La Nouvelle Scène Gilles Desjardins présentera une programmation mêlant théâtre, danse et marionnettes du 24 septembre 2026 au 16 mai 2027. Photo : Amine Harmach/ONFR
Culture

Théâtre, danse et marionnettes : La Nouvelle Scène dévoile sa saison 2026-2027

La Nouvelle Scène Gilles Desjardins présentera une programmation mêlant théâtre, danse et marionnettes du 24 septembre 2026 au 16 mai 2027. Photo : Amine Harmach/ONFR

OTTAWA – Les quatre compagnies fondatrices et résidentes de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins – le Théâtre du Trillium, le Théâtre de la Vieille 17, Vox Théâtre et le Théâtre Catapulte – ont dévoilé mardi la programmation 2026-2027 de l’établissement. Placée sous le thème « Tangences », la saison se déploiera du 24 septembre au 16 mai.

« On essaie d’avoir des œuvres qui se parlent, même si elles sont très différentes et s’adressent à des publics vraiment différents », explique Émilie Camiré-Pecek, directrice artistique adjointe suppléante du Théâtre Catapulte.

Le Théâtre du Trillium ouvrira la programmation du 24 au 26 septembre avec Lumières, lumières, lumières, une coproduction de la Comédie-Française et de la compagnie québécoise Les songes turbulents.

Librement inspiré du roman Vers le phare de Virginia Woolf, le texte d’Evelyne de la Chenelière suit Madame Ramsay, mère dévouée, et Lily Briscoe, artiste indépendante. La pièce met en lumière les tensions entre création, émancipation personnelle et normes sociales.

Le Théâtre du Trillium accueillera également Au ventre d’un monde (ponos IV), du 11 au 13 mars. Dans ce solo chorégraphié et interprété par Lauranne Faubert-Guay, le corps, le genre, la naissance et la création se rencontrent dans une proposition à la fois charnelle et politique.

Entre sciences, danse et mémoire haïtienne

La compagnie accueillera d’abord, du 14 au 17 octobre, Une brève histoire du temps, une création du Théâtre du Renard inspirée de l’ouvrage de l’astrophysicien Stephen Hawking.

Geneviève Pineault, directrice artistique du Théâtre de la Vieille 17. Photo : Amine Harmach/ONFR

« On ne pense pas nécessairement aller au théâtre pour parler d’astrophysique ou de physique quantique, mais on le fait avec des objets », souligne Geneviève Pineault, directrice artistique et codirectrice générale du Théâtre de la Vieille 17.

La danse entrera ensuite en scène en novembre avec 9.2, une pièce inspirée de la Neuvième Symphonie de Beethoven.

Le danseur et cochorégraphe malentendant Cai Glover choisit de se produire sans son appareil auditif, établissant un parallèle avec Beethoven, qui était presque complètement sourd lorsqu’il a composé sa Neuvième Symphonie.

« C’est vraiment un spectacle qui nous permet d’explorer les sens, le corps et la langue. A-t-on vraiment besoin d’entendre ou de parler pour communiquer? », demande Geneviève Pineault.

La création annuelle de la compagnie, Souviens-toi de la révolution, sera présentée du 24 au 27 février. Cette coproduction du Théâtre de la Vieille 17, du Théâtre français de Toronto, du Fâcheux Théâtre et de la Cie Bazou se penche sur Haïti, première république née d’une révolte d’esclaves.

Les trois artistes-créateurs, Sylvain Sabatié, David Bélizaire et Miracson Saint-Val, entretiennent chacun un rapport différent avec le pays : celui d’un Français issu de l’ancienne puissance coloniale, celui d’un Haïtien récemment arrivé au Canada et celui d’un Québécois d’origine haïtienne qui n’a pas grandi en Haïti.

« Ils essaient de voir ce que ce pays et son histoire peuvent leur apprendre sur leurs quêtes respectives et sur leur rapport à Haïti », explique Geneviève Pineault.

35e anniversaire du Théâtre Catapulte

Pour ses trois spectacles, le Théâtre Catapulte a choisi comme fil conducteur le « trompe-l’œil ».

« Les trois traitent des faux-semblants, des illusions et des fausses apparences », explique Émilie Camiré-Pecek. « On veut apporter une réflexion sur notre monde, qui est un peu là-dedans en ce moment avec l’intelligence artificielle et les fausses nouvelles. »

Émilie Camiré-Pecek, directrice artistique adjointe suppléante du Théâtre Catapulte. Photo : Amine Harmach/ONFR

Le premier rendez-vous, Faussaire, sera présenté le 23 octobre. Dans cette création de Parabole Théâtre, Blanche Gionet-Lavigne commence à mettre en doute l’authenticité d’un tableau reçu en héritage.

« Elle joue son propre rôle et on ne sait pas toujours si c’est vraiment son histoire ou non », précise Émilie Camiré-Pecek. « C’est aussi un spectacle humoristique, drôle et léger. »

Le Théâtre Catapulte présentera en févriere Des frères, de l’artiste franco-ontarien Marc-André Charette. Cette autofiction suit un thérapeute bouleversé par le suicide d’un ami.

« Même si l’on pratique ce métier, on ne peut pas toujours déceler la souffrance que vivent les autres », souligne Émilie Camiré-Pecek.

La compagnie conclura sa saison avec Girlboss, présentée les 15, 16, 17, 22, 23 et 24 avril. Cette création soulignera le 35e anniversaire du Théâtre Catapulte.

Écrite par Mishka Lavigne et Pascale St-Onge, la pièce plonge dans l’univers du marketing multiniveau.

« La pièce parle de féminisme et de capitalisme, puis de la façon dont des systèmes peuvent exploiter ce désir de réussite personnelle et d’indépendance financière », explique Émilie Camiré-Pecek.

Vox Théâtre mise sur le vivre-ensemble

Du côté de Vox Théâtre, la saison sera placée sous le signe du vivre-ensemble, à travers trois spectacles destinés au jeune public et aux familles.

Le premier spectacle, Dans tous les sens, sera présenté le 5 décembre. Cette production de Vox Théâtre, écrite par l’autrice Sarah Migneron, repose sur les jeux de mots, les expressions françaises, le théâtre d’objets et la marionnette.

Pier Rodier, directeur artistique et général de Vox Théâtre. Photo : Amine Harmach/ONFR

« Le texte a déjà fait l’objet d’un album jeunesse publié aux éditions Prise de parole. Nous l’avons revisité et retravaillé pour en proposer une nouvelle mouture », précise Pier Rodier, directeur artistique et général de Vox Théâtre.

Le 1er mai, Racontars arctiques transportera les spectateurs dans le Groenland des années 1950.

« Les personnages se retrouvent dans un lieu clos et doivent apprendre à se connaître parce qu’ils n’ont pas le choix », explique Pier Rodier. « Même si l’histoire se déroule dans les années 1950, dans le Grand Nord, certaines conversations font écho à ce que nous vivons aujourd’hui. »

La saison prendra fin le 16 mai avec Ma Tache, de la compagnie belge Ö Quel Dommage. Sans paroles, le spectacle destiné aux enfants de trois ans et plus mêle théâtre d’ombres, jeu gestuel et univers clownesque.

« En milieu minoritaire, la parole est importante et nécessaire, mais il est aussi intéressant d’explorer d’autres codes », estime Pier Rodier. Ce spectacle sans texte permettra aussi, selon lui, « d’inviter la communauté anglophone du quartier et d’ailleurs à venir découvrir La Nouvelle Scène ».

Un service gratuit pour faciliter la venue des parents

Le service gratuit L’heure du conte et du brico, lancé la saison dernière par le Théâtre de la Vieille 17, sera étendu à six spectacles pour adultes. Il permet aux parents d’assister à une représentation pendant que leurs enfants de 5 à 12 ans participent à une lecture et à une activité créative liées aux thèmes de l’œuvre.

« L’objectif est vraiment d’appuyer et de faciliter la venue au théâtre, surtout pour les parents qui n’ont pas de réseau », explique Geneviève Pineault.