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Steven Del Duca sera-t-il le porte-voix des francophones ?

Temps de lecture : 3 minutes

MISSISSAUGA – Steven Del Duca a été élu haut la main chef du Parti libéral de l’Ontario (PLO), ce samedi, lors du congrès à la direction du parti. Parmi plus de 3 000 délégués, des francophones expriment leur satisfaction mais aussi leurs hésitations, voire leurs craintes sur ses capacités à comprendre et défendre les Franco-Ontariens.

Même s’il supportait le camp de Michael Coteau, Tom Manley fait partie des francophones optimistes. Il se range derrière le leader élu.

« J’aimais M. Coteau pour son expérience et son charisme », confie-t-il, alors que M. Del Duca a été pointé du doigt pour son manque de charisme durant la course à l’investiture.

« Mais tous les candidats ont exprimé un appui à la communauté », se reprend-il, précisant que le fait de ne pas parler français ne nuira pas à la capacité du potentiel futur premier ministre à représenter les intérêts francophones.

Et d’ajouter : « Ce serait mieux qu’il soit bilingue, mais c’est le choix de politique qui fait la différence, pas la langue qu’il parle. Il faudra qu’il appuie la communauté et s’entoure des bonnes personnes pour les écouter et faire avancer les dossiers. »

Michelle Boileau : « J’ai quelques craintes »

Venue du Nord, Michelle Boileau est moins tendre. Ce sont les coupes du gouvernement Ford qui ont motivé cette candidate libérale défaite lors des dernières élections fédérales dans Timmins-Baie James à continuer de s’impliquer au niveau provincial.

« Les services en langue française et les ressources pour le Nord, ce sont mes deux agendas. C’est pour cela que j’ai soutenu Mitzie Hunter. Son ouverture et son écoute pour ces deux enjeux. »

Michelle Boileau, déléguée de Timmins-Baie James Crédit image Rudy Chabannes

Mme Boileau exprime ainsi quelques réserves sur le nouveau leader.

« J’ai quelques craintes. Ça me préoccupe qu’il n’y ait pas assez de différences entre ce qu’on a aujourd’hui et ce qui s’annonce pour le Parti libéral, l’avenir des politiques en Ontario. Ce n’est pas assez concret. Je veux que M. Del Duca s’engage plus que ça sur les enjeux du Nord et les francophones. »

Emmanuel Morin : « Il va défendre nos droits »

À l’inverse, Emmanuel Morin de Glengarry-Prescott-Russell n’a aucun doute sur son champion.

« Steven Del Duca va défendre nos droits, mais aussi donner les outils aux Franco-Ontariens pour qu’ils s’épanouissent au niveau socio-économique et culturel », est-il convaincu.

Emmanuel Morin, délégué de Glengarry-Prescott-Russel. Crédit image Rudy Chabannes

Selon lui, le PLO doit se rassembler pour contrer son véritable adversaire, les progressistes-conservateurs.

« Les grands piliers de l’Ontario comme l’éducation et la santé sont attaqués en Ontario », déplore-t-il. « Ça touche toute la population, y compris les francophones. En enlevant l’indépendance du commissaire aux services en français, le gouvernement n’a rien arrangé. Notre parti a toujours été du côté des Franco-Ontariens. »

Trevor Stewart : « Des hésitations, mais optimiste »

« Nous, dans l’Est, on a une grande présence francophone. On veut une personne capable d’entendre et de défendre les Franco-Ontariens », prévient Steven Heckbert de la circonscription d’Orléans. « Steven Del Duca fait cet effort, car il comprend qu’on est dans une situation minoritaire. »

« On s’attend donc à ce qu’il donne le même accès aux services dans toute la province », souhaite-t-il vivement. « On veut aussi être certain que l’éducation pour nos enfants sera la même que celle qui existe en anglais. »

Trevor Stewart, délégué et coordinateur d’engagement Franco-Ontarien du PLO. Crédit image : Rudy Chabannes

Trevor Stewart de Glengarry-Prescott-Russell s’est dit positivement surpris par la connaissance des enjeux franco-ontariens du nouveau chef du parti, prenant comme illustration le dossier de l’Université de l’Ontario français. Un dossier que le précédent gouvernement libéral de Kathleen Wynne – dont faisait parti l’ancien ministre Del Duca – n’a cependant pas su mener à son terme.

« Je suis libéral, mais je suis Franco-Ontarien d’abord », réajuste Trevor Stewart. « Donc j’ai un peu d’hésitation, je suis un peu hésitant mais je suis optimiste, j’ai hâte de voir ce qu’il va faire », conclut-il, espérant influencer les futures positions en faveur des francophones, à titre de coordonnateur d’engagement franco-ontarien au PLO.

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