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Ottawa-Vanier et Orléans, des élections partielles à surveiller

Temps de lecture : 2 minutes

[ANALYSE]

Un parfum électoral s’empare de l’Ontario. Ce jeudi, deux élections partielles se tiendront simultanément. L’une dans le château fort libéral d’Ottawa-Vanier pour remplacer Nathalie Des Rosiers, l’autre dans la circonscription voisine d’Orléans pour trouver le successeur de Marie-France Lalonde.

C’est la première fois que des élections partielles se déroulent depuis l’arrivée de Doug Ford au pouvoir il y a 20 mois.

Dans ces conditions, les deux scrutins doivent être observés à la loupe, tant ils représentent un test pour le gouvernement progressiste-conservateur. Jusqu’à maintenant, la popularité de l’équipe Ford était estimée seulement à l’aune de différents sondages.

Plus qu’un témoignage de la popularité d’un parti, les résultats d’une élection partielle peuvent être synonymes d’un sérieux avertissement, voire même annonciateurs de lendemains brumeux ou très ensoleillés.

En 2016, le conservateur Raymond Cho avait réussi à percer « la couronne » torontoise en s’emparant de la circonscription de Scarborough-Rouge River acquise aux libéraux depuis 1999. Quelques mois plus tard, son collègue Ross Romano permettait aux conservateurs de revenir au pouvoir à Sault-Sainte-Marie pour la première fois… en plus de 30 ans. Deux exemples qui prophétisaient la défaite cuisante du gouvernement libéral de Kathleen Wynne aux élections de juin 2018.

Annonciateurs, les résultats d’une élection partielle peuvent aussi s’avérer destructeurs. En 2009, l’incapacité John Tory à se faire élire dans la circonscription rurale d’Haliburton-Kawartha Lakes-Brock sonnait le glas de son éphémère carrière de chef du Parti progressiste-conservateur à Queen’s Park.

Lucille Collard ultra favorite dans Ottawa-Vanier mais…

À Ottawa-Vanier ce jeudi, les libéraux emmenés par la candidate Lucille Collard partiront ultra favoris de cette circonscription qu’ils administrent depuis 1971. Sur ce territoire très multiculturel, où résident beaucoup de fonctionnaires et d’étudiants, les conservateurs n’ont jamais bien réussi.

Il sera intéressant de surveiller la candidate néo-démocrate Myriam Djilane. Lors des deux élections précédentes, le parti orange avait pour la première fois approché la barre des 30 % dans cette circonscription.

Consciente d’une avancée possible, la chef du NPD Andrea Horwath a mis le paquet en venant plusieurs fois dans la région d’Ottawa, au cours des dernières semaines. Une différence nette avec la campagne de 2018 où elle n’était venue qu’une fois.

À Orléans, une lutte à priori plus serrée

Du côté d’Orléans, la lutte devrait être en revanche beaucoup plus serrée. Au fédéral comme au provincial, ses résidents ont l’habitude de choisir un député de la couleur du parti qui formera le gouvernement. Seule exception : le scrutin provincial de 2018 où la députée sortante libérale Marie-France Lalonde l’avait emporté sur le fil face au conservateur Cameron Montgomery.

C’est justement la conjointe de ce dernier, Natalie Montgomery, qui sera cette fois opposée au libéral Stephen Blais et à la néo-démocrate Manon Parrot.

Avantage pour la candidate conservatrice : son adversaire principal Stephen Blais ne bénéficie pas du capital sympathie que Mme Lalonde avait tissé en cinq ans à Queen’s Park.

Mais dans ce territoire composé d’environ 30 % de francophones, et d’un grand nombre de fonctionnaires, Mme Montgomery doit défendre le bilan contesté du gouvernement Ford sur les services publics.

Un succès du Parti progressiste-conservateur dans Orléans donnerait en partie raison aux discours anti-élite du premier ministre ontarien, et au slogan « For the People » à la défense des citoyens soi-disant oubliés. À l’inverse, une large défaite des troupes de Doug Ford à Orléans ferait figure d’un sérieux avertissement à deux ans des prochaines élections.

Cette analyse est aussi publiée dans le quotidien Le Droit du 24 février. 

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