Julie Allemand à l'échauffement avant la rencontre face au Fever de l'Indiana, un des derniers matchs de la saison du Tempo de Toronto. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
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Basketball WNBA : Allemand et Bankolé font le bilan de leur première saison avec le Tempo

Julie Allemand à l'échauffement avant la rencontre face au Fever de l'Indiana, un des derniers matchs de la saison du Tempo de Toronto. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

TORONTO — Deux joueuses, deux parcours et deux manières de vivre la première saison de l’histoire du Toronto Tempo. Julie Allemand et Ornella Bankolé s’apprêtent à refermer leur première campagne WNBA au Canada. Elles sont eu une année marquée par les blessures et les difficultés de la nouvelle franchise.

Battu par New York (106-69) dimanche à domicile, deux jours après sa défaite contre Indiana (103-85), le Tempo (11-31) terminera sa première saison mardi à Chicago et jeudi au Connecticut. 

Pour Allemand et Bankolé, le bilan individuel est pourtant loin de se résumer aux résultats de leur équipe. La Belge a consolidé sa place en WNBA au prix d’un calendrier de plus en plus éprouvant. La Française, elle, a transformé son contrat de développement en une première véritable expérience dans la ligue.

Une première saison minée par les blessures

Pour une équipe qui devait déjà tout construire, les blessures ont considérablement compliqué cette première année. Vingt joueuses différentes ont été mobilisées et Laura Juškaitė est la seule à avoir participé à toutes les rencontres du Tempo.

Une instabilité que Julie Allemand place au cœur de son analyse. « Ça a été une saison compliquée avec toutes les blessures. Il a toujours fallu s’ajuster. Nous n’avons pas vraiment eu de hiérarchie. Il y avait des joueuses qui arrivaient, des joueuses qui repartaient blessées », raconte-t-elle à ONFR.

La meneuse belge aurait évidemment aimé que cette première saison se prolonge en séries éliminatoires. Mais individuellement, son regard est beaucoup moins sombre.

« Dans l’ensemble, je suis fière de moi »

« Il y a du positif et du négatif. Dans l’ensemble, je suis fière de moi parce que ça n’a pas été une saison facile, estime Allemand. Par rapport à mes autres saisons en WNBA, c’était peut-être un peu mieux. »

À 30 ans, la Belge s’est installée dans le cinq majeur du Tempo. Vendredi contre Indiana, elle a connu sa 28e titularisation de la saison, son sommet personnel en WNBA, tout en établissant de nouveaux records pour son nombre de paniers inscrits et de points cumulés sur une saison.

Un bilan positif que partage Sandy Brondello. « Julie a fait une très bonne saison pour nous », juge l’entraîneuse, qui souligne son apport des deux côtés du terrain et rappelle qu’elle est régulièrement chargée de défendre sur la meilleure joueuse adverse.

Brondello aurait toutefois aimé la voir tirer davantage, mettant en avant son adresse notamment de loin. Un constat partagé par Allemand : « J’aurais aimé être plus agressive. J’aurais aimé que le ballon revienne plus vers moi. »

La Belge retient aussi ses performances défensives, « meilleures que les étés passés », et le sentiment d’être restée la joueuse qu’elle est, « toujours au service de l’équipe ».

« On n’est pas des robots »

Le retour à Toronto n’a pas été évident pour Julie Allemand. Quelques jours plus tôt, le parcours de la Belgique s’était arrêté en quarts de finale de la Coupe du monde, battue 93-74 par l’Allemagne, pays hôte.

La meneuse ne cache pas avoir eu du mal à trouver la motivation pour cette dernière semaine d’une saison dont l’issue était déjà connue.

« Je pense que ce qui est le plus dur ici, c’est de revenir pour quatre matchs, alors qu’on sait qu’on ne doit même pas se battre pour les playoffs », confie-t-elle. « C’était difficile de revenir, mais je me suis dit : essayer de profiter des derniers matchs, de profiter encore une semaine avec l’équipe. »

Ces rencontres prolongent un calendrier sans véritable coupure entre Fenerbahçe, la WNBA et la sélection belge. « Du repos, je n’en ai jamais vraiment », résume-t-elle.

Une accumulation qui finit par peser mentalement comme physiquement. « On n’est pas des robots », lâche la meneuse, qui repartira presque immédiatement en Turquie pour un match important en SuperCoupe d’Europe face à ÇİMSA ÇBK Mersin, le 7 octobre. Elle aura tout de même un peu de repos « prévu dans son contrat », après cette rencontre, avant d’enchaîner de nouveau une saison complète qui pourrait la ramener à Toronto l’été prochain.

Bankolé, quatre matchs comme une récompense

Ornella Bankolé vit cette fin de saison depuis une perspective presque opposée. « Je suis super contente! », lançait-elle après avoir appris qu’elle pourrait terminer la saison avec le Tempo.

Arrivée avec un contrat de développement, la Française avait été activée à plusieurs reprises sans savoir si elle aurait encore l’occasion de jouer. Les blessures au sein de l’effectif ont finalement permis au Tempo de lui offrir un contrat jusqu’à la fin de la saison.

« Je savais que je resterais avec le groupe jusqu’à la fin pour m’entraîner et les aider, mais je ne savais pas du tout que j’allais être signée », raconte-t-elle.

Là où Allemand doit puiser dans ses dernières réserves, Bankolé veut savourer. « Je pense qu’on mérite de prendre du plaisir sur les derniers matchs. »

Elle ressort de cette première expérience avec le sentiment d’avoir « appris énormément » et acquis une expérience qui va « [l’]endurcir pour la suite ».

L’équipe de France toujours dans un coin de la tête

Cette suite pourrait-elle également passer par un retour chez les Bleues? Pendant que la Belgique d’Allemand disputait la Coupe du monde, Bankolé a suivi attentivement le parcours de l’équipe de France.

« C’est génial ce qu’elles ont fait, c’est historique pour le basket féminin français. Nous sommes super fières de cette médaille », se réjouit-elle.

Bankolé n’a plus porté le maillot de l’équipe de France depuis 2022. L’ailière, qui a eu 29 ans la veille du match face à Indiana, aimerait forcément regoûter aux compétitions internationales.

« C’est des discussions qu’on a avec le coach, c’est à lui de prendre la décision quand il en aura envie ou pas », confie-t-elle, tout en restant prudente sur ses chances. « Ce n’est pas moi qui décide! »

Avant d’éventuellement retrouver les Bleues, Bankolé retournera en Espagne à Saragosse pour reprendre sa saison européenne et continuer de montrer ce qu’elle sait faire au sélectionneur Aimé Toupane.

Allemand, elle, retrouvera Fenerbahçe et « un jeu européen qui me correspond un peu plus », reconnaît-elle. 

Deux retours en Europe qui viendront refermer deux expériences très différentes de la première saison du Tempo : celle d’une Julie Allemand qui a consolidé sa place en WNBA tout en éprouvant les limites d’un calendrier sans véritable pause, et celle d’une Ornella Bankolé qui a entrouvert une porte en WNBA qu’elle espère désormais pouvoir franchir de nouveau.