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Retrait du port du masque : « un peu tôt », dit une experte

Temps de lecture : 2 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

La docteure Valerie Sales est spécialiste des maladies infectieuses et pédiatre à l’Hôpital de Markham-Stouffville.

CONTEXTE :

Alors que la pandémie sévit depuis deux ans, le gouvernement Ford abandonnera le port du masque obligatoire le 21 mars dans la plupart des lieux publics comme dans les écoles, restaurants et cinémas. Seuls les foyers de soins de longue durée et les transports en commun auront toujours cette obligation.

ENJEU :

Cette nouvelle étape, qui s’ajoute au retrait du passeport vaccinal depuis le 1er mars, fait craindre à des professionnels de santé un laisser-aller des consignes épidémiologiques .

« Croyez-vous que la décision de l’Ontario de retirer le port du masque est basée sur la science ?

Ce qui m’inquiète un peu c’est qu’il (le gouvernement) n’a apparemment pas consulté la table scientifique et je ne sais pas à quel point il a consulté toute l’organisation de la santé publique. Je ne sais pas trop pourquoi on pousse si rapidement, mais j’ai un peu l’impression que les élections jouent un rôle. Je pense que c’est trop tôt.

Pourquoi est-ce trop tôt ?

Premièrement, juste au niveau de la pandémie, on a eu de grosses surprises quand on avait enlevé le masque dans certains contextes cet automne avant que l’omicron nous frappe de plein fouet. Ensuite, ça va correspondre à la fin de la semaine de relâche et il y a énormément de gens qui vont voyager. On va donc ramener des variants d’autres pays. Les enfants vont aller à l’école et les parents vont aller au travail et s’ils ne portent pas de masque, on va se retrouver avec des problèmes.

Quand serait le bon moment pour les retirer ?

En ce moment, c’est le printemps : les gens ne vont pas suffisamment dehors pour la plupart de leurs activités. Alors, je dirais qu’il faudrait conserver le masque jusqu’au mois de mai. Jusqu’à ce moment-là, si on va au magasin pour aller acheter à manger ou magasiner, on le garde. À priori, à l’été, on pourrait dire, si la situation est bonne, qu’on peut les enlever mais, au mois d’octobre, on va les remettre quand on va au travail ou dans des endroits plus confinés. Ça nous donnerait une protection pour empêcher de refermer et a apprendre à vivre avec le virus.

Croyez-vous que les chiffres d’hospitalisations et de décès vont augmenter dans les semaines suivant le 21 mars ?

Je crois qu’on va avoir une augmentation des cas et des hospitalisations, car on a deux éléments qui manquent en ce moment. L’élément principal est d’avoir le plus grand nombre de personnes vaccinées. Ensuite, si ça l’augmente, il va y avoir plus de gens, qui ont peut-être deux doses, et qui ne se rendront pas à l’hôpital, mais ils vont l’avoir (le virus) suffisamment dans leur nez pour le transmettre à quelqu’un d’autre qui est peut-être à risque de se retrouver à l’hôpital. Malheureusement, on va avoir des augmentations. On voit que, du point de vue clinique, les gens ne savent pas toujours comment ils ont attrapé le virus.

Quels conseils donnez-vous aux gens, doivent-ils toujours porter le masque ?

S’il y avait un endroit où enlever les masques, ça serait dans les écoles surtout chez les enfants qui peuvent être vaccinés. Pour les plus petits, c’est plus compliqué, mais on prend ce risque, car on dit qu’en temps d’adulte, on prend ce risque, car — nous — on porte le masque. Les gens devraient le porter au travail à l’intérieur, au cinéma et quand ils vont faire des courses. Si on va voir nos parents ou nos grands-parents qui sont à risque, il faut faire attention. »

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