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Possibilité de grève dans les collèges ontariens

TORONTO – Les collèges ontariens, dont La Cité et le collège Boréal, pourraient être en grève dès le 16 octobre si la partie patronale ne revient pas à la table des discussions.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Pour Mona Chevalier, présidente du local 470 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) et représentante des employés du collège La Cité, la situation est très frustrante. Mme Chevalier déplore qu’il n’y ait pas eu de véritables négociations, obligeant le SEFPO à agiter une menace de grève.

«Ça fait depuis début juillet que nous sommes à la table des négociations avec l’employeur et il a été complètement intransigeant (…) Il n’est pas prêt à bouger sur quoi que ce soit», s’exclame-t-elle.

Par voie de communiqué, la présidente de l’équipe de négociation du SEFPO, JP Hornick, a demandé au Conseil des employeurs des collèges de revenir à la table des négociations et ne pas attendre la dernière minute pour négocier.

«Le personnel scolaire est frustré par les administrateurs des collèges qui s’obstinent à dire aux enseignants ce qu’ils doivent enseigner, comment ils doivent l’enseigner et même quelles notes ils doivent attribuer aux étudiants», a-t-elle ajouté.

Le SEFPO représente plus de 12 000 professeurs, instructeurs, conseillers et bibliothécaires qui travaillent dans les 24 collèges publics de l’Ontario.

 

La précarité d’emploi enjeu

Parmi les points de litiges, on retrouve la précarité des emplois des enseignants. Au cours des dernières années, la direction des collèges aurait eu tendance à embaucher plus de personnel contractuel.

«Actuellement, il faut que la plupart des enseignants postulent chaque session pour pouvoir enseigner un cours, alors il n’y a aucune garantie d’emploi et ça crée une grosse gestion administrative», s’exclame Mme Chevalier.

Par ailleurs, en laissant plus de postes à des employés contractuels, la qualité de l’enseignement en sort diminuée, estime la représentante syndicale.

«Ça diminue la qualité de l’éducation quand d’une session à l’autre, ces professeurs doivent mettre plus d’attention à refaire une demande pour pouvoir enseigner à nouveau», explique-t-elle.

D’autres demandes sont également mises de l’avant par le SEFPO, notamment en ce qui a trait à la gestion des salles de cours et des techniques d’enseignement.

La dernière grève des enseignants des collèges remonte à 2006. L’arrêt de travail avait alors duré trois semaines. La convention collective des enseignants des collèges est arrivée à échéance à la fin du mois de septembre.

 

Inquiétude pour le gouvernement

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews, a spécifié que bien que le gouvernement n’était pas directement impliqué dans le dossier, les étudiants restaient la priorité.

«Nous savons que les parties engagées dans la discussion ont à cœur le succès des étudiants et veulent tout faire pour avoir de meilleures salles de classe. La solution à ce conflit se trouvera par la négociation et nous demandons aux deux parties de revenir à la table des négociations», a-t-elle déclaré dans un échange de courriels avec #ONfr.

«Nous sommes engagés à diriger les étudiants vers les bonnes ressources en cas de grève», a-t-elle ajouté.

Si aucune solution n’est trouvée d’ici quelques jours, une grève sera déclenchée à 12:01 dans la nuit de dimanche à lundi.

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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.