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Objectif automne 2021 pour le milieu culturel franco-ontarien malgré le passage à l’étape 3

Temps de lecture : 4 minutes

Depuis trois jours, les salles de spectacles en Ontario peuvent finalement rouvrir leurs portes au public et aux artistes en Ontario. Mais pour ceux-ci, le passage à l’étape 3 du plan de réouverture n’apporte pas de grands chamboulements aux plans prévus alors qu’on vise un retour avec une programmation plus normale à l’automne.

Au Théâtre français du Centre National des Arts (CNA), cette nouvelle étape est le signe d’une bonne nouvelle en termes de planification à moyen terme.

« Ça ne change rien immédiatement pour nous, mais ce sont de bonnes nouvelles pour nous pour septembre. On va pouvoir planifier sachant qu’on va avoir une capacité de 50 % en sièges dans nos salles. On sait que les gens vont devoir porter un masque, on sait qu’il faudra encore faire des réservations pour faire le traçage. C’est vraiment pour la planification, car si on peut juste accueillir 50, 100 ou 500 personnes, ça fait une grande différence », lance Robert Gagné, directeur administratif au Théâtre français de la CNA.

Le CNA espère un retour de son public à l’automne 2021. Crédit photo : gracieuseté CNA

Toutefois, il n’est pas question de revenir avec un calendrier chargé de nombreux spectacles en personne dès le début de l’automne comme dans les années d’avant la pandémie.

« On y va doucement et tranquillement, car oui il y a des choses qu’on va annoncer, mais on a appris cette année à changer notre façon de communiquer. Normalement, on faisait une annonce en avril pour notre programmation de septembre à juin, mais on ne peut plus la faire, car on n’est pas devin. Donc, on veut juste éviter de fâcher nos acheteurs réguliers et le fait de repousser, ça frustre des gens qui n’en peuvent plus d’attendre », avance de son côté Anne Gutknecht, la directrice artistique du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO).

Pour cette dernière, le MIFO va produire quelques spectacles durant l’été à l’extérieur et dans certaines salles en attendant de pouvoir retourner au Centre des Arts Shenkman avec une plus grande capacité que le 50 % actuellement en vigueur dans l’étape 3.

« Une fois qu’on va être en déconfinement, on va pouvoir ouvrir. Mais avec les règlements qu’on a aujourd’hui, on ne sera pas ouvert. Si on reste comme ça jusqu’en septembre, octobre, novembre et décembre, je peux vous le dire tout de suite, ça ne sera pas ouvert. Si dans quelques semaines, on nous dit qu’on peut passer à 75 % avec une distanciation physique de un mètre, alors on va l’envisager, mais ça change tellement. Je ne peux pas prédire l’avenir aujourd’hui. »

Le public de plus en plus prêt

Affaires/Arts, un organisme national de gens du milieu des affaires a mené différents sondages auprès du grand public dans les derniers mois. Ces sondages révèlent que 28 % des amateurs sont indécis concernant un retour en personne alors qu’ils étaient 34 % en février. Ceux qui ont l’intention de revenir assister en personne à des spectacles artistiques et culturels en salle immédiatement sont passés de 30 à 35 % entre février et aujourd’hui.

Parmi les mesures sanitaires qui facilitent un retour, la vaccination est le plus grand incitatif pour les spectateurs. Alors que 28 % affirmaient en novembre 2020 que le taux de vaccination serait un élément clé dans le retour en salle, le chiffre a bondi à 51 % en juillet.

« Il y a une portion qui veut juste revenir en salle le plus vite possible, mais il y a quand même beaucoup qu’ils veulent être rassurés que toutes les mesures sanitaires soient prises. Beaucoup attendaient que le vaccin soit là pour pouvoir revenir en salle. On s’attend à ce que ça soit un retour graduel, car plusieurs vont vouloir attendre avant de revenir », soutient Robert Gagné.

Au Québec, les salles de théâtre et les concerts ont repris dans certaines régions au mois de mars et dans d’autres en avril. Pourquoi ne pas avoir pris la décision de présenter des spectacles quelques jours après l’assouplissement des mesures comme les salles de Belle Province ont décidé de faire ?

« Il y a une question de timing », concède M. Gagné.

« C’est sûr que si on avait été à cette étape-là au mois d’avril, on aurait ouvert, car on avait beaucoup de spectacles en attente à ce moment-là. On attendait dans bien des cas jusqu’à la dernière minute pour annuler. Si on avait eu cette nouvelle-là d’assouplissements, on aurait pu y aller de l’avant avec les choses qu’on avait annulées. J’ajouterais que le théâtre requiert beaucoup de planification, car ce sont souvent de grosses équipes et la transportation du décor qui sont mobilisées », ajoute-il.

Et les artistes ?

Pour le chanteur Stef Paquette, qui représente aussi les artistes comme président de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), beaucoup de questions restent en suspens, mais certains de ses collègues ne manqueront pas de matériel pour le retour du public, croit-il.

« Je peux imaginer les artistes qui étaient en préparation d’album avant la COVID-19 ont dû le repousser avec la pandémie alors, je me demande combien il y a d’artistes qui ont des albums à lancer. Je suis curieux, mais ça me fait un peu peur aussi. Est-ce qu’il va y avoir une inondation d’albums ? Plusieurs vont surement en lancer prochainement alors que d’autres n’ont pas voulu attendre plus longtemps, mais plusieurs ont produit beaucoup de matériels pendant les 16 derniers mois. »

L’artiste Stef Paquette. Archives ONFR+

Ce dernier admet que certains sont déjà rentrés dans le bain notamment grâce au Québec qui a commencé à ouvrir le milieu culturel au mois de mars dans certaines régions.

« C’était très difficile de garder espoir quand on voyait ce qui passait du côté du Québec avec les salles qui ouvraient et de voir mes chums au Québec qui retournent faire des spectacles, je me disais “ça doit être le fun”. En même temps, personnellement, je n’ai pas à me plaindre, car j’ai été très occupé officiellement. »

Pour le chanteur de Sudbury, il ne s’inquiète pas du fait que les salles ne rouvrent pas tout de suite. L’absence de festivals en personne et le fait que l’étape 3 du déconfinement survienne en plein été en fait un mauvais mélange.

« Je sais que les gens sont excités avec la phase 3, de croire que tout va revenir à la normale, on rêve en couleur. Il y a encore plein de questions sans réponses pour septembre, mais on y espère fort. »

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