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Qui succédera à Guy Lauzon dans Stormont-Dundas-South Glengarry ?

Temps de lecture : 5 minutes

Stormont-Dundas-South Glengarry aura un nouveau député, le 21 octobre prochain. Le candidat conservateur Éric Duncan espère suivre les traces de son prédécesseur, Guy Lauzon.

LE CONTEXTE

C’est une page qui se tourne dans Stormont-Dundas-South-Glengarry, dans l’Est ontarien. Député de cette circonscription rurale qui comprend également Cornwall le conservateur Guy Lauzon a décidé de prendre sa retraite politique après 15 années à siéger à la Chambre des communes.

Pour lui succéder, le Parti conservateur du Canada (PCC) fait confiance à une figure politique bien connue de la région. À 31 ans, Eric Duncan présente déjà une impressionnante feuille de route. À 18 ans, il avait a été l’un des plus jeunes élus de l’histoire du Canada à titre de conseiller municipal à North Dundas. Quatre ans plus tard, en 2010, il a même remporté la mairie avec 72 % des voix. Puis en 2014, il est devenu le plus jeune membre des comtés unis de Stormont-Dundas et Glengarry depuis sa fondation, 168 ans auparavant.

Mais la partie ne s’annonce pas si facile pour le maire de Norh Dundas. En 2015, la victoire de M. Lauzon face à la candidate libérale Bernadette Clément avait été bien moins facile qu’aux scrutins précédents.

Source: Élections Canada

Cette année, c’est l’enseignante à la retraite et ancienne vice-présidente du Conseil scolaire du district du Haut-Canada à la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), Heather Megill qui représentera le Parti libéral du Canada (PLC).

« Nous avons besoin de plus pour la région ! M. Lauzon a été député sous un gouvernement conservateur et ça ne nous a pas apporté grand-chose. Il faut de nouvelles personnes avec une nouvelle vision  », explique celle qui fut candidate pour les libéraux ontariens en 2018 et qui dit appartenir à l’aile gauche du PLC.

Cette nouvelle vision, Kelsey Catherine Schmitz, du Nouveau Parti démocratique (NPD), pense aussi pouvoir l’incarner.

« La région a été oubliée ! Au porte-à-porte, les gens me disent qu’ils ne sont pas contents avec les grands partis. Ils sont indécis. C’est temps d’essayer quelque chose de différent. »

Mais cette enseignante n’est pas la seule à offrir une alternative aux électeurs. C’est aussi le cas du candidat du Parti vert du Canada, Raheem Aman, nommé tardivement, et de Sabile Trimm, du Parti populaire du Canada (PPC), qui s’était présentée aux élections provinciales de 2018 sous la bannière libertarienne.

« J’avais beaucoup de frustration et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me lancer. J’ai de l’expérience à apporter et une manière de penser différente de quelqu’un qui a toujours été en politique », explique Mme Trimm, qui se revendique de la sensibilité de l’ancien chef du NPD, Jack Layton et de la politique de Maxime Bernier.

ENJEUX

La candidate libérale, Heather Megill, reprend à son compte un refrain bien connu dans les troupes libérales. Celui de renvoyer dos à dos le premier ministre progressiste-conservateur de l’Ontario Doug Ford et le chef du PCC, Andrew Scheer.

« Le Parti libéral se soucie des gens et pas seulement des riches et de l’industrie », lance-t-elle.

La priorité numéro un de Mme Megill sera de rendre plus sécuritaire la route 138 en y ajoutant une voie. Mais elle cite également l’accès aux médicaments et aux soins de santé et l’environnement dans une région possédant plusieurs cours d’eau importants qu’elle souhaite protéger.

« Nous devons travailler avec la municipalité, la province, les Premières Nations et tous les partenaires pour développer le bord du fleuve Saint-Laurent et nous assurer d’offrir des logements abordables. »

De gauche à droite, Raheem Aman, Kelsey Catherine Schmitz, Eric Duncan, Heather Megill et Sabile Trimm. Montage ONFR+

Rendre la vie plus abordable, c’est aussi un thème cher à Kelsey Catherine Schmitz. Pour y parvenir, elle veut favoriser le logement abordable, le développement de bons emplois et l’accès aux services de santé et s’attaquer à la dette étudiante.

« On doit prendre soin des gens qui ont besoin ! », dit-elle.

Mme Trimm, qui se présente comme une agricultrice et une scientifique en pharmacologie, veut pour sa part faire de la gestion de l’offre un enjeu.

« Ce système coûte trop cher et étrangle les agriculteurs qui sont obligés de vendre leurs fermes », dit-elle.

Même si la circonscription comprend une grande partie rurale et agricole, elle assure avoir beaucoup de soutien.

« On dit les vraies choses, même si ce n’est pas populaire. C’est de notre argent dont il est question ! Et même si beaucoup de gens ont peur de s’afficher, beaucoup soutiennent Maxime Bernier. »

Selon la candidate du PPC, il est également urgent de faire du développement économique une priorité pour voir baisser le taux de chômage. Et pour y parvenir, Mme Trimm veut se battre contre toutes les barrières qui nuisent au commerce interprovincial.

La francophonie vue par les candidats

Si Mme Schmitz parle le français et Mme Trimm également un peu, parmi les candidats qui ont accepté les demandes d’entrevue d’ONFR+, Mme Megill avoue avoir encore des progrès à faire.

« Quand j’ai pris ma retraite de l’enseignement, le premier rêve que j’ai fait, c’est que j’étais bilingue. Je suis des cours en immersion à Montréal et une fois députée, je  vais continuer. Je sais que c’est important pour les francophones de se sentir représentés et c’est dans mes priorités d’apprendre le français. »

Ancienne élève de l’École élémentaire catholique Horizon-Jeunesse, la candidate du NPD insiste sur l’importance d’offrir des programmes postsecondaires en français.

« L’Université d’Ottawa offre des cours, mais tous ne sont pas disponibles en français », dit-elle, insistant sur l’importance de conserver la langue et la culture franco-ontarienne.

Une langue que Mme Trimm, qui est née à Montréal, dit avoir voulu transmettre à ses enfants.

LES PRINCIPAUX CANDIDATS

 Heather Megill, Parti libéral du Canada

 Eric Duncan*, Parti conservateur du Canada

 Kelsey Catherine Schmitz, Nouveau Parti démocratique

Raheem Aman*, Parti vert du Canada

 Sabile Trimm, Parti populaire du Canada


LA CIRCONSCRIPTION EN BREF

Nom : Stormont-Dundas-South Glengarry

Population (2016) : 103 320

Électeurs inscrits : 79 274

Revenu médian des ménages : 59 534 $

Proportion de francophones (selon la première langue officielle parlée, déclarée au recensement de 2016) : 19,1 %

Député sortant : Guy Lauzon, Parti conservateur du Canada, depuis 2004

* M. Aman a été nommé après la fin de nos demandes d’entrevues avec les candidats de Stormont-Dundas-South Glengarry. M. Duncan n’a, pour sa part, pas répondu à nos demandes d’entrevue.

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