Lancée en mai dernier, la Voix du Corridor doit récolter une somme suffisante d'ici le 16 octobre pour assurer sa survie. Photo : gracieuseté de Kevin Anderson
Société

Nord de l’Ontario : « La Voix du Corridor pourrait disparaître »

Lancée en mai dernier, la Voix du Corridor doit récolter une somme suffisante d'ici le 16 octobre pour assurer sa survie. Photo : gracieuseté de Kevin Anderson

KAPUSKASING – Après avoir lancé La Voix du Corridor, un média bilingue pour les communautés du corridor de la route 11, le printemps dernier, son fondateur et rédacteur en chef, Kevin Anderson, sollicite désormais l’appui financier de la communauté pour continuer la mission du journal. Si l’objectif n’est pas atteint sous peu, le journal risque de disparaître.

Depuis quelques jours, Kevin Anderson sollicite le soutien financier de son lectorat sur la page Facebook du média 100 % bilingue qu’il a lancé en mai 2026. « Sans un appui suffisant d’ici le 16 octobre, La Voix du Corridor pourrait disparaitre », peut-on lire dans une publication. Afin de sauver la mission du journal, il doit impérativement récolter une somme qu’il a préféré ne pas divulguer d’ici au 16 octobre prochain.

En entrevue avec ONFR, le fondateur précise qu’il ne cherche pas de don, mais des abonnements annuels. Pour l’instant publié gratuitement sur Facebook, le contenu d’information sera disponible sur le futur site web du média, réservé aux abonnés payants, un objectif que le rédacteur a dû clarifier auprès de son lectorat.

Pour lui, publier sur le réseau social était la phase préliminaire du projet. « Je voulais donner aux lecteurs la chance de voir quelle sorte d’histoires pourraient être publiées, à quelle sorte d’information ils pouvaient s’attendre », dit-il, « le seul problème, c’est qu’il y a beaucoup de monde qui pensait que la page Facebook était le journal tel quel. C’est pour cela qu’il a fallu que je mette une date limite pour qu’ils achètent un abonnement ou une adhésion ».

Depuis quelques jours, des entreprises locales apportent leur soutien en achetant des abonnements. Mais tout n’est pas gagné, puisqu’il faut que la communauté contribue pour que la somme récoltée suffise non seulement à finaliser la construction du site d’actualités et l’achat de l’équipement, mais surtout, à payer un salaire au rédacteur, qui, pour l’instant, demeure le seul journaliste du quotidien.

« Ça fait à peu près quatre mois que je travaille gratuitement. Puis, éventuellement, il va falloir que je sois capable de tirer un salaire du journal ou que je me trouve un autre emploi. C’est aussi simple que ça. Il faut quand même que je sois capable de soutenir ma famille ».

Lancée en mai, La Voix du Corridor a pour mandat de fournir toutes ses actualités en anglais comme en français aux municipalités qui longent le corridor de la route 11.

Kevin Anderson est le fondateur et rédacteur en chef de La Voix du Corridor. Photo : gracieuseté

Établir le média comme entité indépendante

M. Anderson souhaite adopter un modèle hybride : une rédaction à but non lucratif combinée à une coopérative commerciale. À son lancement, grâce au programme Incub’action, le média avait été enregistré sous la société Core Eleven Media Inc, faisant du rédacteur son unique actionnaire.

Mais ce modèle ne lui convient pas. En effet, le journaliste souhaite que les membres payants du journal en soient les véritables propriétaires afin d’en garantir l’indépendance. S’il parvient à récolter la somme nécessaire, il cèdera le journal à la coopérative Core Eleven Media, un modèle démocratique où chaque membre possède un droit de vote égal. Ce passage vers une structure hybride permettra de séparer le contenu éditorial de la gestion commerciale.

« À la fin de la journée, je n’essaye pas de mettre de l’argent dans mes poches, je veux que le monde qui lit le journal ait une voix dans la manière dont il fonctionne. Je n’ai aucun intérêt à être propriétaire d’une entreprise à la fin de la ligne. Je suis plutôt quelqu’un qui aime produire du contenu ».

À deux semaines de sa date limite, le futur du média bilingue dépend de la communauté. « Le but va toujours être de fournir des informations que les communautés veulent lire », souligne-t-il, « d’offrir un site web d’information pour remplir le vide qui a été laissé quand les journaux locaux ont fermé à travers le corridor », conclut l’ancien rédacteur en chef de The Northern Times et The Cochrane Times Post.