« On travaille pour que les francophones soient visibles » : Toronto marque la Journée des nouveaux arrivants
TORONTO– Chaque année, la Ville Reine réunit de nombreux organismes et établissements lors d’une journée d’information pour les personnes nouvellement établies au pays. Cette année, la Journée des nouveaux arrivants met l’accent sur la nécessité d’offrir des moyens supplémentaires afin de favoriser la rétention des immigrants francophones.
Fraîchement arrivé du Cameroun il y a deux mois, Loïc Mambo avait initialement prévu de séjourner temporairement à Toronto avant de poursuivre son chemin vers Ottawa. Il a toutefois fini par s’attacher à sa ville d’accueil : « Après avoir visité quelques villes canadiennes, c’est décidé : je reste à Toronto. »
Accompagné depuis son pays d’origine par le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), puis accueilli à leur kiosque d’accueil des nouveaux arrivants à l’Aéroport international Pearson, il est toujours suivi par l’organisme dans sa recherche d’emploi en tant que juriste.

« J’ai été bluffé par ce que le Canada met à disposition des personnes immigrantes », avance M. Mambo, satisfait de son accompagnement avec le CFGT.
« La recherche d’emploi est un peu fastidieuse, mais je comprends que cela fait partie des enjeux lorsqu’on s’installe dans un nouveau milieu », ajoute-t-il, affirmant également avoir rencontré quelques difficultés à trouver une communauté francophone.
Une meilleure centralisation des organismes francophones
« Il faut dire que depuis les quatre ou cinq dernières années, les francophones sont bien représentés à la Journée des nouveaux arrivants. Avant ça, nous étions noyés au milieu des stands anglophones », se rappelle Jean-Claude N’da, qui coordonne trois comités locaux en immigration francophone (CLIF) : Toronto, Peel, Simcoe. « Désormais, nous avons tout un quartier francophone puis la collaboration entre le RIFSCO et le Bureau des nouveaux arrivants donne de la visibilité aux participants », se réjouit-il.
Bien au fait des réalités des nouveaux arrivants, l’agent de projet s’assure de coordonner au mieux ce quartier. « Il faut dire que l’étendue de Toronto fait qu’il n’est pas évident de s’y retrouver lorsqu’on vient d’arriver », dit-il.

Selon lui, les ressources demeurent toutefois limitées au sein des organisations, ce qui constitue un enjeu.
« Nos organes francophones connaissent souvent des roulements de personnel, ce qui fragilise les acquis en matière de renforcement des capacités. De plus, les salaires ne sont souvent pas à la hauteur du travail fourni, ce qui rend la situation d’autant plus difficile. »
En appui aux organisations, la Ville affirme que « Le Bureau des nouveaux arrivants de Toronto travaille en étroite collaboration avec les organismes francophones qui desservent les nouveaux arrivants francophones afin de mieux comprendre les défis auxquels fait face le secteur de l’établissement francophone », rapporte Imane Boussaid, porte-parole de la ville.
À la suite d’une recommandation du Comité consultatif des affaires francophones de la Ville de Toronto, une présentation est prévue le 18 juin afin de fournir davantage d’informations sur les services municipaux existants offerts aux Torontois francophones.
« Nous avons mené une étude à Toronto et nous avons découvert que le temps d’accompagnement d’un nouvel arrivant francophone est plus long que celui d’un anglophone. Si le temps d’accompagnement est plus long, cela demande davantage de ressources, de temps et de disponibilité », martèle Jean-Claude N’da.
M. N’da estime qu’avec les cibles fédérales d’immigration francophones fixées à 9,5 % d’ici 2027 et 10,5 % d’ici 2028, le travail doit être mené de façon concertée, notamment dans un contexte de coupes budgétaires où les organismes doivent constamment s’adapter.