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Un boulevard pour la réélection de Marie-France Lalonde dans Orléans

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – L’issue du scrutin fédéral laisse peut de place aux spéculations dans la circonscription d’Orléans. La victoire de la sortante libérale semble toute tracée dans ce château fort rouge, si l’on s’en tient aux projections du site QC125.com. Si sa rivale conservatrice reste très discrète, la candidate néo-démocrate vide en revanche son sac contre le bilan de la députée et du parti au pouvoir, particulièrement dans le domaine de la santé et du logement.

Selon Jessica Joanis, l’hécatombe dans les foyers de soins de longue durée due à la COVID-19 a durablement entaché la crédibilité de Marie-France Lalonde et celle du gouvernement Trudeau dans sa gestion de crise.

« Beaucoup de nos aînés ont perdu la vie à cause des conditions qui se sont dégradées au fil des années dans ces établissements. Plus de 55 aînés ont perdu la vie au foyer Madona. C’est inacceptable », lance celle qui blâme le gouvernement de ne pas avoir imposé de standards sanitaires aux foyers de soins de longue durée.

Marie-France Lalonde soutient au contraire que le palier fédéral a fait sa part en s’impliquant depuis le début de la crise, reportant la responsabilité sur l’Ontario qui a compétence en la matière : « La province n’a pas contré les vagues qui ont tristement tué des gens. Depuis le début de cette pandémie, le fédéral s’est engagé à aider et à travailler avec les provinces, à qui revient la juridiction des soins de longue durée. »

« On a trouvé des masques, des vaccins, soutenu financièrement les préposés aux services de soutien à la personne et aider les gens pour rester à la maison. Pour appliquer de meilleures normes dans les foyers, on met 9 milliards d’investissement fédéraux, mais ça demande une certaine ouverture des provinces. On est la depuis le début et on va continuer à investir dans la santé. »

Mme Joanis accuse au contraire Mme Lalonde d’avoir « profité de nos aînés durant la pandémie ».

« Étant elle-même propriétaire d’un foyer de soin de longue durée, elle a dit que cette expérience lui a donné une expertise au niveau politique mais elle n’a rien fait lorsqu’elle était députée provinciale puis fédérale pour changer les politiques. Tout ce qu’elle veut (comme propriétaire), ce sont les profits. »

Flambée de l’immobilier et fragilité de la langue française

La candidate du NPD est en outre scandalisée par l’impasse dans laquelle de trouve Orléans au sujet du logement abordable, « un problème qui continue d’avancer, en même temps que la circonscription grossit ».

Le Parti libéral s’est engagé à bâtir et rénover des logements abordables, à mettre fin à l’itinérance chronique et à aider les locataires à devenir propriétaire. Le plan libéral promet même d’interdire temporairement les achats immobiliers aux étrangers.

Mais Mme Joanis dénonce des paroles non suivies des actes depuis six ans. « On doit arrêter de construire des logements que la plupart des gens ne peuvent pas s’offrir. Les investisseurs étrangers font grimper les prix. On a vu ça à Vancouver, à Toronto et maintenant à Ottawa. Le NPD veut des lois pour taxer ces investisseurs pour faire baisser les prix et construire 50 000 logements abordables à travers tout le pays, y compris ici. »

Elle tire aussi à boulets rouges sur le manque de courage politique du camp libéral envers la défense de la langue française dans la circonscription.

« On perd les programmes français et bilingues. C’est de plus en plus difficile d’avoir des opportunités de parler français. Les familles ne veulent pas que leurs enfants perdent leur français. Les partis ont oublié les problèmes des francophones. »

Le trio de tête dans la course électorale : Marie-France Lalonde (PLC), Mary-Elsie Wolfe (PCC) et Jessica Joanis (NPD). Sources : twitter et site web PLC, PCC et NPD

Mme Lalonde défend une vision et un bilan tout autre : « On a continué de soutenir le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) et le Rendez-vous des aînés francophones d’Ottawa (RAFO) pour donner à ces organismes locaux une stabilité financière », souligne-t-elle

« Au niveau des langues officielles, on a déposé le projet de loi C-32, important pour la francophonie et sur lequel j’ai travaillé fort au niveau du comité des langues officielles. Si je suis réélue, je vais pousser pour qu’il retourne au feuilleton », poursuit la députée en quête d’un deuxième mandat.

Et d’insister sur le rôle du gouvernement en matière de postsecondaire et de langue seconde, via le fonds d’infrastructure : « On met 500 millions de dollars pour les langues officielles et particulièrement le postsecondaire. »

La candidate conservatrice, Mary-Elsie Wolfe, n’a pas souhaité s’exprimer, ni répondre à nos questions. Les projections du site QC125.com la placent en deuxième position avec 28 % des intentions de vote, intercalée entre Mmes Lalonde et Joanis, respectivement créditées de 49 % et 13 %.

Conservatrice de 2006 à 2015, Orléans est une circonscription de tradition libérale depuis sa création, en 1988, abritant plus de 35 % de francophones. Élue en 2019, Marie-France Lalonde, alors députée provinciale, avait fait le saut au fédéral, succédant à Andrew Leslie.

Principaux candidats en lice :  Marie-France Lalonde (Parti libéral du Canada)  Mary-Elsie Wolfe (Parti conservateur du Canada)  Jessica Joanis (Nouveau Parti démocratique)  Michael Hatnett (Parti vert du Canada)  Spencer Oklobdzija (Parti populaire du Canada)

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