Culture

P’tit Belliveau, Ponteix et Soleil Launière à La Nuit émergente de Sudbury

P'tit Belliveau, alias Jonah Richard Guimond, en spectacle au Congrès mondial acadien, en août 2024. Photo: Rachel Crustin / ONFR

SUDBURY – La Slague a dévoilé l’alignement final de sa 11e Nuit émergente, qui se tiendra les 16 et 17 mai à la Place des arts du Grand Sudbury (PDA). Deux artistes masculins particulièrement en vogue sur la scène franco-canadienne tiendront la vedette : l’Acadien P’tit Belliveau et le Fransaskois Ponteix.

« La Nuit émergente, c’est un vrai plaisir pour l’équipe. C’est notre programmation la plus éclatée », raconte Joëlle Villeneuve, gestionnaire de La Slague, en entrevue avec ONFR.

Les deux têtes d’affiche les plus connues, le Fransaskois Ponteix et l’Acadien P’tit Belliveau, sont de tous les festivals franco-canadiens ces temps-ci.

À l’instar d’autres artistes invités, Ponteix performera plus d’une fois, permettant au spectateur de déambuler dans plusieurs espaces de la Place des arts pour découvrir différentes facettes des artistes.

Sorti en février, son album Le Canadien errant aborde le sentiment à la fois de familiarité et de déracinement que ce natif de St. Denis, bourg francophone de la Saskatchewan, a ressenti à son arrivée au Québec.

Ponteix, alias Mario Lepage, en vitrine à Contact ontarois, en janvier 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Il avait abordé le sujet avec ONFR dans un épisode de Micro & boussole en Saskatchewan : « Avant de déménager là, je m’attendais à arriver un peu à la maison, de pouvoir vivre en français… et finalement, il y a plein de similitudes, mais aussi plein de différences. »

Pour sa part, P’tit Belliveau offrira un concert complet. Le Néo-Écossais se démarque en chantant en acadjonne, le dialecte francophone de la Baie Sainte-Marie. Véritable vedette dans les maritimes, il est de plus en plus connu dans le reste du Canada. En août dernier, lors du Congrès mondial acadien, il a reçu le prix Acadie-Québec des mains du ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge.

La gagnante des Francouvertes 2024, Soleil Launière, sera également parmi les têtes d’affiche de l’événement. L’artiste innue originaire de Mashteuiatsh (dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, au Québec) s’est fait connaître des diffuseurs franco-ontariens entre autres grâce à une vitrine à Contact ontarois, en janvier dernier. Sa performance particulièrement incarnée colle parfaitement au concept de la Nuit émergente, qui veut faire voyager entre différentes ambiances.

Soleil Launière en vitrine à Contact ontarois, en janvier 2025. Photo : Catherine Archambault

Un autre artiste à posséder son univers bien à lui est le Sudburois McLean. Il présentera Picaroon en entier, un spectacle « multidisciplinaire aux allures d’un opéra rock ». Le spectateur entrera dans l’intériorité du personnage de Picaroon au moyen d’éclairages et de projections éclectiques. L’artiste accompli cumule neuf nominations au prochain gala Trille or.

Dans l’idée de mélanger les genres, le duo Kora Flamenca est aussi tout indiqué pour séduire les programmateurs et spectateurs de la Nuit émergente. Zal Sissokho apporte la musique mandingue et Caroline Planté y mêle son flamenco. Ce mariage musical inusité a valu à Kora Flamenca des prix au gala de l’ADISQ et aux Prix de la musique folk canadienne.

Un autre Sudburois, Olivier Palkovits, vient compléter la programmation de la 11e Nuit émergente. Celui que certains connaissent comme Will Powers présente maintenant son projet Green Jaguars. Le communiqué de La Slague précise que le visiteur entrera dans « un univers d’immersion sonore, d’improvisations électroniques et d’explorations faites de microrythmes, de microharmonies et de microtons. » Olivier Palkovits a bénéficié d’une résidence artistique de La Slague l’an dernier.

Vivre dans la bête

La Nuit émergente a l’habitude d’exploiter le concept de la bête ou du monstre dans son esthétique, pour démontrer sa singularité. Cette fois, la Place des arts du Grand Sudbury devient la bête et les spectateurs sont invités à y entrer.

« Après trois ans dans la PDA, on connaît notre chez-nous, notre bête. C’est vraiment le temps de l’exploiter à plein, de l’habiller, de la réimaginer. Les gens peuvent s’attendre à une PDA comme ils ne l’ont jamais vue, » promet Joëlle Villeneuve.

La Nuit émergente aime créer des ambiances uniques pour les spectateurs. Un exemple de 2024 avec le directeur général et culturel du Carrefour francophone de Sudbury, Stéphane Gauthier. Photo : Gracieuseté de La Slague

C’est ainsi que les différents espaces seront transformés en antre, mais aussi en cœur, ventre et tête de la bête. Les ambiances varieront aussi. La boîte noire deviendra une discothèque, le bistro sera le lounge, la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) accueillera des spectacles et la rue adjacente à la PDA deviendra un restaurant extérieur mené par Nicolas Mongeon (WeHideous) et Jazmin Hacket (Beaumonde dining) vendredi soir.

« C’est vraiment important pour nous (…) de montrer ce qui est possible avec les choses qui viennent d’ici. Ce n’est pas juste de mettre en visibilité les artistes d’ici, mais aussi tout ce qui nourrit le bercail de culture dans le Nord de l’Ontario », explique Joëlle Villeneuve.

Le samedi, pendant que les parents assisteront aux concerts, les enfants pourront se réunir à la Nuit des tout-petits, un service de garde exceptionnel offert par la garderie de la PDA, également gérée par le Carrefour francophone. Les jeunes auront droit à une soirée cinéma et à divers ateliers d’éveil musical et langagier.

Certains jeunes sudburois avaient aussi apprécié le spectacle de Mehdi Cayenne en 2024. Photo : Gracieuseté de La Slague

Joëlle Villeneuve souligne l’originalité du concept de la Nuit émergente. « Le but, c’est que vous rentriez chez nous, à la Place des arts, dans le cœur de la bête. Nous, on s’occupe de vous de A à Z. On s’occupe de vos papilles gustatives, on s’occupe de vos enfants et on s’assure de programmer une soirée qui peut vous divertir jusqu’à 1 h du matin. »

25% de femmes

Parmi les artistes nommés dans la programmation musicale, on retrouve une seule femme en solo et une autre en duo (Kora Flamenca). Joëlle Villeneuve explique que l’équipe a programmé les projets qui lui ont été présentés et qui cadraient le plus avec l’esprit de la Nuit émergente.

« Comme femme moi-même, et comme centre de culture qui mise tout le temps sur l’inclusivité et la diversité, c’est définitivement quelque chose à quoi on songe tout le temps. Cette année, c’est juste comme ça que c’est arrivé. »

La gestionnaire nomme la présence paritaire de femmes dans d’autres projets de La Slague, comme les résidences artistiques. Également, elle souligne que la programmation de La Nuit émergente représente une autre variété importante.

« On a des artistes autochtones, fransaskois, acadiens, franco-ontariens et québécois. Ça reflète vraiment la francophonie canadienne et c’est une manière pour le public de faire des découvertes. »

La 11e Nuit émergente aura lieu du 16 au 17 mai à la PDA. L’horaire détaillé sera dévoilé juste avant l’événement.