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13 programmes en français suspendus à l’Université Saint-Paul

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – L’Université Laurentienne n’est pas la seule université bilingue de la province à avoir modifié ses programmes à la rentrée. L’Université Saint-Paul a, elle aussi, procédé à un réajustement, créant un nouveau programme et en suspendant 22 autres.

Au total, 13 programmes en français et neuf en anglais ne seront pas accessibles à la rentrée à l’Université Saint-Paul.

« Ces suspensions ne concernent que les nouveaux étudiants en première année. Les personnes qui ont déjà commencé leur diplôme vont pouvoir continuer », précise la rectrice de l’institution, Chantal Beauvais.

Une telle décision demeure courante, explique-t-elle, même si le nombre, cette année, est légèrement supérieur.

« Chaque année, nous faisons une réévaluation des programmes. On regarde le nombre d’inscriptions, les tendances… On ne peut pas fonctionner avec deux ou trois étudiants. Ce ne serait pas stimulant pour eux et ça coûterait trop cher. Ce sont des fonds publics. »

Mme Beauvais insiste que les programmes ne sont pas supprimés, mais simplement « en jachère ».

« Ça va nous permettre de réfléchir à comment les rendre plus attractifs. Des fois, c’est une question de marketing, des fois, il faut trouver une autre façon de faire, d’autres fois, nos programmes sont trop spécifiques… Il y a aussi l’évolution sociale. Par exemple, pour le programme de Théologie, on voit depuis longtemps qu’il y a de moins en moins de demandes, car sur le plan sociologique, la religion organisée est en décroissance. »

En revanche, le nouveau Doctorat interdisciplinaire lancé cette année connaît un franc succès, dit-elle.

« Même avec une approbation tardive et peu de publicité, nous avons déjà un nombre incroyable d’inscriptions ! »

Le succès de certains programmes comme celui-ci permet de compenser l’absence d’étudiants dans les programmes suspendus, ajoute Mme Beauvais.

Les programmes en français suspendus à Saint-Paul pour 2020-2021

  • Éthique et enjeux sociaux contemporains (certificat et baccalauréat)
  • Théologie (certificat, baccalauréat et maîtrise)
  • Études théologiques (maîtrise)
  • Droit canonique (diplôme d’études secondaires et maîtrise)
  • Accompagnement et spiritualité en soins palliatifs (diplôme d’études secondaires)
  • Théologie contemplative et mentorat spirituel (diplôme d’études secondaires)
  • Bioéthique catholique (diplôme d’études secondaires)
  • Théologie (maîtrise)
  • Théologie pratique (doctorat)

Des programmes à valoriser

La COVID-19 a également eu un impact sur la décision de l’Université.

« Nous avons déjà un déficit et on n’imagine pas que le gouvernement va nous donner plus d’aide, il faut donc limiter les risques. »

De là à imaginer des fermetures définitives de programmes à terme ?

« C’est une décision difficile à prendre, mais parfois, il faut s’y résigner. Par le passé, nous avons dû fermer le programme Dialogue religieux et interculturel et celui de Philosophie. Il y a une baisse d’intérêt pour les humanités. Ce sont des études sous-estimées, car beaucoup se posent la question des emplois vers lesquels elles mènent. Pourtant, des recherches prouvent que ces études développent des compétences demandées par les employeurs, comme la pensée critique, les capacités de communication, de travailler en équipe… Il faut lutter contre cette perception. »

Récemment, l’Université Laurentienne a annoncé la suspension de dix programmes en français qui ont fait vivement réagir les associations de professeurs et d’étudiants près à en découdre devant les tribunaux.

À l’Université Saint-Paul, ni l’Association des professeures et professeurs de l’Université Saint-Paul ni l’Association étudiante de l’Université Saint-Paul n’avaient répondu aux demandes d’entrevue de ONFR+ au moment de publier cet article.

Quelques cours en moins à La Cité et au Collège Boréal

Le Collège Boréal et La Cité ont également fait des choix similaires.

Dans un échange de courriels avec ONFR+, le directeur des communications, planification stratégique et relations gouvernementales, Marc Despatie, explique qu’en juin, l’institution collégiale de Sudbury a suspendu les programmes de Techniques du génie de la construction-civil et de Techniques en prospection et exploration minière pour cause de demande insuffisante.

« Comme les programmes doivent répondre aux besoins de sa clientèle et du marché de l’emploi, le Collège Boréal examine annuellement sa programmation et l’ajuste en conséquence », explique M. Despatie qui précise que les étudiants actuels dans ces programmes pourront les poursuivre jusqu’à leur terme.

Il rappelle également que le Collège Boréal a lancé deux nouveaux programmes en janvier 2020, Pratiques agricoles et Pratiques en administration de bureau, accessibles en ligne.

« La COVID n’est pas la cause principale de ces suspensions. (…) Cela dépend souvent de la perception des étudiants des perspectives d’emploi au terme de leur programme, ainsi que de nombreux autres facteurs… », explique M. Despatie.

Le Collège Boréal à Sudbury. Source : Facebook

À Ottawa, l’impact de la COVID-19 est au contraire avancé par le collège La Cité qui remarque un niveau de demandes d’admission légèrement inférieur à pareille date, l’an dernier, notamment à cause d’une fermeture des frontières préjudiciable au recrutement des étudiants internationaux.

Quatre programmes ont été repoussés ou suspendus à l’automne 2020, soit plus qu’habituellement, indique l’institution.

Afin d’adapter le laboratoire aux mesures sanitaires liées à la pandémie, les programmes Hygiène dentaire et Soins dentaires ne pourront débuter qu’en janvier 2021.

Les finissants du programme Techniques de travail social étant habiletés à travailler dans les centres de soins de longue durée, la spécialisation gérontologie a également été abandonnée faute d’inscriptions.

Enfin, les étudiants du programme Transformation des aliments et assurance de qualité ont été redirigés vers le programme Gestion de la nutrition et des services alimentaires.

Joints par ONFR+, l’Université de Hearst, l’Université d’Ottawa et le Collège universitaire Glendon indiquent, pour leur part, ne pas prévoir de suspension de programmes pour la rentrée.

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