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Blocage d’Ottawa : les commerçants excédés

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – La grogne monte chez les commerçants du centre-ville face au siège du « convoi de la liberté » qui paralyse une partie de la capitale nationale depuis deux semaines.

« Si ça continue, ça va être la guerre ! Les résidents d’Ottawa en ont ras le c** ! », lance le boulanger Claude Bonnet, propriétaire du Moulin de Provence, au micro d’ONFR+.

« Il n’y a plus de business, il y a plus rien. Il n’y a que les manifestants. Le centre-ville est complètement mort », renchérit-il.

Selon un sondage publié le 4 février par la Coalition des zones d’amélioration commerciale d’Ottawa (OCOBIA), 42 % des 200 entreprises situées au centre-ville ont fermé leurs portes en raison de la situation. De plus, 76 % des compagnies affirment avoir subi des pertes de revenus.

Claude Bonnet, le propriétaire du Moulin de Provence
Claude Bonnet, le propriétaire du Moulin de Provence. Archives ONFR+

« Le trafic dans notre magasin est à son plus bas suite aux demandes de la Ville d’éviter le centre-ville. De plus, nos clients réguliers ne s’arrêtent plus. Les fins de semaine qui sont généralement nos journées les plus occupées ont été les plus touchées, car les manifestations se tiennent durant cette période. Notre stationnement a été bloqué », raconte Hadia Shahzad, assistante gérante à la boutique de meubles EQ3.

Dans une majorité de cas (54,8 % des sondés), les pertes de revenus mettent en péril la vitalité des commerces, et 44,8 % des compagnies disent avoir vécu ces situations d’absentéisme involontaire

« Les entreprises sont très inquiètes pour leur survie, de nombreux employés n’ont pas pu rentrer travailler durant la période », explique la directrice générale du Marché By, Kalin McCluskey.

Trouver un dénouement

Bien que les manifestations se soient déroulées de manière généralement pacifique, l’ambiance au centre-ville crée, selon les commerçants, un effet délétère sur l’économie. « Ces manifestations font mauvaise presse à Ottawa et ne donnent pas envie aux gens de venir nous voir », se désole Claude Bonnet.

À cela s’ajoute le fait que de nombreux commerces étaient en train de se sortir la tête hors de l’eau avec les assouplissements des mesures sanitaires. « Au début de l’installation du convoi, les restaurants ne pouvaient pas ouvrir. Quand ils ont pu finalement rouvrir, les manifestations ont fait qu’ils n’ont pas reçu la clientèle », raconte Kalin McCluskey.

Sans surprise, les principaux intéressés souhaitent pouvoir reprendre les affaires le plus rapidement possible. « J’espère que les manifestants quitteront bientôt et dans le calme », confie Hadia Shahzad. « Je suis contente d’au moins ne plus les entendre klaxonner. Nous faisons beaucoup de travail administratif dans les bureaux et c’est dérangeant. »

La boutique EQ3
La boutique EQ3. Crédit image : Simon Lefranc.

De son côté, Claude Bonnet se montre moins patient et met également le blâme sur les responsables politiques. « On subit la médiocrité de notre système municipal. Les élus ont leur gros salaire et ne font rien pour nous aider. Tout ce qu’ils savent faire, c’est d’augmenter nos taxes ! », lance-t-il. Selon lui, la Ville d’Ottawa aurait dû adopter une stratégie comme celle des forces policières de la Ville du Québec qui n’ont pas laissé le convoi s’installer.

Pour sa part, Kalin McCluskey affirme avoir eu de nombreuses discussions avec les élus des différents paliers gouvernementaux afin de les convaincre de verser des compensations financières aux commerçants affectés par la situation. Bien que rien n’a encore été promis, elle garde bon espoir que les entreprises du Marché By obtiendront du soutien financier.

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