« Réveille-toi » : la 12e édition du festival Up Here prête à faire vibrer Sudbury
SUDBURY – Du 14 au 16 août, le festival Up Here animera la ville du nickel avec une programmation 100 % canadienne. Sous le thème Réveille-toi!, cette 12e édition adopte une direction artistique aux airs de révolution, réunissant des artistes tant musicaux que visuels, tous portés par un engagement profond. À l’affiche : le dévoilement d’un nouveau groupe sudburois, quatre nouvelles murales d’envergure, un partenariat avec les services publics de la ville et des installations artistiques aux messages revendicateurs.
Pour sa 12e édition, le festival Up Here propose le thème Réveille-toi, le slogan qui vise à créer un espace créatif, mais aussi revendicatif. « Il est à peu près temps qu’on se débranche de tout ce qui nous garde endormis et qu’on s’arme du pouvoir d’une nouvelle perspective », indique l’organisation dans la présentation officielle de cette édition.
Avec une programmation 100 % canadienne, le festival Up Here proposera des artistes œuvrant dans différents milieux. « On a beaucoup d’artistes qui sont forts au Canada en ce moment. Parfois on a des artistes de l’extérieur, mais cette fois, c’était le fun d’avoir une programmation canadienne », dit Jen Mckerral, la cofondatrice de Up Here, également directrice artistique de cette édition.

Entre actes musicaux émergents et projets d’arts visuels, les organisateurs utilisent la même formule que les années précédentes, explique la coordinatrice des bénévoles, France Huot. « C’est toujours un mélange de murales, de musique, d’installation, et des pop-ups qui sont des sortes de spectacles surprises qui passent durant le festival. On en a plusieurs programmés. Il y a aussi la tournée mystère ».
Fondé en 2012 avec Christian Pelletier, We Live Up Here est avant tout un collectif d’artistes. C’est en 2015 que le festival a été créé. Pour la cofondatrice, cette édition est un moyen de rendre hommage aux débuts de Up Here. « L’équipe fondatrice était très francophone », dit-elle, « Puis on était des amateurs des arts francophones. La scène ici à Sudbury est vraiment bonne et vraiment forte. On voulait certainement faire honneur à ça en l’intégrant dans la programmation ».
La francophonie prend la scène
Pour cette édition, le festival présentera aux spectateurs un nouveau groupe punk basé à Sudbury, Maux Marquis. L’un de ses membres, Dunstan Topp, se réjouit de l’opportunité de se produire au festival.
« Je voulais faire un projet francophone, politique, avec un peu d’humour là-dedans, puis vraiment utiliser le niveau de langue spécifique au nord de l’Ontario, de façon satirique », dit le cofondateur du groupe également composé de Jenn Herd, Éric Hoop, Jeffrey Houle et Michel Houle.
Maux Marquis se produira dans la soirée du vendredi 14 août pour la toute première fois. « On va jouer les cinq chansons du démo. Puis on a cinq nouvelles chansons que personne n’a entendues, pas encore enregistrées, et qui vont probablement faire partie de notre premier album », annonce-t-il.

Parmi les autres prestations francophones, le projet solo Samwoy de Sam Woywitka, originaire de Vancouver maintenant basé à Montréal, se produira sur scène le samedi 15 août. Le même jour, l’artiste d’électronique montréalais Hologramme offrira une performance à la Place des Arts. Le dimanche 16 août, Boutique Feelings, un projet mêlant rap et musique alternative de Karim Lakhdar se présentera devant le public de Sudbury.
« On aime apporter des genres qu’on ne voit pas souvent ici à Sudbury, comme le hip-hop, la musique électronique, le punk. On a quelques artistes qui sont même du côté grunge métal. Il y a vraiment toute une gamme de genres musicaux », dit la directrice artistique du festival.
Les murales, une partie intégrante de Up Here
Cet été, quatre nouvelles murales verront le jour à Sudbury. Les artistes Miskopwagna Asin, June, Cat Hexes, et La Pupila, s’occuperont chacun de grandes murales dans le centre-ville. Entre le 15 et le 16 août, la programmation proposera d’ailleurs trois tournées guidées des murales aux festivaliers.
Up Here a également collaboré avec le Greater Sudbury Utilities pour le projet Power Up. Six artistes réaliseront des œuvres d’art sur des boîtes électriques à travers la ville. L’un d’entre eux, Michael Morphiend, a peint We are explorers, une fresque peinte sur une boîte près de la rue Barrydowne. « C’est à propos des espaces entre les espaces. Le bas de l’océan. Les amis qu’on a autour du monde », dit-il. « C’est au sujet des frontières du monde. Au cœur, c’est à propos de l’amitié ».
Fier du projet Power Up, l’artiste estime que le projet enrichit l’atmosphère et l’identité visuelle de Sudbury. « J’ai visité beaucoup d’endroits dans le monde, et je n’en ai pas vu beaucoup qui peignent des boîtes d’Hydro comme ça. Ça donne du caractère à la ville ».
Les murales produites dans le cadre de Up Here offrent une véritable portée pancanadienne pour les artistes urbains qui y participent. « Quand je suis allée à Montréal, j’ai dit « ah! je reconnais ce style de murale là » puis, effectivement, c’était peint par un artiste qu’on a accueilli ici à Sudbury. C’est le fun de voir ces choses-là un peu partout à travers le pays », dit la coordinatrice des bénévoles qui ont d’ailleurs prêté main-forte aux muralistes en peignant les premières couches.
Des installations artistiques
Entre les performances musicales et les visites guidées des murales, le festival Up Here fera place aux artistes multidisciplinaires de la région. Durant toute la fin de semaine, le festival mettra en avant des installations artistiques porteuses de messages.
Présentement en résidence à North Bay, l’artiste québécois-e Cell Driver présentera Shadfly; Gadfly, une animation 3d représentant un éphémère, l’insecte qui émerge du lac Nippissing pour refaire surface chaque été. À travers ce projet qui invite à réfléchir à notre rapport à la nature, son objectif est d’offrir une représentation avec de « l’animation, des couleurs, du mouvement lent et exagéré ».
Bien que ce ne soit pas sa première fois à Sudbury, l’artiste se réjouit de reprendre contact avec la communauté artistique francophone de la ville, iel qui avait collaboré avec la Galerie du nouvel Ontario (GNO) en juin. « Il y a une communauté qui encourage. C’est un potentiel que tu peux apprécier ».
Selina Stos, artiste multimédia de Sudbury, présentera également son projet Killwork, une revendication politique contre l’ouvrage, ou la normalisation du travail excessif dans une société capitaliste, dit-iel. « C’est une campagne de propagande, c’est comme ça que je l’appelle ». « Il y a plein de monde qui est passionné par leur travail, mais certains travaillent 40, 50, 60 heures par semaine, et ce n’est quand même pas assez ».
À travers Killwork, iel compte distribuer des livrets, poser des affiches dans le centre-ville, et faire des projections pour que les festivaliers puissent « explorer les thèmes anti-travail ».
À la veille de son coup d’envoi, cette édition pleine de surprises et de variété souhaite surtout voir la communauté artistique de Sudbury unie, dit la directrice artistique. « On est un peu partout dans le centre-ville. Mais de voir tout le monde se rassembler, de faire connaitre de nouveaux artistes émergents, ça, c’est vraiment le fun pour nous », conclut-elle.