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Pas d’argent pour la promotion du bilinguisme officiel, dit Watson

Le maire d'Ottawa Jim Watson, interrogé par TFO et Le Droit, mardi matin. Crédit image: Sébastien Pierroz

OTTAWA – Simple et rapide. La pluie battante a obligé la traditionnelle cérémonie de la levée de drapeau pour la Journée des Franco-Ontariens à se tenir à l’intérieur de l’édifice municipal. Devant les médias, le maire Jim Watson a assuré que la Ville n’avait pas assez d’argent pour faire la promotion du bilinguisme officiel.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«Nous n’avons pas beaucoup de budget pour la publicité, car on a coupé le budget de la publicité. La grande moitié de la population sait que la ville est bilingue, et nous avons l’information des services en français sur notre site web», a fait part le premier magistrat, lors d’une mêlée de presse peu après la cérémonie avec #ONfr et Le Droit.

Aucun communiqué de presse mentionnant le nouveau statut officiellement bilingue d’Ottawa n’avait succédé à cette désignation de la Ville par la province, le 14 décembre 2017 (Loi 177).

Lors du Rendez-vous francophone du maire en mars dernier, le maire d’Ottawa n’avait pas non plus fait référence au bilinguisme officiel dans son discours.

«Pour les francophones, on fait la même chose que l’on fait pour les anglophones et allophones», insiste Jim Watson, actuellement en campagne pour être réélu pour une troisième fois à la tête de la municipalité.

«La communauté francophone a des intérêts non seulement pour les langues, mais aussi pour les impôts, l’environnement, le logement abordable, le transport en commun, et le train léger. Quand je fais du porte à porte, il apparait que les francophones ont des préoccupations sur la langue, mais aussi d’autres sujets.»

Le drapeau franco-ontarien déployé dans l’édifice municipal. Crédit image: Sébastien Pierroz

M. Watson est tout de même d’avis qu’il est nécessaire «d’améliorer les services en français». Le premier magistrat cite l’exemple de la participation de la Ville dans la création de la Maison de la francophonie dont l’ouverture se fera dans quelques mois dans l’Ouest d’Ottawa.

L’actuelle maire veut continuer la création de programmes de loisirs francophones. M. Watson estime que ceux-ci ont augmenté de 34 % pendant ses deux mandats.

 

Mieux reconnaître le bilinguisme, estime l’ACFO Ottawa

Invitée à réagir sur les déclarations de M. Watson quant au manque d’argent pour la promotion, la présidente de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO Ottawa), Soukaina Boutiyeb aimerait voir mieux.

«Un budget, on peut toujours le réajuster dépendamment des priorités. Est-ce que la priorité des francophones n’est pas encore là dans la Ville? C’est un point d’interrogation que je me pose. Outre la publicité, ça peut être la reconnaissance publique dans les discours officieux ou officiels du maire. Le reconnaître à chaque fois ne coûte pas d’argent. Il y a un travail pour mieux faire.»

La présidente de l’ACFO Ottawa, Soukaina Boutiyeb, lors de son allocution, mardi matin. Crédit image: Sébastien Pierroz

Quelques minutes auparavant, Mme Boutiyeb avait pris la parole devant la cinquantaine d’invités présents à l’hôtel de ville d’Ottawa. «Si la communauté se donne la mission d’une cause comme le bilinguisme officiel de la province, elle pourra compter sur l’ACFO Ottawa à ses côtés», avait-elle notamment déclaré.

 

Plus rapide que les autres années

Résident de Kanata dans l’Ouest d’Ottawa, Jean-Louis Schryburt est un visage familier des célébrations franco-ontariennes. Présent encore mardi, ce retraité a apprécié l’événement couci-couça. «L’an passé à cause de la température, c’était beaucoup de jeunes, beaucoup d’écoles, c’était plus motivant. Avec la tragédie de la tornade cette année, il était normal cependant que ce soit plus simple.»

En tout et pour tout, la cérémonie n’a duré cette année qu’une demi-heure. C’est moins que lors des éditions précédentes.

Concernant le maire, M. Schryburt se montre aussi mesuré. «Jim Watson dit toujours les bonnes choses, des choses intéressantes. Je ne suis pas insatisfait de son discours, même je ne suis pas surpris. À certaines occasions, il est bon pour les francophones, mais par exemple je reste déçu du déménagement de l’Armée du Salut vers Vanier ou encore le manque d’activitiés en français dans le marché By.»

À noter qu’aux côtés de Jim Watson se trouvaient une poignée de conseillers municipaux. Parmi eux: les francophones Mathieu Fleury (Rideau-Vanier), Jean Cloutier (Alta Vista), les francophiles David Chernushenko (Capital) et Stephen Blais (Cumberland) ainsi que l’élu anglophone Tim Tierney (Beacon Hill-Cyrville).

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.