Le Collège militaire royal (CMR) à Kingston en Ontario a mis fin au bilinguisme mur à mur au sein de son institution en mai dernier. Photo : Affaires publiques du CMR.
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La commissaire enquêtera sur le virage unilingue anglais au Collège militaire de Kingston

Le Collège militaire royal (CMR) à Kingston en Ontario a mis fin au bilinguisme mur à mur au sein de son institution en mai dernier. Photo : Affaires publiques du CMR.

La commissaire aux langues officielles Kelly Burke lance une enquête sur la décision du Collège militaire royal de Kingston (CMR) de faire de l’anglais la langue de travail principale au sein de l’institution.

Sept plaintes ont été déposées après que le Collège est passé d’une entité administrative bilingue à une entité unilingue anglaise, en vertu d’une mise à jour de la politique sur les langues officielles à la Défense nationale. Le Commissariat aux langues officielles (CLO) a confirmé la semaine dernière qu’une enquête avait été ouverte. Les auteurs des plaintes ont aussi été officiellement informés de cette démarche.

« L’enquête tiendra compte, entre autres, de la partie VII et de l’esprit de la Loi sur les langues officielles (la Loi) », indique le CLO dans un message aux différents plaignants.

L’établissement militaire avait communiqué ce changement à la communauté en mai dernier. Dans une réponse écrite, le ministère de la Défense nationale, dont relève le CMR de Kingston, nous a indiqués être au courant de l’enquête que mène le CLO.

« Nous respectons le droit de toute personne de soulever des préoccupations auprès du Commissariat, et reconnaissons l’importance du processus de plainte dans la protection des droits linguistiques. Nous collaborerons pleinement avec le Commissariat dans le cadre de son enquête », a déclaré Cheryl Forrest, du bureau des relations avec les médias de la Défense nationale.

Cette décision faisait suite à celle du Conseil du Trésor de classifier Kingston comme une région unilingue anglophone pour la langue de travail, mettant ainsi le français de côté au sein de l’administration.

« L’administration interne, les réunions du personnel et les services centraux sont menés principalement en anglais », avait indiqué Pascal Godbout, en précisant que « l’utilisation des deux langues officielles dans les réunions et les communications internes est encouragée lorsque la situation opérationnelle le permet ».

« Toutefois, l’information essentielle doit être disponible en anglais », décrivait le commandant.

Pas d’impact sur l’instruction

Le CMR de Kingston constitue, avec le CMR Saint-Jean au Québec, l’une des deux seules institutions universitaires fédérales du pays. En raison de ce statut, ces établissements sont assujettis aux politiques du ministère de la Défense nationale ainsi qu’aux obligations linguistiques prévues par la Loi sur les langues officielles. Le Collège propose une vingtaine de programmes à ses quelque 1200 étudiants, lesquels obtiennent, au terme de leur parcours, un brevet d’officier des Forces armées canadiennes en plus d’un diplôme universitaire de premier cycle.

La directive assurait que la nouvelle politique n’aurait pas d’impact sur l’instruction en français et en anglais, alors que « le Collège maintiendra la capacité bilingue nécessaire pour respecter cette obligation ».

Il en va de même pour le public, qui n’est pas affecté par cette transition vers l’unilinguisme anglais, assure le CMR. En effet, l’abolition de l’obligation d’offrir des services internes bilingues ne concerne que les employés de l’institution.

Cette obligation concerne notamment les ressources humaines, les finances, l’administration universitaire, les technologies de l’information, ainsi que tous les services du personnel tels que la paie et les avantages sociaux.

« C’est quelque chose que vous me révélez, mais c’est une décision [celle du CMR], selon moi, qui n’a pas de sens », avait réagi le ministre de la Défense du Canada, David McGuinty, assurant que « le Collège et le système d’éducation sont des systèmes bilingues au Canada pour les Forces armées canadiennes ».