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Scandale Jean Vanier : des écoles pourraient changer de nom

Temps de lecture : 3 minutes

KIRKLAND LAKE – Le fondateur de l’Arche, Jean Vanier, a entretenu des relations sexuelles manipulatrices avec au moins six femmes, révèle un rapport de l’organisation. Ces révélations troublantes incitent plusieurs conseils scolaires catholiques ontariens à considérer un changement de nom pour les écoles nommées en son honneur.

Selon Radio-Canada, qui a révélé en premier ces abus sexuels, les activités sexuelles qui sont reprochées à Jean Vanier sont survenues dans un cadre spirituel. Les femmes qui ont dénoncé ces actions disent qu’elles étaient alors vulnérables. Jean Vanier aurait profité de son influence. 

« Mais Jésus et moi, ce ne sont pas deux, mais nous sommes un. (…) C’est Jésus qui t’aime à travers moi », aurait-il dit à l’une des victimes.

Une dizaine d’écoles ontariennes, dont deux francophones, portent le nom de Jean Vanier. Il y en a une à Welland (conseil scolaire MonAvenir) puis une autre à Kirkland Lake (conseil scolaire des Grandes Rivières). Les deux institutions francophones offrent des cours de niveau primaire et secondaire.

« C’est le deuil d’un modèle pour notre communauté », lâche, sans détour, Richard Loiselle, directeur des communications et de l’imputabilité au Conseil scolaire catholique du district des Grandes-Rivières.

« Nous sommes très préoccupés. Notre priorité est de nous occuper de notre communauté qui est ébranlée. Les directions vont rencontrer les élèves, si des gens ont besoin de se confier », explique-t-il.

« Nous avons les victimes dans nos prières », ajoute-t-il.

L’école Jean-Vanier de Kirkland Lake changera-t-elle de nom ? « On étudie la situation. Il y a un processus qui existe pour une consultation de ce genre. La conseil va décider quelle est notre position. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, malheureusement », répond-t-il.

Le conseil scolaire MonAvenir n’a pas non plus pris de décision à ce sujet.

« Il est trop tôt à ce point-ci pour dire si une telle décision sera prise. Plusieurs éléments devront être considérés et des échanges auront lieu avec l’école, le conseil d’école, le conseil scolaire ainsi que d’autres partenaires en éducation catholique en Ontario. Les conseillers scolaires ont invité l’ensemble de la communauté scolaire à partager les réflexions et suggestions à ce sujet », a fait savoir André Blais, son directeur de l’éducation, dans une déclaration envoyée à ONFR+.

« L’administration du Csc MonAvenir veut offrir à la communauté du temps pour vivre ce deuil et aussi communiquer avec elle. Des échanges sur ce sujet ont déjà lieu depuis hier et le processus formel sera entrepris dès ce mercredi 26 février prochain lors de la prochaine réunion du Conseil qui réunit tous les conseillers scolaires du Csc MonAvenir », précise-t-on.

« Une école du Conseil scolaire catholique MonAvenir porte son nom. Cette communauté scolaire sera ébranlée et confuse devant les faits rapportés publiquement. L’administration du Csc MonAvenir a dès aujourd’hui mis en place un plan d’appui pour accompagner les élèves, les membres du personnel et l’ensemble de sa communauté scolaire », a-t-il ajouté.

Un ancien élève de l’école Jean-Vanier de Welland a une position plus tranchée.

« Je trouve cela très triste et bouleversant qu’une autre figure catholique se fasse révélée comme ayant commis des actions si horribles. Je crois que les écoles de l’Ontario portant son nom réalisent que les nouvelles révélations vont à l’encontre des valeurs qu’ils tentent d’enseigner, ils n’ont pas le choix que de changer de nom » , affirme Mickaël Girouard, qui a terminé son secondaire l’an dernier à cette école.

Jean Vanier a fondé des foyers pour déficients intellectuels un peu partout dans le monde. Il y en a actuellement dans 38 pays. Celui qui est le fils de l’ancien gouverneur général du Canada Georges Vanier a été couvert de récompenses, dont l’Ordre du Canada et la Légion d’honneur française.

Les écoles de l’Ontario nommées en son honneur voulaient remercier Jean Vanier pour son travail auprès des personnes les plus vulnérables. Les dernières révélations jettent un nouvel éclairage sur ses réalisations, s’entendent plusieurs intervenants scolaires.

Réflexion chez les anglophones et sur le web

Contrairement aux institutions francophones, un conseil scolaire anglophone a déjà pris sa décision. Le nom Jean Vanier sera retiré.

« Considérant ces révélations troublantes, nous allons modifier le nom de notre programme Jean-Vanier pour l’éducation aux adultes », a indiqué le Conseil scolaire catholique de Dufferin-Peel dans une déclaration à ONFR+.

« Le conseil scolaire catholique de Dufferin-Peel est profondément triste de prendre connaissance des informations au sujet d’abus sexuel concernant Jean Vanier. Nos prières accompagnent les victimes qui ont dénoncé ces actes », a-t-il aussi été indiqué au courant de la fin de semaine.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens discutaient de la possibilité pour les écoles ontariennes de changer leur nom.

« J’imagine que le nom de l’école Jean-Vanier de Welland changera », a lancé une internaute. « Mon école secondaire était nommée en l’honneur de Jean Vanier. Il va falloir changer ce nom », a soutenu une autre.

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