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Nicole Fortier Levesque candidate à la présidence de l’AFO

Temps de lecture : 3 minutes

MOONBEAM – C’est la première candidate à sortir du bois. La mairesse de Moonbeam, Nicole Fortier Levesque, se verrait bien succéder à Carol Jolin à la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). L’organisation porte-parole des Franco-Ontariens élira son nouveau président à la fin du mois.

« Représenter les francophones en Ontario est pour moi extrêmement important », confie-t-elle en entrevue avec ONFR+. « Dans mon cheminement, je me sens prête à franchir cette étape, à relever le défi, car la francophonie est ce qu’il y a de plus précieux après ma famille. »

Membre du conseil d’administration de l’AFO depuis 2019, elle estime être au fait des rouages de l’organisme, des dossiers en cours et des combats à venir pour défendre les intérêts des communautés de langue française à travers la province.

« À l’heure où on est en train de mettre sur pied la Loi (modernisée) sur les services en français (LSF), on doit tout faire pour s’assurer qu’on puisse faire respecter ce que contient la Loi, que ce soit au niveau provincial ou du Canada », affirme l’enseignante de formation.

« Il faut faire valoir nos droits si on veut conserver notre culture et notre langue. Et pour ce faire, il va falloir que les gouvernements fassent plus d’efforts pour attirer plus d’immigrants francophones en Ontario et au Canada. »

« Être plus revendicatif »

En course pour un second mandat de mairesse à Moonbeam, fonction qu’elle occupe depuis 2018, et présidente de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) depuis novembre dernier, Mme Fortier Levesque pense que son expérience de la gestion d’une ville et ses contacts noués auprès du gouvernement provincial seront autant d’atouts.

Selon elle, l’AFO doit continuer les efforts entrepris jusqu’ici mais avec plus de mordant : « Il faut être plus revendicatif si on veut que ça aille là où on veut », croit-elle. « On a déjà une bonne équipe mais il va falloir s’assurer, plus que jamais, que la LSF qui vient d’être revue soit respectée. »

Si elle est élue présidente de l’AFO et réélue maire de Moonbeam, Mme Fortier Levesque pense pouvoir cumuler ses fonctions. « Être maire de Moonbeam n’est pas un travail à temps plein. Ça ne m’empêcherait absolument pas d’être présidente de l’AFO. »

Quant à la présidence de l’AFMO, « on verra à ce moment-là mais je me suis engagée pour un an devant le conseil d’administration de l’AFMO et j’ai été transparente à l’époque en disant que je comptais me présenter à la présidence de l’AFO ».

Accusant un déficit de 78 000 $ en 2020, l’AFMO a traversé une grave crise budgétaire ces dernières années avant de sortir du rouge pour afficher un surplus de 40 000 $ et revoir sa structure pour garantir ses services aux membres. Le retour de Toronto dans son giron est aussi une bonne nouvelle pour l’association présidée par Mme Fortier Levesque.

L’AFO, le porte-voix des Franco-Ontariens

Au moins cinq candidats ont déposé leur candidature à la présidence de l’AFO. Leur identité n’est pas connue mais sera dévoilée la semaine prochaine, soit deux semaines avant la rencontre annuelle de l’organisme. Le président (ou la présidente) sera choisi le 29 octobre, lors de l’assemblée générale annuelle qui clôt cette rencontre de trois jours. Il succédera à Carol Jolin.

Depuis sa création en 2006 née de la fusion de deux organismes, l’AFO n’a jamais eu qu’une présidente du Nord, Mariette Carrier-Fraser.

À la barre de l’AFO durant trois mandats, depuis 2016, M. Jolin, lui aussi enseignant de formation, s’est notamment battu contre les compressions budgétaires de 2018, pour le financement de la Place des Arts de Sudbury, pour la sauvegarde des organismes communautaires éprouvés par la crise sanitaire et pour la modernisation de la Loi sur les services en français.

L’organisme a en revanche essuyé des critiques pour son manque de diversité. Il porte sa vigilance dans sept dossiers principaux : la santé, l’éducation, l’employabilité, les communications, l’immigration, les droits linguistiques et les arts et la culture. À ce titre, l’AFO édite régulièrement des mémoires et livres blancs qui ont plus ou moins d’influence sur les gouvernements.

Son dernier cheval de bataille, le projet d’une université par et pour les francophones dans le Moyen Nord, n’est pas achevé.

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