Sudbury : un laboratoire citoyen pour favoriser les services bilingues de la ville
SUDBURY – En ce mardi 20 octobre, Impact ON a tenu son premier laboratoire citoyen axé sur les services bilingues dans le Grand Sudbury. Une trentaine de francophones de la ville, notamment des acteurs clés de la francophonie, se sont réunis pour développer des solutions pour favoriser l’accès aux services bilingues de la région dans le domaine de la santé, mais aussi de l’éducation, de l’immigration, et de l’emploi.
Après avoir recueilli des témoignages de citoyens et pris en compte le récent rapport du commissaire des services en français de l’Ontario, Carl Bouchard, l’organisme Impact ON a pris l’initiative d’organiser un laboratoire citoyen. « Il y a une demande croissante pour une offre active de services bilingues sur le territoire, notamment à Sudbury », dit Félix Corriveau, le directeur général de l’organisme.
« Il y a de plus en plus de nouveaux arrivants qui s’installent dans le nord de l’Ontario, de nouveaux arrivants qui sont francophones, qui s’ajoutent donc déjà à la masse critique de francophones qui est présente sur le territoire. Et ça accroît la pression sur les organismes sur le terrain pour qu’ils offrent des services bilingues. »
Pour trouver des solutions concrètes à cet écart linguistique dans l’offre des services, le laboratoire citoyen propose des activités de remue-méninges, mais aussi des dialogues sur la réalité des francophones en milieu où les services bilingues ne satisfont pas encore aux attentes.
« C’est vraiment une journée d’action où on va développer des idées très concrètes à mettre en place ici à Sudbury dans l’ensemble de la région du Nord ontarien. Puis ensuite de ça, s’assurer qu’elles soient transférables dans d’autres régions de l’Ontario ».

De l’idée à l’action
La journée s’est amorcée avec un panel animé par Éric Robitaille de Radio-Canada, avec Thomas Mercier, le directeur du Réseau du Nord, Paul-André Gauthier, infirmier clinicien, Véronique Boyer, chargée du projet « L’inclusivité fonctionne » du Collège Boréal, Marc Gauthier, président du conseil d’administration de l’ACFO du Grand Sudbury et Lynne Dupuis, fondatrice et directrice de LMD solutions.
Ensuite, les participants ont été répartis en six équipes. Chacune a eu l’occasion de cibler un problème qui entraînerait un déséquilibre linguistique dans l’offre de services bilingues, mais aussi de développer des solutions pour favoriser le bilinguisme dans l’offre des services dans plusieurs secteurs.

« L’idée, c’est vraiment de ressortir d’ici avec des idées. Des gens qui vont mettre leur expertise et leur expérience à profit pour développer des idées concrètes, des mesures, des changements systémiques à mettre en place au sein des organismes qui offrent des services qui devraient, en tout cas, offrir des services bilingues », ajoute le directeur.
Enfin, chaque groupe a présenté son projet au jury. Le groupe désigné gagnant par le jury obtiendra 1000 dollars, ainsi qu’un accompagnement d’Impact ON pour mettre en place son projet. « Le critère le plus important, c’est vraiment de démontrer l’impact », dit Eric Akpa, membre du jury, « La valeur ajoutée que le groupe va apporter à la communauté ».

Intégration+ Sudbury, grand gagnant du laboratoire
Si les enjeux de l’intégration des nouveaux arrivants francophones et les services de santé en français ont été récurrents dans les six différentes présentations, c’est le projet d’application mobile bilingue, Intégration+ Sudbury, pour guider les nouveaux arrivants vers des services en français existants qui a remporté la mise.
« En participant à l’événement, on s’est vraiment rendu compte qu’il y avait un besoin immense d’accompagnement des nouveaux arrivants parce que, nous-mêmes issus de l’immigration, on a vécu certaines difficultés et cela nous a poussés à nous investir davantage dans la réflexion pour pouvoir offrir la meilleure solution qui provienne de notre pensée », confie Kouamé Toussaint Boko, le porte-parole du groupe gagnant.
« C’est un sentiment d’immense joie qui nous anime, moi, y compris toute l’équipe. On a mis vraiment beaucoup d’idées pour pouvoir construire quelque chose en équipe qui pourra non seulement être considérée comme une forme de victoire, mais également pouvoir aider à accompagner », dit-il, « et cela s’est conclu par un gain. On en sort vraiment heureux, et puis les autres n’ont pas démérité ».