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Un incendie synonyme de « grande perte pour la communauté francophone »

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – La cabane à sucre du Muséoparc Vanier est partie en fumée tôt, jeudi matin. Mais ce symbole fort pour les francophones d’Ottawa, situé dans la forêt Richelieu, sera reconstruit, assure le directeur général du musée, Jean Malavoy.

« Ça ne sera pas un problème pour l’argent, et la Ville d’Ottawa va pouvoir nous aider. Maintenant, il va falloir voir avec la logistique, comment on va la reconstruire et combien de temps ça va prendre. Serons-nous prêts pour le Festival des sucres au mois de février ? »

Interrogé par ONFR+ sur une possible aide, le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a confirmé que la « Ville d’Ottawa va collaborer pour voir les besoins pour rebâtir ».

« Un périmètre de sécurité a été construit autour de la cabane », a précisé Jean Malavoy qui s’est rendu sur les lieux, tôt ce matin, pour constater les dégâts.

« Des inspecteurs vont venir vérifier le coût des dommages, et on va démolir ce qui reste de la cabane. (…) La plupart des choses à l’intérieur sont foutues. »

Le Service des incendies d’Ottawa (SIO) a reçu un appel à 5h53 au sujet de la fumée et des flammes visibles dans la forêt derrière le Centre communautaire Richelieu-Vanier sur l’avenue des Pères-Blancs.

Une fois sur place, les pompiers ont constaté que les flammes avaient traversé le toit et qu’une partie de la structure du toit s’était effondrée.

« Il s’agit d’un incendie d’origine humaine, mais la police doit déterminer s’il s’agit d’un accident ou d’un geste volontaire et criminel », a précisé le porte-parole du SIO, Carson Tharris, au journal Le Droit.

« Valeur symbolique et paysagère très forte »

L’historien Michel Prévost s’est dit « sous le choc » au moment d’apprendre la nouvelle, ce matin.

« À Ottawa, elle est la seule cabane à sucre en milieu urbain. Sa destruction représente une grande perte pour la communauté de Vanier et une grande perte pour la communauté francophone. Elle représente la tradition de la période des sucres. C’est un héritage qui nous vient directement des Autochtones. »

Et de conclure : « Je ne dirais pas que sa valeur patrimoniale était importante du fait qu’elle a été reconstruite plusieurs fois, mais sa valeur paysagère et symbolique est très forte. »

L’historien Michel Prévost. Archives ONFR+

La cabane à sucre est située au cœur d’une érablière de 17,5 acres dans la forêt Richelieu. Elle contribue à la production annuelle de 300-500 litres de sirop d’érable.

La première cabane à sucre avait été érigée à l’automne 1939, sous l’impulsion des Pères Blancs. Une seconde cabane plus spacieuse fut construite dans les années 60, avant de disparaître elle aussi dans un incendie.

La troisième cabane connue jusqu’à aujourd’hui avait été inaugurée en 1998.

Mathieu Fleury « fâché »

Le conseiller municipal Mathieu Fleury reste en tout cas perplexe après cet incendie, d’autant que la piste criminelle n’est pas écartée.

« Ça commence à me fâcher. Depuis 2017, il y a eu plusieurs feux possiblement d’origine criminelle dans Vanier. La communauté est inquiète. La pression doit être mise sur les services de police et les pompiers pour trouver des solutions et des résolutions. »

Source : Muséoparc Vanier

La destruction de la cabane à sucre menacera le lancement de la saison des sucres tenue habituellement mi-février dans cette même maison. Les acériculteurs accueillent alors les visiteurs pour l’entaillage officiel des érables, avec des activités à l’intérieur de la cabane.

Un mois plus tard pour une durée d’une semaine, le Festival des sucres offre de son côté un rassemblement de musique, d’arts et de compétitions en tous genres. 

« Ça serait un miracle si tout cela pouvait se dérouler dans la nouvelle cabane », anticipe M. Fleury. « Même s’il est trop tôt pour spéculer, je ne vois pas de possibilités qu’elle soit reconstruite avant l’automne 2021. »

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