De gauche à droite : Ghislain Caron, codirecteur général du Théâtre français de Toronto, Nick Macrae, président de Woodbourne, Olivia Chow, mairesse de Toronto, Paula Fletcher, conseillère municipale de Toronto-Danforth, Gautam Mukherjee, chef de la direction de Neighbours, et Karine Ricard, directrice artistique et codirectrice générale du Théâtre français de Toronto, lors de la première pelletée de terre de la future salle permanente du TfT sur l'avenue Danforth. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Culture

Le Théâtre français de Toronto voit enfin sa salle permanente sortir de terre

De gauche à droite : Ghislain Caron, codirecteur général du Théâtre français de Toronto, Nick Macrae, président de Woodbourne, Olivia Chow, mairesse de Toronto, Paula Fletcher, conseillère municipale de Toronto-Danforth, Gautam Mukherjee, chef de la direction de Neighbours, et Karine Ricard, directrice artistique et codirectrice générale du Théâtre français de Toronto, lors de la première pelletée de terre de la future salle permanente du TfT sur l'avenue Danforth. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

TORONTO – Pendant près de six décennies, le Théâtre français de Toronto (TfT) a présenté ses spectacles sans jamais avoir de véritable chez-soi. Ce vendredi matin, cette longue attente a franchi une étape historique avec la première pelletée de terre de sa future salle permanente sur l’avenue Danforth, un projet qui prendra place au cœur d’un vaste complexe résidentiel de plus de 400 logements.

Pour les dirigeants du TfT, cette journée marque bien plus que le début d’un chantier.

« L’émotion est très forte parce que c’est un peu irréel que finalement ce rêve, depuis 59 ans, va vraiment prendre vie et va se réaliser, confie le codirecteur général Ghislain Caron à ONFR. C’est difficile d’imaginer que je suis sur le terrain où ça va être construit. »

Présent au Théâtre français de Toronto depuis 36 ans, il voit enfin aboutir un projet porté par plusieurs générations.

Karine Ricard, directrice artistique et codirectrice générale, et Ghislain Caron, codirecteur général du Théâtre français de Toronto, ont rappelé qu’après 59 ans sans domicile permanent, la première pelletée de terre marque le début d’un nouveau chapitre pour l’institution francophone. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Le lancement des travaux représente l’aboutissement d’un rêve porté depuis la création de l’institution en 1967. Dans son allocution, le duo de direction formé par Karine Ricard et Ghislain Caron a tenu à rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont gardé ce projet vivant au fil des décennies.

« Plusieurs générations de directions artistiques et administratives, de membres du personnel, d’administrateurs, de donateurs et de bénévoles se sont attelées à garder ce rêve vivant », ont-ils rappelé dans un communiqué.

Après 59 ans sans domicile permanent, le TfT disposera enfin d’un lieu conçu spécifiquement pour ses besoins, décrit comme un nouvel « ancrage pour les arts et la culture francophone » au cœur de Toronto.

Un projet rendu possible par un partenariat inédit

Si plusieurs projets de salle permanente n’ont jamais vu le jour par le passé, celui-ci a pu se concrétiser grâce à un modèle de développement différent.

Le futur théâtre sera intégré à un important complexe immobilier construit au 1111-1117 Danforth Avenue. Le projet comprendra plus de 400 logements locatifs, dont une partie sera abordable, ainsi que des logements destinés à des personnes en situation de vulnérabilité, en plus d’espaces commerciaux et de la nouvelle salle du Théâtre français de Toronto.

Aperçu du futur complexe immobilier qui accueillera la première salle permanente du Théâtre français de Toronto sur l’avenue Danforth. Le bâtiment comprendra plus de 400 logements ainsi qu’un espace culturel dédié au TfT. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Selon Ghislain Caron, le partenariat avec le promoteur Woodbourne a été déterminant. « Ce qui a permis à ce projet de voir le jour, c’est que les promoteurs immobiliers, Woodbourne, ont fait payer le Théâtre français au prix coûtant. Ça diminue beaucoup le prix. C’est faisable dans ces conditions-là », explique-t-il, soulignant également l’appui des différents bailleurs de fonds.

Le président de Woodbourne, Nick Macrae, a lui aussi insisté sur l’importance de cette collaboration entre le secteur privé et les organismes communautaires afin de construire davantage de logements tout en créant un véritable milieu de vie pour le quartier.

Une vision qui réunit logement et culture

Au-delà du théâtre, les différents intervenants ont présenté le projet comme un exemple de développement urbain où les enjeux du logement et de la culture avancent ensemble.

La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a rappelé que le complexe accueillera des logements pour des familles, des aînés et des personnes reconstruisant leur vie, tout en offrant un nouveau foyer au seul théâtre francophone de la métropole.

« Pour la communauté francophone, ce sera un centre de langue et de culture au cœur de Toronto », a-t-elle déclaré, estimant que l’ensemble contribuera à créer une communauté complète où logements, commerces, transport collectif et culture cohabiteront.

La conseillère municipale de Toronto-Danforth, Paula Fletcher, qui soutient le projet depuis ses débuts, a pour sa part salué l’ensemble des partenaires ayant permis sa réalisation. Elle voit dans cette initiative l’un des projets de développement urbain les plus marquants que connaîtra l’avenue Danforth depuis de nombreuses années.

La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a salué un projet qui réunit logement abordable et culture francophone. Après avoir glissé quelques mots en français durant son discours, elle a promis d’être présente lors de la première représentation dans la future salle permanente du Théâtre français de Toronto. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Même son de cloche du côté de l’organisme Neighbours, partenaire du volet résidentiel, qui a remercié la Ville de Toronto pour les programmes de soutien au logement abordable ayant permis de faire avancer le dossier.

Le chantier est lancé, le financement se poursuit

Cette première pelletée de terre ne signifie toutefois pas la fin du travail. Les responsables du Théâtre français de Toronto prévoient maintenant une importante campagne de financement privé, tandis que les travaux devraient s’échelonner sur environ trois ans, avec un objectif d’ouverture pour la saison 2029-2030.

Interrogés sur l’état du montage financier lors de la période de questions, Karine Ricard et Ghislain Caron se sont néanmoins montrés confiants.

« Nous avons l’absolue certitude » que le projet ira de l’avant, a assuré la direction du Théâtre, précisant que les démarches auprès des différents paliers de gouvernement se poursuivent.

Depuis plusieurs mois, ONFR suit les différentes étapes de ce dossier, du financement fédéral partiel jusqu’à la garantie de prêt accordée par la Ville de Toronto. Avec le début officiel des travaux, le Théâtre français de Toronto tourne désormais une nouvelle page de son histoire : celle où son rêve d’une salle permanente cesse d’être un projet sur papier pour devenir un chantier bien réel.