Nomination d’un directeur général anglophone : l’Hôpital Notre-Dame de Hearst défend son choix
HEARST – L’Hôpital Notre-Dame assume son choix et affirme, ce lundi, par voie de communiqué, que l’embauche d’un directeur général anglophone à sa tête ne fragilisera pas son offre de services en français. Cette réaction intervient après que des membres de la communauté francophone de Hearst aient interpellé le conseil d’administration, déplorant un recul linguistique.
Les membres du conseil d’administration de l’Hôpital Notre-Dame ont publié ce lundi un communiqué sur les réseaux sociaux de l’établissement, réaffirmant l’engagement de ce dernier à offrir des services en français. Surtout, l’institution défend sa décision d’embauche d’un directeur général anglophone, précisant qu’il n’a pas, à lui seul, la capacité de fragiliser l’offre des services en français.
« La capacité de l’hôpital à offrir des services en français est une responsabilité organisationnelle permanente qui ne dépend pas de la langue parlée par un seul membre de l’équipe de direction », peut-on lire dans le deuxième paragraphe du communiqué. Pour défendre le processus de sélection controversé auprès de la communauté francophone, l’établissement rappelle qu’il s’est avant tout basé sur un ensemble de compétences en gestion, en leadership, ainsi que l’expérience en administration d’un établissement de santé.
Bien que la maîtrise du français ait été prise en considération dans le cadre des besoins opérationnels globaux, elle n’est pas requise dans les tâches administratives et responsabilités quotidiennes du nouveau directeur général. « N’offrant pas de soins de première ligne, sa nomination ne diminue en rien l’engagement ni l’obligation légale de l’hôpital à fournir des soins en français », communique la direction de l’institution de santé.
Officiellement désigné en vertu de la Loi sur les services en français, l’Hôpital Notre-Dame de Hearst réitère ses engagements légaux et institutionnels. Dans le communiqué, les membres du conseil d’administration informent d’ailleurs que la direction est « respectueusement en désaccord avec l’idée qu’une nomination administrative puisse, à elle seule, fragiliser les fondements francophones de l’hôpital ».
C’est pourtant ce que plusieurs membres de la communauté francophone de Hearst reprochaient à l’institution. Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, avait partagé sur son compte Facebook personnel un texte déplorant cette embauche. « Alors que nous luttons sans relâche pour faire grandir notre voix et renforcer notre accès à des services en français dans chaque aspect de notre vie, voilà que l’un des piliers que nous avions bâtis commence à s’effondrer. Cela est inacceptable! » écrivait-il. La publication avait amassé une centaine de réactions en soutien.
André Rhéaume, ancien agent de développement de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Nord, avait communiqué sa déception à Mélanie Paul, la présidente du conseil d’administration de l’hôpital, dans un échange de lettres obtenu par ONFR. Le 15 juillet dernier, il demandait que le poste de directeur général soit désigné bilingue. La présidente a répondu, affirmant à M. Rhéaume que la maîtrise de la langue de Molière faisait partie du plan de développement du nouveau directeur général qui s’était « formellement engagé à l’apprendre ».