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Se « remettre sur l’piton » à l’ère de la COVID-19 pour trois entreprises franco-ontariennes

Temps de lecture : 4 minutes

La pandémie de la COVID-19 aura changé bien des choses dans la façon de faire des affaires, notamment chez les entreprises, alors que certaines ont décidé de revoir complètement leur modèle. ONFR+ vous dresse le portrait de trois entreprises ontariennes ayant modifié leur fonctionnement.

Épelle-Moi Canada, un organisme basé à Windsor vise à la promotion de la langue française chez les jeunes de six à 14 ans. Étant normalement présente dans les écoles auprès de 1 500 élèves canadiens, l’entreprise francophone a dû mettre fin à tous ses concours d’épellation et d’écriture et ses visites en personne dans les écoles. La solution ? Un campus virtuel qui offrira de l’aide aux devoirs, des services de tutorat et des ateliers d’entrepreneuriat et de codage numérique.

« Après 15 minutes en Zoom, on perd l’attention des jeunes, alors on voulait une plateforme 3D qui ressemblait à un jeu vidéo. Les recherches le prouvent, un jeune peut passer 20 heures sur sa console de jeu. Avec le même environnement, on peut offrir nos ateliers et nos offres d’apprentissage », avance Dorine Tcheumeleu, fondatrice d’Épelle-Moi Canada.

L’idée de Mme Tcheumeleu et de son équipe est venue de modèles similaires au sud de la frontière.

« Ça s’en vient très populaire aux États-Unis, mais ce l’est un peu moins au Canada. Alors il était vraiment important de trouver une idée innovante pour répondre à notre demande. Il nous fallait trouver une formule de base pour rejoindre notre clientèle et aussi celle qui est à l’international », dit-elle, citant en exemple la Belgique et la France comme clientèle en dehors du Canada.

La fondatrice de l’entreprise ontarienne dit miser sur la possible internationalisation de la plateforme pour attirer entre 5 000 et 6 000 personnes pour cette première année.

« C’est un virage à 360 degrés. On a dû modifier complètement toute notre approche. C’était nécessaire, car on aborde un moment où tout est incertain. On ne sait pas quand la pandémie va prendre fin, on entend parler d’une seconde vague. Jusqu’où est-ce que ça va aller ? On n’a pas de solution. Alors est-ce qu’on reste là ou on essaie de trouver des solutions innovantes pour modifier notre approche ? »

Pas l’ouverture prévue

Ouvert en grande pompe le 31 janvier 2020, après une attente de plusieurs années, la Maison de la francophonie d’Ottawa n’a pas eu la première année escomptée. Obligé de fermer ses portes en mars en raison de la pandémie, l’établissement de l’Ouest d’Ottawa a dû transférer ses activités vers le virtuel, qui auront été un succès inattendu.

« On a décidé d’augmenter ce qu’on pouvait faire en ligne alors on a ouvert une chaîne YouTube et nos chorales virtuelles ont eu plus de 10 000 vues », donne en exemple Ronald Bisson, président de la Maison de la francophonie d’Ottawa.

Depuis la fermeture du centre le 12 mars, la Maison de la francophonie a augmenté son offre d’activités virtuelles avec un camp d’été et des ateliers offerts aux plus jeunes comme aux plus vieux.

« On s’est dit, on n’a pas de présentiel, alors comment on reste présent pour nos gens pour les servir, alors c’est là qu’on a créé nos chorales, notre camp d’été. On s’est dit, on n’attend pas, on agit aujourd’hui. La pandémie nous aura permis de découvrir des talents extraordinaires chez nos bénévoles et chez notre clientèle. »

Malgré les bienfaits du virtuel, l’organisme ottavien espère pouvoir retrouver son centre, spécialement pour sa clientèle plus âgée.

« Pour notre clientèle aînée, la maison a pour but de se voir, de dîner ensemble, de jouer aux cartes, mais on ne peut pas faire ça en temps de pandémie et on ne peut pas le faire en virtuel. C’est très difficile et j’ai le cœur gros quand j’y pense, car ils n’ont pas de place où aller », explique Ronald Bisson.

Toutefois, plusieurs choses continueront après la pandémie pour l’établissement de l’Ouest d’Ottawa.

« On a appris une chose : il y a plusieurs choses qu’on va continuer après la pandémie, une chorale qui rejoint 10 000 vues sur YouTube, on ne va pas arrêter ça ! On va continuer du présentiel, mais on vient de découvrir de nouvelles façons de rejoindre notre communauté », explique le président de l’organisme francophone.

Ouvrir ses portes à Ottawa et Montréal depuis Toronto

« On a dû complètement changer notre modèle », confie d’emblée Sandra Adjou, la fondatrice du Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICCA).

L’organisme torontois offre en temps normal un éventail d’événements seulement en présentiel aux plus jeunes.

« Dès qu’on ne pouvait plus être en personne, on a changé notre modèle d’activités où nos enfants se lèvent, se parlent et se touchent entre eux, normalement. On ne pouvait plus faire ça avec le virus », explique Sandra Adjou.

Le CICCA dû transférer tous ses ateliers vers le mode virtuel. Après quelques mois de fonctionnement à distance, le CICCA dit mission accomplie, et assure vouloir continuer l’expérience dans le futur.

« Même si on repart en présentiel, il faut trouver un moyen pour impliquer nos familles qui sont trop loin. On va peut-être partager moitié-moitié entre le virtuel et le présentiel. Ce qui est sûr, c’est que ça nous a permis d’activer notre présence en ligne. On a développé nos réseaux sociaux dans la foulée des événements. Ça nous a permis d’aller gagner des familles à l’extérieur de Toronto, qui étaient trop loin, des gens d’Ottawa, et même des familles à Montréal. »

Les trois organismes rencontrés par ONFR+ étaient unanimes : pas question de laisser le coronavirus faire dérailler leur entreprise.

« La COVID-19 a fermé nos portes, mais ça n’a pas fermé notre cœur et notre tête », conclut M. Bisson.

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