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Toronto et Marseille veulent travailler ensemble

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Les villes de Toronto et de Marseille, dans le Sud de la France, travaillent ensemble en vue de signer un partenariat. Si l’entente devait être signée, il s’agirait du premier partenariat international de Toronto avec une ville francophone.

De prime à bord Toronto et Marseille, située à 6 500 kilomètres l’une de l’autre, semblent avoir bien peu en commun. Mais des fonctionnaires et différents intervenants de la société civile travaillent depuis plus de 12 mois pour les rapprocher, au moins socialement et économiquement.

« L’objectif est de susciter davantage d’intérêt à Marseille pour la région de Toronto en la promouvant comme une porte d’entrée sur le marché nord-américain, en faisant progresser les relations locales, en explorant les potentielles initiatives conjointes avec Marseille et en partageant les meilleures pratiques sur diverses questions », a-t-il été révélé, mardi, lors de la rencontre du comité consultatif francophone de Toronto.

Toronto croit qu’elle peut collaborer avec Marseille sur plusieurs dossiers, notamment la « revitalisation riveraine, l’entrepreneuriat et les nouvelles entreprises, l’économie numérique, les arts et la culture », indique-t-on dans les documents municipaux.

« Une fois qu’une relation mesurable avait été établie, les deux parties devaient collaborer pour élargir l’accord pour inclure l’aérospatiale, les FinTech, les technologies propres et les énergies renouvelables », fait savoir Toronto. La Ville évoque aussi le dossier de la sécurité sur lequel les deux villes pourraient échanger différentes manières de faire.

Les différentes villes avec lesquelles Toronto a signé des partenariats. Marseille et Toronto souhaitent signer un Mémorandum d’entente. Crédit image : Ville de Toronto

Les représentants de la communauté franco-torontoise qui participent au comité ont semblé étonnés de ce Mémorandum d’entente à venir. Un tel scénario n’a jamais été évoqué dans de précédentes discussions. « Pourquoi avec Marseille ? », « Quelles seront les retombées ? », « Allez-vous signer de telles ententes avec des villes africaines francophones ? », se sont demandé les différents intervenants, sans obtenir de réponses claires du représentant du département économique de Toronto.

Pas si surprenant, selon le consul de France

« Moi, ça ne me surprend pas du tout. La Ville de Marseille par son esprit d’inclusion se rapproche beaucoup de Toronto. Marseille a attiré les populations italiennes dans les années 20, puis les Espagnols, maintenant ce sont les peuples du Maghreb. C’est une ville monde. Il y a une acceptation de l’autre, comme on peut le voir à Toronto », affirme Tudor Alexis, consul de France à Toronto.

Depuis un an, les voyages et les discussions téléphoniques se sont faits plus nombreux entre les représentants des deux villes. L’ancien adjoint au maire de Marseille délégué à l’économie, Didier Parakian, a ainsi effectué une visite à Toronto, l’an dernier, en compagnie d’une mission économique marseillaise. Son homologue torontois, le maire adjoint Michael Thompson, a fait de même à Marseille.

Et cette semaine, Marseille organise un événement virtuel en partenariat avec Toronto pour parler d’économie et d’opportunités d’affaires.

Le maire de Toronto, John Tory, en compagnie du consul, Tudor Alexis. Crédit image : Ville de Toronto

Le consul affirme que la clé du succès d’une telle entente sera de fixer des objectifs clairs et des échéanciers précis. « Il faut avoir des objectifs dans le temps autour de projets. Le tourisme dans notre nouveau monde pourrait être exploré dans une optique durable et équitable. L’aménagement du territoire est aussi une avenue, tout comme la jeunesse ou le monde culturel », souligne-t-il.

Mais l’entente entre Toronto et Marseille n’est pas chose faite. Toronto est à revoir sa stratégie internationale. Et tant que la révision n’est pas terminée, pas de signature de nouveaux partenariats, indique Toronto dans un échange de courriels avec ONFR+. Cet examen des pratiques internationales de la Ville reine est en plus ralenti par la pandémie, indique-t-on.

Outre la pandémie mondiale, le consul évoque un autre facteur qui pourrait retarder le processus d’entente entre Toronto et Marseille. « À Marseille, c’est une nouvelle mairesse, Michèle Rubirola, qui a été élue en juillet. Les choses doivent être réévaluées. Cette coopération en devenir ne va pas subir les aléas des changements politiques, mais les représentants des deux côtés de l’océan doivent apprendre à se connaître », souligne-t-il.

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