Une nouvelle école ouvre à Orléans-Sud, où les besoins continuent de croître
OTTAWA – L’Aventure, une nouvelle école élémentaire publique francophone de 354 places, a accueilli ses premiers élèves mardi, à Orléans-Sud. Alors que son ouverture soulage les établissements voisins, la croissance rapide du secteur laisse déjà présager d’autres besoins.
Dès 7 h 30 mardi, élèves, parents, membres du personnel et représentants du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) ont commencé à prendre part, dans une ambiance festive, à l’ouverture officielle de l’École élémentaire publique L’Aventure, dans le quartier Orléans-Sud.
Le nouvel établissement peut accueillir 354 élèves. Il comprend également une garderie offrant 49 places : 10 pour des poupons, 15 pour des bambins et 24 pour des enfants d’âge préscolaire. Cette ouverture porte à 47 le nombre d’écoles élémentaires et secondaires du CEPEO dans l’Est ontarien.
Selon le directeur de l’éducation du CEPEO, Christian-Charle Bouchard, le budget de l’établissement s’élève à 21,5 millions de dollars.
« Aujourd’hui, ça représente une grande joie pour les familles, ainsi que l’épanouissement de chaque élève, de chaque enfant et de chaque apprenant », a déclaré M. Bouchard. Il y voit également un signe de la croissance de nouvelles communautés scolaires francophones qui ont désormais accès à une école de proximité.
L’Aventure est l’une des deux nouvelles écoles élémentaires ouvertes cette année par le CEPEO, tandis que six autres établissements sont actuellement en chantier, selon le directeur de l’éducation.

Une école attendue
Pour la directrice de L’Aventure, Céline Labrèche, cette ouverture répond directement à l’augmentation des effectifs dans le secteur.
« De plus en plus de familles souhaitent que leurs enfants fréquentent une école francophone. Le CEPEO a donc décidé d’ouvrir une nouvelle école, puisque les effectifs augmentaient dans ses autres établissements », explique-t-elle.
La préparation s’est déroulée sans difficulté majeure. L’école a même obtenu son permis d’occupation à la fin du mois de mai, une avance que Mme Labrèche qualifie d’exceptionnelle pour un nouvel établissement. Une journée portes ouvertes organisée le 20 août avait déjà attiré de nombreux parents et élèves.
Pour certaines familles, la nouvelle carte scolaire change concrètement le quotidien. Samuel Gallard, dont le fils entre en sixième année, habite à quelques pas de l’établissement. Son enfant fréquentait auparavant l’École élémentaire publique Des Sentiers et devait prendre l’autobus.
« Maintenant, nous sommes à 30 secondes à pied, donc c’est plutôt bien pour nous », se réjouit le père. Son fils retrouvera plusieurs camarades de son ancienne école. Il a aussi été rassuré par la présence d’un terrain de soccer. Avant de le découvrir, il craignait que la nouvelle école ne soit « pas bien », raconte-t-il tout en souriant.
Abdou, parent d’un autre élève transféré de l’École Des Sentiers, voit dans ce nouvel établissement une manière d’assurer la continuité de l’apprentissage en français. « Comme l’environnement extérieur est surtout anglophone et que l’école est francophone, cela crée un bon équilibre pour l’élève », résume-t-il.
Une pédagogie tournée vers la nature

L’école ne mise pas seulement sur de nouveaux locaux. Elle amorce aussi un processus de certification MOON, une pédagogie articulée autour de quatre relations : avec soi-même, avec les autres, avec les objets intelligents – dont l’intelligence artificielle – et avec la nature.
Denis St-Pierre, enseignant d’art, fait partie des six enseignants de l’École Des Sentiers qui ont rejoint L’Aventure. Il y retrouve environ 125 anciens élèves. Il décrit « une autre approche, une autre façon d’enseigner », davantage centrée sur l’élève. Comme il enseignera à toutes les classes, il aura l’occasion de revoir plusieurs jeunes qu’il connaît déjà.
L’approche doit permettre d’intégrer différentes matières, de décloisonner les apprentissages et de réduire le temps passé devant les écrans. Chaque classe devra notamment consacrer au moins une période par semaine à l’apprentissage à l’extérieur.
Claudine Bisson, enseignante à L’Aventure, se dit très heureuse et enthousiaste, malgré une certaine appréhension devant « un nouveau programme, une nouvelle école et une nouvelle approche pédagogique ». Elle croit toutefois que cette approche « plus humaine » sera bénéfique pour les élèves.
D’autres écoles encore nécessaires
Malgré l’ouverture de L’Aventure, Christian-Charle Bouchard répond « oui et non » lorsqu’on lui demande si l’établissement suffit à répondre à la demande d’éducation publique en français.

« Ici, à Orléans, nous sommes bien servis avec cette nouvelle école. Mais, dans quelques années, nous aurons encore besoin d’autres écoles, même dans des secteurs déjà bien desservis comme Orléans », prévient-il.
Cette croissance se fait déjà sentir dans les classes. Deux enseignantes consultées par ONFR font état de groupes plus nombreux. « J’avais 16 élèves l’année dernière. Cette année, j’en ai 23 », confie l’une d’elles. Une autre dit en compter 28 dans sa classe.
Comme le précise M. Bouchard, le territoire du CEPEO s’étend de Trenton à Hawkesbury, en passant par Ottawa et Cornwall, et remonte jusqu’à Pembroke. Certaines communautés demeurent mal desservies, voire sans école publique francophone. Pour certaines familles, la longueur des déplacements rend ce choix scolaire pratiquement impossible, constate le directeur de l’éducation.
Le député provincial d’Orléans, Stephen Blais, rappelle pour sa part que des centaines de maisons ont été construites dans le sud d’Orléans. Trois nouvelles écoles élémentaires doivent ouvrir cette année dans ce secteur, dont deux francophones, mais la croissance résidentielle se poursuit.
« Nous devons maintenir cet élan et investir davantage dans certains secteurs d’Orléans », affirme-t-il, évoquant de nouvelles constructions ou des agrandissements qui permettraient d’éliminer des classes portatives. Il réclame aussi davantage de ressources pour réduire la taille des classes et soutenir l’éducation spécialisée.

Le développement scolaire se poursuivra dans le quartier. Une école secondaire publique de langue française de 713 places, destinée aux élèves de la 7e à la 12e année, est en construction au 2405, chemin Mer-Bleue. Financée à hauteur de 33,3 millions de dollars par la province, elle devrait être achevée à l’été 2027 et ouvrir durant l’année scolaire 2027-2028.