire confiance et de faire circuler le ballon. Une fois qu’on crée un avantage, il faut continuer à le faire vivre », expliquait-elle après la rencontre.
Une blessure qui freine l’élan
Le troisième match, disputé vendredi dernier à Los Angeles contre les Sparks, a toutefois représenté un nouveau défi pour l’équipe. Le Tempo a complètement raté son début de rencontre et s’est rapidement retrouvé mené 21-2, après plusieurs pertes de balle et des erreurs défensives coûteuses.
Malgré ce lourd déficit, les Torontoises sont progressivement revenues dans le match grâce à une défense beaucoup plus agressive et plusieurs séquences de transition efficaces. Le Tempo a finalement échoué de peu dans sa remontée et s’est incliné 99-95 face à cette équipe des Sparks menée par l’expérimentée Kelsey Plum, auteure de 27 points.
La rencontre a aussi été marquée par la sortie sur blessure de Julie Allemand. La meneuse belge a quitté le match après 21 minutes de jeu en raison d’une blessure à l’aine. Avant sa sortie, elle avait récolté cinq points, quatre passes décisives et deux interceptions.
Son absence représentait alors un véritable test pour le Tempo avant le deuxième affrontement consécutif face aux Sparks ce dimanche en soirée à Los Angeles.
Une réponse encourageante malgré les absences
Toujours privé d’Isabelle Harrison depuis le début de la saison et de Temi Fagbenlé, touchée à l’épaule lors du premier match, le Tempo devait donc également faire sans sa meneuse de jeu titulaire pour ce quatrième affrontement face aux Sparks.
Et la réponse a été positive.
Toronto a retenu la leçon du premier match et a réalisé un début de rencontre solide, grâce notamment à la première titularisation réussie de la recrue Kiki Rice (19 points), mais aussi et surtout à la performance exceptionnelle de Brittney Sykes.
L’arrière américaine a signé un record personnel en carrière avec 38 points, dont un parfait 15 en 15 aux lancers francs, permettant au Tempo de marquer plus de 100 points pour la première fois de son histoire et d’obteir une deuxième victoire en quatre matchs (106-96).

Au-delà des résultats, ces quatre premières rencontres permettent surtout d’entrevoir l’identité que tente progressivement de bâtir Sandy Brondello : une équipe disciplinée défensivement, capable de hausser rapidement son niveau après des performances plus difficiles et qui cherche constamment à faire vivre le ballon offensivement.
Pour une franchise qui découvre encore les exigences de la WNBA, les automatismes restent évidemment en construction. Mais malgré les blessures et les ajustements constants, les premières bases du projet torontois semblent déjà bien installées.
Une profondeur d’effectif déjà prometteuse
Le travail de construction de l’effectif commence notamment à porter ses fruits avec une rotation qui apparaît déjà particulièrement profonde. Autour de joueuses expérimentées comme Brittney Sykes, Marina Mabrey, Julie Allemand, ou encore la Canadienne Kia Nurse, plusieurs profils venus d’Europe apportent rapidement une vraie valeur ajoutée.
Les débuts de l’Espagnole María Conde, 29 ans, et de la Lituanienne Laura Juškaitė, 28 ans, sont notamment encourageants. Pour leur première expérience en WNBA, les deux Européennes se sont rapidement adaptées à l’intensité du championnat nord-américain en apportant polyvalence, énergie défensive, adresse et qualité de circulation du ballon.
Avec un effectif aussi complet, qui est encore loin d’avoir atteint son plein potentiel après seulement quatre matchs, le Toronto Tempo pourrait rapidement dépasser le simple statut de franchise d’expansion et bien se mêler à la lutte parmi les équipes compétitives de la ligue dès sa saison inaugurale.