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Au centre-ville de Sudbury, la vie reprend peu à peu

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY – Lors d’un printemps habituel, les rues Cedar et Durham bourdonnent au centre-ville sudburois. Après avoir été désertes depuis déjà plusieurs mois, la vie bourgeonne dernière les vitrines des commerçants qui préparent leur réouverture.

La première étape du plan de déconfinement ontarien est entrée en vigueur, mardi matin. Entre autres, les commerces ayant pignon sur rue peuvent rouvrir leurs portes aux clients.

Toutefois, la grande majorité d’entre eux demeurent fermés à Sudbury.

La boutique Good Luck, à l’angle de la rue Elgin et Durham, demeure fermée aujourd’hui. Crédit image : Didier Pilon

Certains ont recouvert leurs fenêtres de papiers journaux et enlevé leur bannière. Ils ne rouvriront pas. D’autres s’empressent toutefois de reprendre leurs activités.

Les boutiques de prêt-à-porter rebondissent

La propriétaire de la boutique Our Little Secret Fashion, Mindi Mullen, débordait d’enthousiasme à l’idée de revoir ses clients.

« La route a été longue pour les propriétaires de petites entreprises », note-t-elle.

Ouverte depuis le début de la matinée, la boutique a finalement accueilli sa première cliente vers midi.

« Je pense que la transition sera lente », nuance la propriétaire. « Il y a encore beaucoup de clients qui ne sont pas assez à l’aise pour venir dans le magasin actuel. »

Les boutiques de prêt-à-porter ont été touchées durement par le confinement, juge-t-elle. Elle demeure cependant optimiste quant aux mois à venir.

Mindi Mullen, propriétaire de la boutique Our Little Secret Fashion. Crédit image : Didier Pilon

« Nous sommes d’abord et avant tout un magasin de style pignon-sur-rue. Nos clients aiment voir nos vêtements, les toucher et les essayer. Mais je pense que cette situation a rendu les gens plus conscients de ce que les petites entreprises apportent à leur communauté et de l’importance de les soutenir. »

Rouvrir avec si peu de préavis n’est pas chose facile, explique Mme Mullen.

« J’ai travaillé tous les jours dans le magasin, m’assurant que tout soit prêt à rouvrir au moment voulu », raconte-t-elle. « Mais nous avons encore dû faire preuve de beaucoup de diligence au cours des trois ou quatre derniers jours, pour nous assurer que tout soit dépoussiéré. »

Plus difficile encore est de s’assurer d’avoir tous les produits en stock.

« Nos distributeurs sont fermés depuis plusieurs semaines, donc 75 % de nos produits n’ont pas été livrés. Nous communiquons constamment avec eux, mais nous ne savons pas nécessairement quand les prochaines livraisons arriveront. »

À quelques mètres de là sur la rue Cedar, la boutique de prêt-à-porter Stitch and Stone demeure fermée pour l’instant. La propriétaire, Gabrielle Roy, se dit surprise de l’annonce, mais bien heureuse de pouvoir rouvrir ses portes. 

« C’est la lumière au bout du tunnel », se soulage-t-elle avec un grand sourire. « Mais nous ne nous sentons pas encore prêts à accueillir des clients. Nous ne pensions vraiment pas ouvrir avant au moins quelques semaines, donc nous n’avons pas mis en place les mesures de sécurité. Nous devons préparer notre inventaire et embellir le magasin. »

Gabrielle Roy est la propriétaire de la boutique Stitch and Stone. Crédit image : Didier Pilon

Mme Roy espère rouvrir sa succursale située sur le Kingsway dès samedi. Toutefois, la boutique de la rue Cedar est la base d’opérations de leur boutique en ligne, et ne sera pas prête à rouvrir avant plus tard, la semaine prochaine, dit-elle.

« Le plus important est de ne rouvrir qu’une seule fois », affirme la propriétaire. « Je préfère rester fermée quelques semaines de plus pour en finir avec ça. »

Les commerçants négocient avec l’incertitude

Afin de reprendre leurs activités, les commerçants doivent suivre les consignes en matière de santé publique, tel porter le masque quand il est difficile ou impossible de respecter l’écart sanitaire.

Christina Robichaud, la gérante du magasin de meuble Teak Furniture Centre, ne sait toujours pas comment l’entreprise reprendra ses activités.

« Il y a beaucoup d’incertitude », note-t-elle. « Nous n’avons pas encore annoncé à nos clients que nous sommes ouverts parce que nous ne savons pas encore ce que nous allons faire. Allons-nous modifier notre espace physique pour nous adapter aux nouvelles consignes ? Ou allons-nous plutôt opérer avec un système de rendez-vous ? »

La gérante du magasin de meuble Teak Furniture Centre se demande si la disposition actuelle du magasin permettra de respecter l’écart sanitaire. Crédit image : Didier Pilon

Depuis la fermeture de l’économie ontarienne, Mme Robichaud reçoit des prestations d’assurance-emploi. Elle ne sait pas encore si elle pourra recommencer à travailler dans les prochains jours.

« Si nous ne sommes ouverts que pendant une heure ou deux ici et là, le temps d’un rendez-vous, ça ne vaudra peut-être pas la peine de payer un employé », explique-t-elle. « Ensuite, nous ne savons pas non plus comment le marché va évoluer. Les gens n’achètent pas de meubles s’ils ont des difficultés financières. »

Les propriétaires du magasin d’art et d’artisanat WaterCrow Studio partagent aussi ces préoccupations.

« Nous ne savons pas exactement comment nous y prendre », avouent Evelyn et Pancho Eekels. « Nous avons modifié tout l’aménagement de notre magasin pour nous plier aux consignes. Nous espérons que tout est correct. »

Les propriétaires du magasin d’art et d’artisanat WaterCrow Studio, Evelyn et Pancho Eekels. Crédit image : Didier Pilon

Les affaires roulent au ralenti en ce premier jour, notent-ils.

« Nous n’avons eu que trois clients aujourd’hui », raconte M. Eekels. « Nous ne savons pas à quoi nous attendre à ce stade et les clients ne semblaient pas être certains non plus. »

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