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« On veut mettre en valeur la passion des gens de l’Est » dit le directeur du Festival de la Curd

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Michel-Olivier Matte est le directeur général du groupe Simoncic et du Festival de la Curd qui a lieu chaque été à St-Albert, à la mi-août, drainant des dizaines de milliers de visiteurs.

LE CONTEXTE :

Cette année, l’organisation a été contrainte d’abandonner les concerts en raison de la pandémie, pour se concentrer sur la deuxième édition de son exposition Oh La Vache !

L’ENJEU :

En l’absence de grands rassemblements de masse, le festival explore de nouvelles voies pour maintenir la vitalité culturelle, artistique et agricole de l’Est ontarien.

« En quoi consiste le projet Oh la Vache ! ?

C’est la deuxième édition puisque l’année dernière on avait déjà installé 20 vaches décorées par des artistes visuels d’un peu partout dans la région, d’Embrun à Casselman. Ça a été un gros succès pour les artistes, le public et les agriculteurs chez qui les œuvres ont été installées. Avec ce deuxième volet, on va agrandir le troupeau d’une dizaine de vaches en ajoutant un peu plus d’interactivité entre les artistes et le public, à travers deux portes ouvertes le 17 juillet et le 1er août. On incite les festivaliers à faire la tournée des 20 vaches existantes et à en profiter pour voir des artistes créer des vaches qui feront partie de la prochaine cohorte qui sera dévoilée à la fin du mois d’août.

Pourquoi réunir le monde agricole et artistique ?

L’industrie laitière dans l’Est, et particulièrement à St-Albert, est l’une des plus grandes de la province. Il y a beaucoup de laitiers ou de gens qui travaillent autour comme des vétérinaires, des électriciens, des travailleurs dans les champs… On veut mettre en valeur cette passion des gens de l’Est grâce à l’animal emblématique de l’industrie : la vache. En sollicitant les artistes locaux, on a réussi à créer un engouement marqué.

Ce projet, qui ressemble fortement à l’exposition mondiale Cowparade, est-il vraiment novateur ?

L’idée de repeindre des sculptures d’animaux est répandue. On pourrait aussi prendre l’exemple de Toronto avec les orignaux. Pour nous, ce qui compte, c’est de mettre en valeur la région et ce qui est identitaire de ça, c’est la vache. Ça allait de soi.

La vache « Courage », visible à la Fromagerie St-Albert. Gracieuseté Groupe Simoncic

L’annulation des concerts, et donc du volet le plus populaire du Festival de la Curd, a-t-elle était un choix douloureux ?

Oui, tout à fait car cela augmentait l’offre touristique dans la région. Des gens d’Ottawa et Montréal venaient dans la région et essayaient les produits du terroir. D’un autre côté, ça créait énormément de pression sur la fromagerie de St-Albert : il y avait beaucoup de retombées, mais on dépassait par moments la capacité de service. En passant d’un festival majoritairement musical à une activité qui met en valeur les arts visuels, on a espoir finalement que les retombées économiques seront les mêmes, mais un peu plus étalées pendant l’été.

Pourquoi ne pas proposer des concerts en ligne, comme le font beaucoup d’autres festivals ?

Pour être franc, on y a pensé, mais on a douté de l’intérêt de notre clientèle pour ce genre de spectacle virtuel. Ça peut fonctionner dans un milieu urbain, mais au niveau rural, on s’est dit que ça répondrait moins au besoin. C’est pourquoi on s’est tourné vers une exposition qui reste sécuritaire au niveau des consignes sanitaires actuelles. Plus tard, si les consignes nous le permettent, on aimerait rassembler toutes les vaches sur un même lieu durant une journée ou un week-end, soit 30 vaches au total.

Vous avez par ailleurs reporté le Festival franco-ontarien d’Ottawa, dont vous êtes aussi l’organisateur, de juin au 25 septembre prochain. Êtes-vous confiant que l’événement aura bien lieu à cette date ?

On est très confiant. La vaccination et le déconfinement se passent très bien Ontario. Ce qui reste le grand mystère, c’est ce qui se passera après la 3e phase. Les lignes directrices pour les organisateurs d’événement ne sont pas toujours très claires. Ça demande un peu de gymnastique pour appliquer les règles. Ceci dit, on a bon espoir qu’au 25 septembre, on sera sorti du confinement et revenu à une formule proche d’un festival prépandémie.

Souhaiteriez-vous faire du 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens, une date définitive pour ce festival ?

Conserver cette date à long terme est notre intention. L’idée de déménager à cette date était déjà dans nos réflexions depuis quelque temps. La pandémie a juste forcé le destin. Quand le festival est né il y a plus de 40 ans, la Journée des Franco-Ontariens n’existait pas. Il n’y avait que la Saint-Jean-Baptiste et le festival autour du 24 juin était une évidence. Mais aujourd’hui, pour accrocher le public scolaire, septembre est un bien meilleur moment. »

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