Syla Swords, à l'université du Michigan, et sa sœur Savannah, qui s’apprête à rejoindre celle du Kentucky, poursuivent leur ascension tout en partageant le même rêve sous le maillot canadien. Photos : Canada basketball, montage Canva
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Basketball : les ambitions des sœurs Swords de Sudbury

Syla Swords, à l'université du Michigan, et sa sœur Savannah, qui s’apprête à rejoindre celle du Kentucky, poursuivent leur ascension tout en partageant le même rêve sous le maillot canadien. Photos : Canada basketball, montage Canva

Deux sœurs, deux parcours qui commencent à se rapprocher. Syla et Savannah Swords poursuivent leur ascension dans le basketball nord-américain, l’une déjà olympienne et cadre montante de l’Université du Michigan, l’autre sur le point de découvrir le championnat universitaire NCAA avec celle du Kentucky. Originaires de Sudbury, les deux Franco-Ontariennes regardent désormais vers un même horizon : l’équipe nationale canadienne, Los Angeles 2028 et, à plus long terme, le monde professionnel.

Le Canada a franchi ce que Syla Swords qualifiait de « première étape » vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Invaincues en cinq rencontres à Guadalajara, les Canadiennes ont remporté le tournoi préqualificatif olympique en surclassant le Mexique 83-53 en finale, décrochant leur billet pour les tournois de qualification olympique de 2028.

« Cette équipe a un très bon mélange entre la jeunesse et celles qui ont déjà participé à deux ou trois Jeux olympiques. Les vétéranes savent ce qu’il faut faire pour gagner contre les bonnes équipes », confiait Swords à ONFR au début de la compétition.

Les vétéranes ont apporté leur expérience, mais la jeunesse évoquée par la Franco-Ontarienne a elle aussi répondu présente. À commencer par la Sudburoise elle-même. Avec 14,8 points de moyenne, tout en réussissant 45 % de ses tirs à trois points, elle a obtenu le titre de meilleure joueuse du tournoi. Elle a inscrit au moins 10 points lors de chacune des cinq rencontres, dont 17 en demi-finale contre la Nouvelle-Zélande et 12 en finale face au Mexique.

À 20 ans, Syla Swords connaît déjà les Jeux. À Paris en 2024, elle était devenue, à seulement 18 ans, la plus jeune basketteuse canadienne à participer aux Olympiques. Deux ans plus tard, elle n’est plus seulement la jeune joueuse qui découvre le plus haut niveau international. Son titre de joueuse la plus utile (MVP) à Guadalajara confirme la place grandissante qu’elle occupe au sein de la sélection canadienne.

Syla prend une nouvelle dimension à Michigan

La même progression se dessine depuis deux saisons dans la ligue universitaire américaine (NCAA). Pour sa deuxième saison avec les Wolverines de l’Université du Michigan, Syla Swords a été nommée dans la première équipe All-Big Ten après avoir figuré dans la deuxième dès sa saison recrue. Elle a tourné à 14,6 points et 2,6 passes par match et terminé meilleure marqueuse à trois points de son équipe avec 68 réussites.

Mais lorsqu’elle revient sur sa saison, ce ne sont pas ses statistiques qu’elle met d’abord en avant.

« J’adore jouer avec l’université du Michigan : les personnes, mes amis, mes coéquipières, mes entraîneurs, explique-t-elle, alors que les changements d’université sont devenus fréquents dans le basketball universitaire. Ici, on a confiance en sachant qu’on est là l’une pour l’autre et qu’on travaille fort. »

Son rôle a surtout changé. Après avoir pu observer des joueuses plus expérimentées durant sa première année, elle a dû assumer davantage de responsabilités. « Cette dernière saison, il n’y avait pas beaucoup de personnes plus âgées. Donc, à mon âge, j’ai dû être une cheffe d’équipe. J’ai trouvé ma voie et ma confiance en moi. »

Sur le terrain, elle estime également avoir progressé dans sa lecture du jeu, en apprenant davantage à réagir à la défense plutôt qu’à décider à l’avance ce qu’elle veut faire. Pour y parvenir, elle raconte avoir passé beaucoup de temps à regarder des vidéos de matchs.

Savannah à son tour en NCAA

À deux ans d’écart, Savannah suit désormais les traces de son aînée. La cadette s’apprête à rejoindre les Wildcats du Kentucky après une dernière saison au secondaire qui n’a pourtant pas ressemblé à celle qu’elle imaginait. Son année a été perturbée par des pépins physiques. Une grave blessure au genou avait notamment écourté sa saison précédente.

« C’était un peu différent de ce que j’aurais voulu pour ma dernière saison au secondaire, reconnaît-elle. Mais c’était amusant. J’aimais jouer avec mes amies et avec les entraîneurs. »

Malgré ce parcours contrarié, Savannah arrive dans le Kentucky avec un statut important. Classée parmi les meilleures joueuses de sa génération, elle a participé au McDonald’s All-American Game 2026.

Elle a déjà passé plusieurs semaines avec sa nouvelle équipe cet été et ne cache pas son impatience. « Je suis tellement impatiente de jouer avec les Wildcats. On a commencé à créer des liens et à travailler ensemble. Je pense qu’avec les entraîneurs et mes coéquipières, on va avoir une très bonne équipe. »

Pour aborder le grand saut vers la NCAA, elle peut compter sur une conseillère particulièrement bien placée. Le principal conseil de Syla? Ne pas oublier pourquoi elle joue.

« Elle me dit surtout d’avoir du plaisir à jouer au basketball, raconte Savannah. Il peut y avoir beaucoup de pression et de stress avec les médias sociaux, mais il faut toujours essayer de garder le plaisir. »

Sœurs avant d’être basketteuses

Car malgré deux vies largement organisées autour du basketball, les Swords tiennent aussi à ne pas réduire leur relation à leur sport. Depuis le départ de Syla pour le Michigan, elles ne s’entraînent plus quotidiennement ensemble. Leurs appels tournent alors autour de leurs autres centres d’intérêt, de leurs amis ou même de Violet, la petite chienne de Syla.

« On a un bon équilibre, résume Savannah. On peut parler de basketball si on en a besoin, mais on est aussi des sœurs et on s’amuse ensemble. »

Cet équilibre pourrait cependant être mis à l’épreuve sur un parquet. Aucun affrontement n’est actuellement programmé entre leurs deux universités, mais l’idée les amuse déjà. « Ce serait tellement cool », lance Savannah.

Et si elles venaient réellement à se retrouver face à face? Est-ce qu’elles se chambreraient sur le terrain? « Oh oui! C’est sûr », répondent-elles en riant.

Le maillot canadien comme point de rencontre

Si leurs chemins pourraient un jour se croiser comme adversaires en NCAA, les deux sœurs ont déjà eu l’occasion de se retrouver sous le même maillot cet été. Savannah a rejoint Syla lors du premier rassemblement estival de l’équipe nationale senior, avant de participer au camp de Victoria, en Colombie-Britannique.

Pour la cadette, cette expérience marque une nouvelle étape. Après avoir été privée de sélection l’été précédent en raison de sa blessure au genou, elle a d’abord retrouvé le maillot canadien avec les U18 en juin, avant de découvrir quelques semaines plus tard l’environnement de l’équipe senior, cette fois aux côtés de sa sœur.

« Ne pas avoir eu la chance de jouer l’été dernier à cause de ma blessure au genou m’a donné un autre niveau d’appréciation de l’honneur que représente le fait de porter le maillot canadien, raconte-t-elle. Le camp lui a également permis d’observer les joueuses seniors dans leur élément, leur façon de travailler et « ce qu’il faut pour être à ce niveau ».

Pour Syla, voir sa sœur se rapprocher à son tour de l’équipe senior s’inscrit dans une période qu’elle juge particulièrement stimulante pour le basketball féminin canadien. « Il y a tellement d’énergie autour du sport féminin et du basketball féminin au Canada. Il y a tellement de jeunes femmes et de jeunes gars qui jouent. C’est très spécial. »

Et pourquoi pas le Tempo?

L’horizon des deux sœurs ne s’arrête évidemment pas à l’équipe nationale. Pour Syla, notamment, la WNBA se rapproche. Et contrairement aux générations canadiennes précédentes, elle peut désormais imaginer une carrière professionnelle avec une équipe évoluant à domicile.

Le Tempo de Toronto ne laisse pas les deux sœurs indifférentes. Syla raconte avoir assisté à un match et avoir surtout été frappée par le public, notamment les petites filles venues encourager les joueuses. « Je suis très excitée d’avoir la chance, si ce n’est pas de jouer avec le maillot du Tempo, de jouer à Toronto pour une autre équipe », confie-t-elle.

Savannah voit surtout ce que l’existence d’une équipe canadienne peut représenter pour celles qui grandissent aujourd’hui avec un ballon entre les mains. « C’est tellement cool d’avoir une équipe au Canada. Les jeunes filles peuvent voir des joueuses qui ont énormément de talent et avoir des modèles à suivre, ici, chez elles. »

Syla dans le Michigan, Savannah désormais à l’Université du Kentucky. Deux ans après son aînée, la cadette marche à son tour dans ses pas, de la NCAA jusqu’aux portes de l’équipe nationale senior. Leurs chemins pourraient bientôt se croiser de plus en plus souvent.

Peut-être un jour en NCAA comme adversaires. Avec le Canada comme coéquipières. Et, qui sait, un jour en WNBA. Pourquoi pas même sous le même maillot à Toronto?

« Un jour, on verra », sourient-elles.