À Alexandria, un festival pour nourrir la francophonie par les mots et les mets
ALEXANDRIA – La littérature franco-ontarienne et les saveurs locales partageront la même table le 4 octobre prochain, à Alexandria, à l’occasion du premier Festival littéraire et culinaire. Entre ateliers, entrevues et rencontres avec des auteurs et des artisans, les organisateurs veulent créer un espace de rassemblement visant à renforcer la francophonie dans cette région de l’Est ontarien où elle est minoritaire.
« Et toi, qu’est-ce que tu fais pour la francophonie? »
L’idée du festival est née de cette question posée il y a quelques mois à Laurence Pechadre. Cette autrice d’origine française, établie depuis plusieurs années dans la région de Glengarry, écrit sous le nom de plume Laura Peck Nussbaumer.
Son parcours réunit déjà les deux univers qui seront mis à l’honneur durant le festival. Autrice de French Toast and Pain Perdu, un recueil d’histoires courtes ponctuées de recettes, elle s’est intéressée à la fois aux écrivains et aux producteurs de la région.
« À Glengarry, j’ai découvert des producteurs et des agriculteurs fabuleux, qui cultivent des légumes et des fruits délicieux. Nous avons une richesse extraordinaire sous nos pieds et à portée de main », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse tenue mardi à Alexandria.
Elle dit avoir également découvert « une véritable mine d’auteurs » entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent.
« La littérature, comme la nourriture, est très nourrissante. C’est un moyen de partager, de s’évader et de raconter nos traditions familiales », résume-t-elle.
Des auteurs franco-ontariens à l’honneur
Six auteurs sont annoncés pour cette première édition : Tina Charlebois, David Ménard, Éric Charlebois, Danielle Dumais, Éric Péladeau et Laura Peck Nussbaumer.

« Les auteurs sont principalement franco-ontariens. Nous avons donc une majorité qui représente bien cette littérature, même si nous espérons accueillir encore davantage d’auteurs l’année prochaine », précise cette dernière.
Les visiteurs pourront assister à un atelier littéraire et à une entrevue avec un auteur, mais les organisateurs souhaitent surtout favoriser les échanges informels.
Lutter contre l’insécurité linguistique
Pour Raphaël Machiels, coorganisateur du festival et cofondateur du média francophone On a le choix, l’événement doit contribuer à la vitalité du français dans le contexte minoritaire de Stormont, Dundas et Glengarry.
« Les auteurs seront francophones et le festival pourra contribuer à lutter contre l’insécurité linguistique. Nous voulons offrir aux gens un espace où ils pourront découvrir la francophonie, s’y sentir à l’aise et la faire vivre », soutient-il.
Une identité culinaire à développer
Partenaire du festival, Doreen Ashton Wagner dirige Consœurs en Affaires, une entreprise sociale bilingue qui soutient les femmes entrepreneures des milieux ruraux de l’Est ontarien.
Selon elle, la cuisine peut devenir un outil de transmission de l’histoire et des traditions francophones. Encore faut-il pouvoir les retrouver et les documenter.

« Nous ne nous sommes tout simplement jamais posé la question et nous n’avons jamais interrogé nos grands-mères. Je suis certaine que nos grands-parents avaient des plats familiaux réputés, mais, à ma connaissance, nous n’avons pas de recettes particulières qui représentent toute la région. Cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. »
Le festival pourrait ainsi contribuer à faire émerger une identité culinaire propre à l’Est ontarien, en faisant dialoguer les traditions locales et les influences apportées par les nouveaux arrivants.
« Ce qui est d’ici peut avoir été conçu, produit ou cultivé ici. C’est une très belle occasion d’ouvrir les portes, mais aussi d’ouvrir les esprits », ajoute-t-elle.
Des produits de la région
Plusieurs artisans et entreprises alimentaires participeront à la journée. Robert Poirier des Fruits du Poirier, Natacha Beauvois de Sweet Billy’s, Amanda Haley de The Glengarry Market, Ana et Alexandre d’Ana’s Bakery, ainsi qu’Angie Parker de A Cup of Kindness, figurent parmi les participants annoncés.
Le jeune Braeden Masse présentera pour sa part certains de ses ingrédients autochtones favoris.
Le premier Festival littéraire et culinaire se déroulera le dimanche 4 octobre, de 10 h à 15 h 45, à Island Park, à Alexandria. Le prix d’entrée est fixé à 5 $ à l’avance ou à 6 $ à la porte.
« Notre premier festival sera sans doute intime, profond et succulent », conclut Laura Peck Nussbaumer.