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L’Ontario poursuit sa réouverture, Justin Trudeau inquiet

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le triste record du nombre de cas en une seule journée a été battu, mardi en Ontario. Une situation grave qui impose de poser les gestes qui s’imposent, selon Justin Trudeau, lequel juge durement les décisions de premiers ministres provinciaux de rouvrir l’économie coûte que coûte.

Sur le coup de midi, le premier ministre du Canada a lancé un avertissement clair à l’intention des provinces  : ouvrir les commerces maintenant en diminuant les contraintes sanitaires, c’est les menacer plus tard.

« On voit des cas records dans des régions qui devraient en faire plus. […] Ce n’est pas une faveur aux entreprises de vouloir rester ouvert plus longtemps, ce n’est pas bien servir nos communautés », a soutenu Justin Trudeau en conférence de presse.

En matinée, la ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott, a diffusé son tweet quotidien annonçant le sombre bilan du jour : 1 388 cas dans les dernières 24 heures et 15 décès de plus.

De ce nombre, 520 nouveaux cas se trouvent à Toronto, 395 à Peel, 100 dans la région de York, 72 à Halton et une cinquantaine à Niagara.

Toronto en zone rouge

Toronto devait entrer dans une phase de transition, samedi, où elle réduirait certaines de ses restrictions. En théorie, les restaurants et bars devaient retrouver leurs clients dès cette fin de semaine.

Mais face à l’augmentation des cas, le maire de Toronto, John Tory, et la chef de la santé publique, Dr Eileen de Villa, ont décidé de repousser ce plan de match.

« Le virus est autour de nous à Toronto comme jamais auparavant », a indiqué la Dr de Villa.

Elle a affirmé avoir toute l’autorité pour agir et fermer les salles à manger. Certains observateurs affirment, au contraire, que c’est la province qui a l’autorité légale pour poser de tels gestes.

Toronto a plus de 500 cas par jour, a rappelé le maire de Toronto. « Ce n’est pas le temps d’alléger les restrictions », a soutenu John Tory. « On ne veut pas retourner en confinement, comme on le voit en France ou en Angleterre », a-t-il dit.

Doug Ford ignore les critiques

Pour sa part, le premier ministre ontarien n’a annoncé aucune nouvelle mesure pour faire face à l’augmentation des cas. Doug Ford a cependant répliqué à Justin Trudeau.

« Je ne sais pas s’il me parle directement. Si c’est le cas, je le remercie pour son aide. Mais on a besoin de plus d’aide pour les commerces. Puis, on a besoin que l’argent déjà annoncé nous arrive », a-t-il lancé.

Justin Trudeau a demandé aux provinces de lui faire des demandes pour amoindrir les conséquences économiques de la pandémie. Il est prêt à ajouter de nouvelles sommes et à lancer de nouvelles initiatives, a fait savoir le premier ministre fédéral.

Le nouveau plan du gouvernement Ford a été très critiqué ces dernières semaines : nombreux experts dénoncent un seuil beaucoup trop élevé pour réimposer les restrictions.

Mardi, Doug Ford l’a défendu bec et ongle. « Quand on a mis en place ce cadre, c’était avant tout un guide, c’est une bonne base », a-t-il soutenu. « Chaque juridiction peut ensuite ajouter des protocoles et prendre ses décisions », ajoute le premier ministre ontarien.

Plusieurs observateurs sont inquiets face à la gestion de la seconde vague par le gouvernement Ford. Le Globe and Mail, dans un long article de son comité éditorial, fait part de ses craintes, ces dernières heures.

« Si le virus agit ici comme il l’a fait de l’autre côté de l’Atlantique, les commerces qui sont en train de rouvrir, à cause de l’inaction du gouvernement Ford, ce n’est que le début de leurs problèmes. »

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