L’AFO demande plus de pouvoirs en amont à Queen’s Park
La spécificité de la francophonie devrait être considérée dès l’élaboration des politiques à Queen’s Park selon l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). De passage sur le plateau de l’émission Toute une semaine! le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk a parlé de l’importance d’avoir une personne désignée dans plusieurs ministères.
« On a des discussions avec la ministre Kusendova pour qu’elle appuie la création de postes de sous-ministres adjoints dans trois ou quatre ministères clés. » L’AFO estime qu’avoir des personnes responsables des dossiers francophones à l’intérieur des ministères est l’une des solutions pour assurer que les politiques du gouvernement prennent réellement en compte la spécificité francophone.
Une lettre officielle a été envoyée à la ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, le 18 août dernier, afin d’obtenir son appui officiel dans cette démarche.
Depuis quelques années, le sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, Sean Twyford, a également la responsabilité des dossiers francophones. L’AFO précise qu’il ne s’agit pas d’un ajout de postes, mais plutôt d’identifier clairement des personnes qui s’assureront que l’aspect francophone sera pris en compte dans les processus de planification de ce ministère.
L’organisme propose au gouvernement de commencer par le ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences ainsi qu’avec le ministère du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce.
Questionné sur ses priorités, Peter Hominuk soutient qu’en matière d’immigration on doit faire mieux. « Le système actuel ne fonctionne pas adéquatement et doit être amélioré. »
Le livre blanc produit à la suite des États généraux de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens démontre clairement des lacunes dans le suivi des immigrants francophones et le continuum de services en français dans plusieurs régions de l’Ontario, selon Peter Hominuk. « En ce moment, on dit quand un francophone est arrivé en Ontario, on a réussi, mais vraiment c’est le début de son parcours », soutient-il.
Pour l’instant, la demande de l’AFO pour l’ajout de voix francophones dans les ministères n’a pas reçu d’appui officiel de la part de la ministre aux Affaires francophones, mais M. Hominuk reste optimiste. « On a réussi en santé, on va réussir dans d’autres domaines. C’est essentiel pour le livre blanc, c’est essentiel pour l’accroissement et le bénéfice de la communauté franco-ontarienne. »
Pour écouter l’entrevue intégrale.