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25 faits surprenants sur la vente de cannabis en Ontario

Les emballages types des produits de cannabis qui seront offerts au Canada Archives #ONfr

TORONTO – Le moment est historique: le Canada s’apprête à légaliser la consommation de cannabis et devenir le deuxième pays dans le monde à choisir cette voie, après l’Uruguay. L’Ontario, notamment sous l’impulsion du nouveau premier ministre Doug Ford, a fait plusieurs choix qui vont influencer la manière dont la vente du produit se fera. La Société ontarienne du cannabis (OCS) lance d’abord un site internet le 17 octobre, avant l’ouverture dans quelques mois de magasins par le secteur privé. Tour d’horizon en 25 points de ce que vous devez savoir sur l’achat de cannabis dans la province. 

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

PRODUITS DE TOUTES LES SORTES

Quand? La vente des produits en Ontario débute en ligne mercredi à minuit une minute. La portion commerciale du site web www.ocslearn.ca/fr/ sera alors débloquée. Il sera possible d’acheter des feuilles séchées ou fraîches et de l’huile de cannabis, notamment.

Plusieurs marques. Si des dizaines de producteurs de marijuana ont été autorisés dans la province, la nouvelle société du cannabis a d’abord signé une entente commerciale avec 26 d’entres eux pour la vente de leurs produits.

Des noms funky. Balance, Liberté, Easy Cheese, Shishkaberry, Champlain, Jean Guy, Penelope, Balmoral,… les compagnies font preuve de beaucoup d’imagination quand vient le temps de nommer leurs produits. Une méthode pour attirer l’attention des consommateurs qui se feront offrir plus de 70 produits dès le jour un de la légalisation et au moins 130 après quelques semaines.

Description des produits. Tout comme pour le vin, c’est le producteur d’un produit qui rédige le descriptif accompagnant son produit. Attention, certains descriptifs pourraient être un brin exagérés ou promettre des effets qui risquent bien de ne pas nécessairement se produire.

 

Des contenants de cannabis.Crédit image: OCS

Des produits dérivés. Les fameuses pipes à eau, surnommées «Bong», qui permettent de fumer de la marijuana seront aussi vendus en ligne sur le site de l’OCS. D’autres accessoires seront également offerts.

Joints prêts à utilisation. L’OCS proposera aussi des joints déjà roulés, pour ceux qui ne savent pas comment le faire.

Les graines Les Ontariens pourront faire pousser eux-mêmes plusieurs plants de cannabis chez-eux. Des graines doivent bientôt pouvoir être achetées en ligne.

 

COMMANDES

30 grammes. Un citoyen ne peut se promener avec plus de 30 grammes sur lui. Le gouvernement ontarien a donc décidé de limiter à 30 grammes chacune des transactions.

Commandes illimitées. Les acheteurs pourront cependant contourner la loi, admet l’OCS. En effet, un internaute peut faire autant de transactions qu’il le désire. Le maximum permis à la maison est de 150 grammes.

Le site web de la Société ontarienne du cannabis. Crédit image: OCS

Frais d’expédition. Il y aura un frais d’expédition unique peu importe le lieu où vous habitez en Ontario. Il sera de 5 $ par transaction.

 

LIVRAISON: TOC, TOC, C’EST LE FACTEUR

Livré par Poste Canada. C’est le facteur qui aura la responsabilité d’amener chez le client sa commande. La province affirme qu’il n’y a rien de nouveau ici, alors que la marijuana à des fins thérapeutiques était déjà envoyée par le service public.

Le facteur doit vérifier l’âge. Le facteur aura la lourde tâche de vérifier si le client est bel et bien âgé de plus de 19 ans. Il peut demander une carte d’identité ou encore se fier à son bon jugement, affirment les autorités.

Un proche peut recevoir la livraison. Même si l’acheteur du produit n’est pas chez lui, le facteur peut remettre le paquet à une autre personne qui habite à la même adresse. Sinon le paquet se retrouvera à un comptoir postal.

Possible de retourner le produit. Il sera possible de renvoyer un produit si un client n’est pas satisfait. Cependant, l’emballage ne doit pas… avoir été ouvert.

 

MARKETING

Un affichage aléatoire. Alors que les vins en LCBO obtiennent plus ou moins de visibilité en magasin, selon les montants déboursés par les entreprises, il n’en sera pas ainsi pour le cannabis. L’affichage sur le site web se fera de manière aléatoire, sans privilégier une marque.

Prévention. Encourager l’achat ou éduquer? OCS affirme privilégier la seconde option avec sa plateforme web. Les consommateurs devraient être dirigés vers des pages éducatives, traitant des effets sur la santé du cannabis notamment, avant de véritablement pouvoir faire un achat.

Peu de pubs. Les règles en matière de publicité pour promouvoir les marques offertes sont très sévères. Fait étonnant, avant l’entrée en vigueur de la loi, le 17 octobre, les compagnies avaient cependant le champ libre ou presque. Plusieurs ont profité de cette fenêtre unique dans l’histoire du pays pour se faire connaître.

Publicisation du site de vente. La Société ontarienne du cannabis affirme se retrouver dans une situation délicate. Elle veut faire connaître son site web, sans pour autant encourager la consommation de cannabis. Elle ne prévoit pas de campagne de promotion, préférant le bouche-à-oreille.

 

SECRET ET VIE PRIVÉE

Tout passe par OCS. L’ensemble des produits envoyés aux consommateurs auront d’abord transité par un immense entrepôt de la Société ontarienne du Cannabis. Diverses vérifications y seront faites.

Un entrepôt gardé secret. La Société ontarienne du cannabis n’en démord pas: les citoyens doivent en savoir le moins possible sur l’endroit où sont entreposés les stocks de cannabis. Dans quelle ville se trouve cet entrepôt? Combien d’employés y œuvrent? Même le syndicat de la fonction publique ne le sait pas, craignant que des employés non syndiqués aient été engagés.

Le site web de la Société ontarienne du cannabis. Crédit image: OCS

Une transaction discrète. Le mot cannabis ne se trouvera pas sur votre facture de carte de crédit. Une manière de ne pas mettre dans l’embarras les acheteurs qui ne veulent pas le révéler à leurs proches, par exemple.

Un centre d’appel. Une question sur un produit? Des téléphonistes seront disponibles pour répondre à vos questions, ainsi que discuter des risques liés à la consommation.

 

ET ENSUITE?

Des magasins. Les Ontariens auraient pu voir apparaître dès le 17 octobre des magasins de vente de cannabis, si les libéraux avaient conservé le pouvoir. Doug Ford en a décidé autrement et il laisse les entreprises privées s’en charger. Cependant, vous n’en verrez pas avant le mois d’avril 2019.

Plus de magasins à cause du privé. Les libéraux visaient environ 200 magasins d’ici 2020, la stratégie conservatrice semble grandement inspirer les entreprises privées qui pourraient en ouvrir jusqu’à 1000 durant la même période, selon certaines estimations.

Les Ontariens de 18 ans iront-ils au Québec? En Ontario, l’âge légal pour se procurer du cannabis sera de 19 ans. Au Québec, il a été fixé à 18 ans. Du moins pour l’instant, alors que le nouveau gouvernement de François Legault souhaite hausser l’âge légal pour le cannabis à 21 ans. Une situation qui pourrait encourager certains jeunes adultes québécois à visiter l’Ontario, ou vice versa.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.