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2019, l’année de leurs 20 ans: les vœux et prédictions de jeunes leaders

[TÉMOIGNAGES]

William Burton, Sue Duguay, Cassidy Villeneuve ou Kelia Wane. Un point commun? Ces quatre jeunes leaders francophones nés en 1998 ou 1999 auront tous à un moment 20 ans en 2019. 20 ans, c’est l’âge de tous les rêves, comme le dit le vieux dicton. En marge de cette nouvelle année, #ONfr a souhaité connaître leurs attentes, mais aussi leurs prédictions.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Kelia Wane, le défi de l’inclusion

La jeune leader originaire de Toronto a connu une année 2018 plutôt pleine. D’abord, son élection à la co-présidence du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) au mois de mars, puis une fin d’année mouvementée avec les compressions aux services en français par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford.

Difficile donc de laisser de côté la mobilisation de la Résistance pour 2019. «Je vois une mobilisation beaucoup plus innovante, pas seulement avec les pancartes devant des bureaux, mais aussi marquer notre présence sur les médias sociaux, avec un type de message nouveau qui n’a pas encore été utilisé (…) La lutte ne finit pas le 1er décembre. La lutte continue jusqu’à ce qu’on ait tous nos droits.»

Kelia Wane (2e en partant de la droite) entourée par Marie-Pierre Héroux, François Hastir et Radi Shahrouri. Source: Facebook RÉFO

Mais surtout cette personne qui refuse de mettre l’accent sur son genre espère que ce thème avancera davantage en 2019. Ne pas s’identifier sous la bannière masculine et féminine comporterait son lot de difficultés. «Pour les prochaines années, je prévois une inclusion au vocabulaire francophone, une écriture non-binaire, que plusieurs personnes puissent s’exprimer hors de la binarité.»

Toujours sur la note de l’inclusion, Kelia Wane aimerait voir dans les prochains mois «une plus grande ouverture» par rapport à l’inclusivité linguistique. «Il faut inclure les gens du Sud, mais aussi les différentes sphères de la francophonie», affirme cette personne née au Canada d’un père sénégalais et d’une mère rwandaise.

En attendant la graduation, Kelia Wane poursuit ses études à l’Université d’Ottawa en deuxième année de Développement international et Mondialisation.

 

Sue Duguay, comprendre et se faire comprendre

La jeune leader néo-brunswickoise a déjà franchi de nombreuses étapes dans la francophonie. À 19 ans, la voilà à la tête de Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF). Un nouveau statut qui lui a permis d’être aux premières loges de plusieurs événements en 2018: une place parmi la délégation francophone au sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Erevan ou encore, un rôle d’intervenante dans le dossier des fonds alloués aux journaux communautaires francophones.

«La question de la modernisation de la Loi sur les langues officielles sera importante en 2019, je ne pense pas que ça arrivera, mais il y aura des progrès», affirme Mme Duguay.

La présidente de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB), Sue Duguay
La présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, Sue Duguay. Gracieuseté

Originaire de Miramichi au Nouveau-Brunswick, «une minorité francophone dans une majorité anglophone», la présidente de la FJCF a quand même quelques souhaits pour la nouvelle année. «Je vois aussi une plus large communication entre les communautés linguistiques, que les anglophones et les francophones se comprennent, au lieu d’un combat linguistique. Il y a des matins où c’est plus difficile, mais il faut continuer!»

À la question de prédire les actions du nouveau premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, en faveur des francophones, Sue Duguay refuse de faire une prédiction. «Je n’aime pas l’idée d’anticiper du négatif. Mais en tant que communauté, il y a eu des reality-check. Il ne faut pas prendre les choses pour acquises, du moins pour l’instant. Le gouvernement a été élu pour représenter la population, il faut comprendre et se faire comprendre.»

 

William Burton, l’ambition comme moteur

De William Burton en 2018, on retient surtout sa présence sur les médias sociaux après la polémique suscitée par les propos de Denise Bombardier à Tout le monde en parle. Le jeune leader d’Ottawa manifestement impavide était alors prêt à défendre la cause franco-ontarienne sur le plateau de l’émission québécoise.

Il y eut aussi, au printemps dernier, le Prix de la francophonie de l’Ontario 2018 – Prix Jeune – remis par la ministre des Affaires francophones de l’époque, Marie-France Lalonde.

«Des vœux que je souhaite pour 2019, c’est que le star system québécois découvre qu’il y a des artistes francophones partout au Canada. Je veux aider la jeunesse à être fière de sa culture, de sa francophonie. Ce n’est pas encore à la mode d’être hyper fier de sa culture.»

Le fondateur du Réveil, William Burton. Source: Facebook William Burton

Capter les jeunes, c’est justement le but du Réveil, l’entreprise sociale qu’il a fondée pour informer les francophones d’Ottawa des activités culturelles et artistiques à venir dans la région. «En 2019, mon équipe et moi envisageons d’avoir des ambassadeurs dans chaque école. Les ambassadeurs, lesquels seront Les Réveillés, vont créer des clips culturels et formeront un comité consultatif qui pourra travailler avec nous.»

Sur une note plus politique, M. Burton concède que 2019 sera une «grosse année» pour la francophonie. «Il y aura bien sûr le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, et un gros mois de mars pour la Semaine internationale francophone… Il va falloir aussi voir ce que va faire le gouvernement pour rapprocher le monde au pays. Des fonds débloqués peut-être?»

 

Cassidy Villeneuve, le souhait de voir les communautés se rapprocher

L’ancienne vice-présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) vient tout juste de fêter ses 20 ans, le mois dernier. Une première désillusion toutefois: le Parti progressiste-conservateur pour qui elle avait milité durant les dernières élections provinciales a mis la hache dans les services francophones.

Originaire de North Bay, Cassidy Villeneuve, aujourd’hui étudiante en troisième année de sciences politiques à l’Université d’Ottawa, était présente à la manifestation le 1er décembre dans la capitale. «On a vu beaucoup de solidarité des autres provinces, du Québec… Dans le passé, on était des Canadiens français, puis nous avons eu des identités provinciales, mais on voit finalement une cause commune, où l’on peut travailler ensemble. Ça fait longtemps que les provinces n’ont pas travaillé ensemble. Il faut continuer dans les mois qui viennent.»

L’ancienne vice-présidente de la FESFO et militante, Cassidy Villeneuve. Source Facebook: Cassidy Villeneuve

Comme les autres personnes interrogées, Cassidy Villeneuve n’était pas née au moment de SOS Montfort, en 1997. «J’aurais rêvé d’être là. Je me suis demandée, le 1er décembre, si c’était comme ça à Montfort. J’ai été vraiment surprise pour la décision de l’Université de l’Ontario français, surtout que le gouvernement avait travaillé dessus. Ça a été un choc pour moi. Je réalise que j’ai vraiment vécu des bonnes années. À la FESFO, on revendiquait des prochaines étapes, pas nos acquis.»

La solution de la crise linguistique en 2019 sera-t-elle politique ou judiciaire? La réponse de l’intéressée est claire. «Il n’y a pas de solution politique. Il n’y a qu’a voir la manière dont Amanda Simard a été traitée par le parti. Les prochaines étapes seront probablement devant les tribunaux.»

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