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André Roy sera le recteur de l’Université de l’Ontario français

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – L’Université de l’Ontario français (UOF) a annoncé, ce mercredi, la nomination d’André Roy comme nouveau recteur. L’actuel doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia, à Montréal, entrera en fonction le 1er août.

Après le départ du recteur par intérim de l’UOF, Normand Labrie, le 1er juillet dernier, André Roy deviendra le premier recteur permanent de la nouvelle institution postsecondaire franco-ontarienne, annonce ce matin l’UOF.

« J’avais été approchée par Dyane Adam [présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF] pour des discussions informelles et de réflexion sur l’Université de l’Ontario français », explique le nouveau recteur en entrevue avec ONFR+. « Mais très vite, je me suis surpris à penser au projet. J’ai toujours rêvé de créer une université ! Mon intérêt a grandi et finalement, c’est avec une grande fierté et beaucoup d’humilité que j’accueille cette nomination. »

Au cours de sa carrière, M. Roy a notamment œuvré à titre de professeur à l’Université de Montréal, de 1982 à 2011, en plus d’assumer les tâches de vice-doyen à la recherche de la Faculté des arts et des sciences, de 2006 à 2008. En 2011, il a posé ses valises en Ontario pour devenir doyen de la Faculté de l’environnement de l’Université de Waterloo. Depuis 2014, le nouveau recteur de l’UOF occupait le poste de doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia, à Montréal.

« Nous cherchions un bâtisseur, une personne disponible et intéressée, avec des capacités entrepreneuriales pour passer de la vision à la réalisation de l’Université. M. Roy a un excellent dossier académique. Il a travaillé dans trois grandes universités, a de l’expérience comme professeur, chercheur et doyen, et une vision interdisciplinaire qui rejoint celle de l’UOF », souligne la présidente du conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam, qui précise que le choix de M. Roy a été unanime.

Le processus de recrutement avait été entamé à l’automne dernier, poursuit-elle, mais sa finalisation avait dû attendre la signature finale du protocole entre la province et le gouvernement fédéral. Une douzaine de candidats auraient été approchés.

Un nouveau jalon

Cette nomination marque une nouvelle étape après les mois mouvementés qu’a traversés l’UOF depuis l’automne 2018. Elle intervient alors que l’UOF est en train de faire valider ses quatre programmes originaux auprès de la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire (CEQEP/PEQAB).

Le campus torontois de 50 000 pieds carrés, sur les berges du lac Ontario, devrait être livré en juin 2021. L’UOF devrait accueillir ses premiers étudiants en septembre 2021.

« C’est sûr qu’on aurait aimé que M. Roy puisse entrer en poste encore plus tôt, mais son mandat à Concordia se termine cet été », précise Mme Adam à ONFR+.

« On est content d’avoir trouvé un capitaine à temps plein et une personne de son profil, car même si nous sommes une petite université, c’est presque plus compliqué et exigeant qu’une grosse institution déjà établie, avec une structure. Tout est à bâtir ! »

Une nomination qui fait débat

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a salué la nomination de M. Roy.

« L’Université de l’Ontario français est une institution chère aux Franco-Ontariens. Nous sommes heureux de constater que, malgré la crise sanitaire qui touche tout le pays actuellement, la mise en œuvre de cet établissement se poursuit », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Mais dans la communauté franco-ontarienne, certaines voix ont critiqué le choix d’un recteur venu du Québec sur les médias sociaux.

« Ce sont des critiques minoritaires que je ne comprends pas », a balayé Mme Adam. « Toutes les universités recrutent à travers le Canada et notre but, c’était de trouver la meilleure personne pour servir la communauté franco-ontarienne. M. Roy est un excellent candidat, dévoué et très engagé. Il a déjà travaillé en Ontario. Certes, il n’est pas né ici, mais combien de Franco-Ontariens sont dans le même cas, dont notamment certains de nos futurs étudiants ? Ce que nous voulons, c’est développer une université inclusive. »

Le principal intéressé sait que les regards sont désormais rivés vers lui.

« Je suis très sensible à cette pression et à l’attachement des Franco-Ontariens envers ce projet qui a nécessité un investissement à long terme de leur part. Je crois beaucoup à la cause franco-ontarienne. Même si je ne suis pas né en Ontario, j’ai beaucoup aimé mon expérience quand j’y ai vécu. J’ai hâte de déménager à Toronto, de commencer le travail et de prendre le pouls de toute la francophonie. Je veux faire de l’Université de l’Ontario français un lieu rassembleur », dit M. Roy.

Cet article a été mis à jour à 16h17

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