À Toronto, l’Académie du grand débat littéraire lance sa première édition
TORONTO – Une toute première édition de la nouvelle Académie du grand débat littéraire a été lancée ce mercredi par le Salon du livre de Toronto, où quatre clubs de lecture se sont affrontés autour de Jacaranda, l’œuvre de Gaël Faye, dernier lauréat en date du Choix Goncourt Canada. Cette édition inaugurale se présente comme le début d’un véritable programme de formation au débat littéraire.
La diversité des clubs de lecture participants, tous réunis autour de la même passion, a constitué la richesse de cette première rencontre. Ils étaient au nombre de quatre à relever le défi : le club du Centre Accueil Héritage, le club de l’Université de l’Ontario français, celui du Empowered Readers Circle ainsi que le club Mousson et Macaron. Les uns et les autres se sont mesurés autour de l’œuvre de Gaël Faye Jacaranda, parue il y a deux ans aux éditions Grasset.
« Le débat a été excellent. Nous avons beaucoup aimé écouter les points de vue des autres participants. C’était une très belle expérience », témoigne Manu Ramesh, membre du club de lecture Mousson et Macaron. Ce dernier explique que le livre choisi illustre des problématiques communes à de nombreux pays : « Le Rwanda, ce n’est pas le seul pays où l’on voit des choses pareilles. »
Pour la directrice du Salon du livre de Toronto, Eunice Boué, il fallait trouver un livre capable de rassembler tout le monde. Elle a ainsi choisi le deuxième roman du franco-rwandais Gaël Faye dans lequel il raconte les conséquences du génocide rwandais sur les générations suivantes, mais surtout la manière dont les sociétés tentent de se reconstruire après leurs tragédies. « C’est beau de voir que différents clubs de lecture, aux parcours variés, peuvent se réunir autour de ce livre », mesure-t-elle.
L’idée de créer cette Académie était en réflexion depuis déjà un certain temps, car « un livre se lit seul, mais lorsqu’on en débat ensemble, cela apporte quelque chose de particulier et ça ouvre la porte au jeu », juge Mme Boué.
La désignation d’Académie relève d’une certaine ambition d’amener ces clubs à développer des compétences complémentaires, comme la prise de parole en public, l’éloquence, ainsi que la maîtrise du débat.
Les prochains clubs de lecture pourront s’inscrire dès le mois de janvier prochain, puis suivre un programme d’accompagnement et de mentorat autour de la prise de parole en public et des arts oratoires. Au total, 12 candidatures ont été reçues cette année.
Pour cette première édition, le club de lecture de l’Université de l’Ontario français (UOF) s’est vu décerner le premier prix.
Positionner Toronto comme un carrefour majeur de la littérature francophone ressort également des ambitions des organismes participants. « On veut aussi, par ce projet, montrer que Toronto peut être le rendez-vous de la littérature francophone pancanadienne », affirme Mme Boué.

Les membres du jury composé de maisons d’éditions ou encore de l’Institut français du Canada étaient présents pour valoriser ces clubs de lecture et soutenir leur engagement en faveur de la littérature francophone.
« C’est une forme de pérennisation du Choix Goncourt au sein des communautés », conclut la directrice.