Prédictions : ces spectacles qu’on devrait voir prochainement en Ontario

OTTAWA – Après avoir passé quatre jours à regarder les vitrines et différentes présentations artistiques de Contact ontarois, en plus de parler avec les participants et d’animer les vitrines jeunesse, présentées par TFO, ONFR sort sa boule de cristal afin de pointer quelques artistes qui risquent de faire parler d’eux durant l’année à venir et la saison artistique 2024-2025.
Rappelons d’abord que Stéphane Guertin, Alex Tétreault, Beau Nectar, Sugar Crush et Moonfruits sont déjà ressortis du lot en se partageant les prix remis lors du gala de clôture. Les indicateurs sont donc au vert pour eux, mais ils ne sont pas les seuls. Voici quelques prédictions.
Maten
Contact ontarois a fait plus de place aux artistes autochtones cette année, ce qui a été souligné par Samuel Pinette du groupe Maten. Le musicien s’est réjoui d’être en vitrine aux côtés de Pako et Shauit. La foule s’est spontanément levée pour danser avec ceux qui font carrière depuis 25 ans, mais qui sont encore méconnus chez les allochtones. Cela pourrait changer si les diffuseurs présents décident d’ajouter Maten à leur programmation.

Au lendemain de sa vitrine, le trio qui chante en innu-aïmun et en français montait sur la scène du Centre national des arts. « Quand vous nous donnez la chance de chanter dans vos salles, ça nous aide à guérir », a indiqué le chanteur originaire de Mani-utenam, sur la Côte-Nord québécoise.
Mélissa Bédard
Lorsque l’animatrice de la soirée, Anne Gutknecht, a prononcé le nom de Mélissa Bédard, on a pu entendre quelques exclamations dans la salle. C’est qu’il peut être surprenant de voir une artiste déjà très populaire se présenter dans un événement de vitrines comme Contact ontarois. Mais celle qu’on a connue à Star Académie 2012 est surtout active au Québec et souhaite développer un nouveau marché.

Elle a indiqué vouloir aller chercher chaque Franco-Ontarien un par un, ce qui a manifestement déjà fonctionné pour les gens dans la salle, qui lui ont offert une ovation debout après deux chansons. Mélissa Bédard, toujours juste et puissante, s’avère aussi drôle et attachante, en plus d’offrir un produit accessible à un large public. Si elle veut faire une tournée en Ontario, nul doute que la province l’accueillera à bras ouverts.
Alexis Normand
En 2023, elle a été porte-parole des Rendez-vous de la francophonie et a parcouru le pays avec son documentaire Assez French, en plus de lancer son album Mementos en septembre. Elle fait partie des 10 personnalités influentes de la francophonie canadienne selon le dernier palmarès Francopresse.

Ces textes justes et sa quête identitaire rejoindront facilement le cœur de nombreux francophones en milieu minoritaire, elle qui avoue s’être souvent demandé si elle était « assez francophone », puisque la langue parlée à la maison était majoritairement l’anglais. Un moment touchant de sa vitrine fut lorsqu’elle a fait résonner la voix de sa mère, extraite de son documentaire, avant d’entamer une chanson pour elle. Alexis Normand l’assume aujourd’hui : « Je suis francophone, au complet. »
Sympa César
Pieds nus sur scène, le drapeau franco-albertain en guise de cape et le (vrai) nom fait sur mesure pour devenir une vedette reggae, Sympa César a déjà remporté plusieurs prix dans sa province d’origine. Il doit son passage à Contact ontarois au prix Alliance gagné lors de Contact Ouest, événement équivalent du Réseau des grands espaces. Si Réseau Ontario l’avait alors remarqué, nul doute que les diffuseurs ont fait de même lors de sa vitrine, vendredi dernier. Celui qui réside maintenant à Montréal pourrait donc revenir en Ontario lors de la saison 2024-2025.

« Être francophone en Alberta, ce n’est pas toujours facile. On a toute une belle francophonie chez nous. On persiste. C’est les montagnes, la beauté du paysage, et un français qui est à nous, qui nous appartient », a souligné Sympa César au micro d’ONFR.
Michel Lalonde
Le vétéran de la scène franco-canadienne présente De Glen à Garolou, une rétrospective de près de 60 ans de carrière. Mais même ceux qui ne sont pas nostalgiques pourront apprécier le spectacle. La vitrine de Michel Lalonde était bien pensée, mise en scène, sa biographie musicale racontée au public suspendu à ses lèvres.

Ce qui frappe le plus, c’est le sourire sincère, le bonheur flagrant et contagieux de chanter. Qu’on l’ait suivi dans les dernières décennies ou qu’on le découvre maintenant, Michel Lalonde est encore une valeur sûre.
Là-bas, par L’Aubergine
La troupe de la ville de Québec, L’Aubergine, présente un trio de clowns franchement sympathiques. Inséparables, ils vivront de nombreuses péripéties dans ce voyage où l’amitié se taille une place au premier plan. Le rire sincère des enfants présents lors des vitrines jeunesse élémentaires ne ment pas. Là-bas est le genre de spectacle qui pourrait bénéficier d’une collaboration entre un diffuseur scolaire et un diffuseur pluridisciplinaire, pour rejoindre les familles de différentes communautés franco-ontariennes.

« C’est un spectacle qui n’a presque pas de paroles. C’est vraiment plus dans le mouvement. Et on est des clowns, donc on est un peu cabotins », a résumé à ONFR Amélie Gadbois, qui joue aux côtés de Miguel Fontaine et Jocelyn Paré.
Lionel Groove
DJ Horg et le rappeur Sam Faye, amis depuis longtemps, se sont unis en 2022 pour créer le projet Lionel Groove. Ils exploitent des sons dansants, entre le groove, le disco, le funk et le rap. Les jeunes présents lors des vitrines jeunesse secondaires se sont spontanément levés pour danser, se bousculant même un peu pour atteindre le bord de la scène et espérer serrer la main de Sam Faye durant la performance.

À noter qu’un autre DJ, le jeune SMPTY, a aussi suscité de grandes réactions, notamment avec sa reprise de la chanson Mon beau drapeau de Brian St-Pierre. Il devra par contre se mettre à l’œuvre pour offrir d’autres extraits officiels, mais on le garde dans notre mire.