Société

Wendover, là où la communauté burundaise trouve sa place

Une soirée culturelle, organisée en collaboration avec la municipalité, a permis aux résidents de Wendover de découvrir la culture burundaise. Photo : Amine Harmach / ONFR

ALFRED-PLANTAGENET – Installée à Wendover depuis 2020, la communauté burundaise ne cesse de croître. Le Mois de l’histoire des Noirs a été l’occasion d’aller à la rencontre des résidents lors d’une soirée culturelle organisée en collaboration avec la municipalité.

« Ici, à Wendover, nous sommes chez nous. » Pour Ange Christella, présidente de l’Association de la communauté burundaise de Wendover, cette localité du canton d’Alfred-Plantagenet est devenue un véritable chez-soi pour la trentaine de familles burundaises qui s’y sont installées.

« Nous remercions les habitants de Wendover de nous faire sentir chez nous », a-t-elle déclaré lors d’une soirée culturelle organisée récemment dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.

La communauté burundaise de Wendover est jeune à double titre, souligne sa présidente.

« D’abord par son histoire récente : les premières familles se sont installées dans la région à partir de 2020. Ensuite par sa composition démographique : les 32 familles burundaises qui y vivent regroupent 65 adultes et 85 enfants, faisant de cette communauté l’une des plus jeunes du secteur », explique-t-elle.

Une communauté bien structurée

Justement arrivé à Wendover en 2020, Montfort Nininahazwe, vice-président de la communauté burundaise, se souvient des débuts. « J’étais le deuxième membre de la communauté à m’installer à Wendover. La première personne est arrivée quelques mois avant moi », explique-t-il.

Montfort Nininahazwe, vice-président de la communauté burundaise de Wendover, évoque certains épisodes d’incompréhension ou de racisme, tout en soulignant la capacité de la communauté à y faire face. Photo : Amine Harmach / ONFR

Selon lui, l’établissement des familles s’est fait naturellement. « Comme le Burundi est un petit pays, surtout autour de la capitale, tout le monde se connaît ou presque. L’installation s’est faite par le bouche-à-oreille, selon les affinités : amis, famille, connaissances, personnes qui ont fréquenté les mêmes écoles ou fait les mêmes études », affirme Montfort Nininahazwe.

Malgré sa jeunesse, la communauté est déjà bien structurée. « Les 32 familles se connaissent, se rencontrent régulièrement et sont solidaires. Nous sommes présents à chaque étape importante de la vie sociale : naissances, nouvelles arrivées, soutien mutuel. Ça crée un lien fort et ça nous aide à surmonter les défis ensemble », confie Montfort Nininahazwe.

Éric Sesonga, résident de Wendover, souligne l’entraide entre les familles, notamment pour la garde des enfants, comme un élément clé de l’esprit communautaire. Photo : Amine Harmach / ONFR

Pour Éric Sesonga, qui réside depuis décembre 2022 à Wendover avec son épouse et ses quatre enfants, cet esprit communautaire se reflète dans la vie quotidienne. « Ce que j’aime le plus, c’est le côté très familial du milieu. Les voisins sont amicaux, bienveillants, et les écoles sont proches et le coût de la vie est plus abordable », observe-t-il.

« Des défis surmontables »

Après avoir vécu à Ottawa, il souligne le contraste : « Là-bas, ce n’était pas facile de laisser les enfants sortir seuls ou aller à l’école à vélo. Ici, mes enfants peuvent jouer dans le quartier sans que je m’inquiète. Ça change tout. »

Le principal défi demeure toutefois le transport vers Ottawa. « Sans voiture, ce n’est pas évident. Mais la communauté s’est organisée. On a créé un groupe WhatsApp pour se coordonner et faire du covoiturage », relève-t-il.

Sur la question du racisme, Éric Sesonga se montre nuancé. « Personnellement, je n’ai pas vécu de situation directe. Il peut y avoir des récits ici et là, mais rien de marquant dans notre expérience. »

Un constat partagé par Montfort Nininahazwe, qui reconnait toutefois que certains milieux ruraux découvrent encore la pluralité culturelle.

« Il arrive que des jeunes soient confrontés à de petits épisodes de racisme ou d’incompréhension. Ce ne sont pas des situations insurmontables, mais on en parle en famille et en communauté », fait-il remarquer.

Et d’ajouter : « On ne se victimise pas, mais on reconnaît que ces réalités existent, surtout dans les premiers temps d’installation ».

Selon Manon Besner, directrice des parcs et loisirs d’Alfred-Plantagenet, « le fait que la communauté burundaise soit francophone facilite naturellement les échanges et les rencontres ». Photo : Amine Harmach / ONFR

Du côté municipal, Manon Besner, directrice des parcs et loisirs d’Alfred-Plantagenet, voit dans les initiatives de rencontres culturelles un levier important. « On est dans un contexte rural, entre Ottawa et Montréal. Les gens viennent de cultures différentes. Ce qu’on essaie de faire, c’est d’enlever les barrières, de favoriser les rencontres et l’apprentissage mutuel », indique-t-elle.

Portée par la municipalité en collaboration avec la communauté burundaise locale, une soirée a récemment réuni résidents, voisins et partenaires autour de danses traditionnelles, de musique et d’un repas aux saveurs du Burundi.