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Une formation d’enseignant abolie puis rétablie pour faire face à la pénurie

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Conséquence directe de la pénurie d’enseignants en Ontario, un programme a été réactivé après cinq ans de sommeil à l’Université d’Ottawa. Il s’agit d’une formation d’enseignant en éducation technologique en langue française qui avait été supprimée sous le gouvernement Wynne. Raccourcie à 14 mois, elle reprend dès janvier dans un format hybride.

À compter de janvier prochain, la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa offrira à nouveau cette formation nommée ÉduTech, qui sera destinée aux personnes qui exercent un métier spécialisé et aux personnes ayant une formation professionnelle en technologie.

Ce programme vise à former des enseignants du secondaire dans divers domaines de la 9e à la 12e année, comme les technologies de l’informatique, de la construction, des transports et des communications, ou encore les soins de santé et le design technologique, entre autres.

Son format hybride et accéléré (sur le campus et en ligne) permettra aux candidats à l’enseignement de compléter le programme en 14 mois au lieu de deux ans.

« Ça permettra non seulement d’augmenter le nombre d’enseignants chargés des programmes de technologie au palier secondaire, mais aussi de satisfaire aux besoins éducatifs des élèves francophones qui souhaitent faire carrière dans un métier spécialisé », a déclaré ce jeudi Jill Dunlop, ministre des Collèges et Universités.

« ÉduTek renaît de ses cendres »

« ÉduTek renaît de ses cendres grâce à un investissement du gouvernement de l’Ontario et du Canada », précise l’Université d’Ottawa. Son recteur et vice-chancelier, Jacques Frémont, pense qu’elle « viendra renforcer la capacité des étudiants francophones et francophiles à acquérir de nouvelles connaissances, et ce en français », d’expliquer Jacques Frémont, recteur et vice-chancelier de l’Université d’Ottawa.

« Grâce à la formation d’un plus grand nombre de futurs enseignants dans divers domaines de la technologie, l’Université d’Ottawa continuera à soutenir la croissance de l’économie de l’innovation en Ontario, et à appuyer la force et la résilience de la communauté franco-ontarienne », ajoute-t-il.

Jill Dunlop, ministre des Collèges et Universités. Source : ministère des Collèges et Universités

« Ce programme est en parfait accord avec la mission de l’Université de servir la communauté franco-ontarienne », complète Richard Barwell, doyen de la Faculté d’éducation.

Le financement provient de l’Entente Canada-Ontario relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la seconde langue officielle qui s’échelonne jusqu’en 2023.

« Contrairement au gouvernement libéral précédent, nous prenons des mesures » – Scott Clark

« Le programme a été annulé il y a six ans en raison d’un manque de financement », recontextualise Scott Clark, porte-parole de la ministre Dunlop, qui pointe l’irresponsabilité du gouvernement Wynne dans cet abandon.

« Contrairement au gouvernement libéral précédent, nous prenons des mesures pour augmenter l’offre d’enseignants en éducation technologique de langue française dans la province grâce à un nouveau programme de formation accélérée et flexible avec l’Université d’Ottawa qui aidera à bâtir une future main-d’œuvre bilingue », dit-il.

« Les besoins pour combler la pénurie des enseignants sont énormes, réagit pour sa part Lucille Collard, députée libérale d’Ottawa-Vanier et ancienne présidente du conseil scolaire public d’Ottawa. « Nous accueillons toutes les mesures qui peuvent aider a adresser ce besoin mais il faudrait vraiment que le gouvernement fasse la mise en œuvre des recommandations du groupe de travail qui a été formé pour adresser cet enjeu. Jusqu’à présent trop peu a été fait et il ne s’agit pas juste des programmes de langue dans les écoles anglophones mais d’abord et avant tout de l’accès à l’éducation en français dans toute la province. »

Trop peu a été fait, selon la députée libérale Lucille Collard. Crédit image : Rudy Chabannes

Cette annonce intervient peu de temps après la signature d’un accord avec la France qui vise lui aussi à répondre en partie à la pénurie d’enseignants dans laquelle la province est plongée. Selon cette entente, les enseignants diplômés d’un master MEEF (Métiers de L’enseignement, de l’éducation et de la formation) obtenus dans un INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) sont exonérés de diplôme de l’Ordre des enseignants de l’Ontario.

« Ce sont les premiers d’un grand nombre d’enseignants qui devraient être recrutés grâce au projet pilote prometteur avec la France et du déploiement d’efforts de recrutement international dans des pays francophones », soutient le gouvernement qui avance que d’autres initiatives sont en cours, en application de son plan de recrutement et de rétention du personnel enseignant de langue française qui s’étale jusqu’en 2025.

Parmi les pistes explorées : le recrutement dans des territoires de compétence francophones à l’étranger, l’élimination des obstacles aux programmes de formation à l’enseignement, l’assouplissement des programmes de formation à l’enseignement et la création d’environnements qui soutiennent l’enseignement.

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